• Le guide pratique du karaoke au Japon

    Et si on chantait ?
    vendredi 6 août 2010 / Vincent Ricci

    Déjà 100 articles sur dozodomo ! Pour fêter un tel événement, je ne vois qu'un seul endroit, le karaoke !

    Au Japon, on va au karaoke comme on irait boire un verre au bar. On y passe une heure, une heure et demie, parfois davantage. On y va avec des amis, en date, parfois seul. Le karaoke à la japonaise n'a pas d'équivalent dans nos cultures occidentales.

    C'est une fois encore la démonstration de l'esprit joueur et sûrement un peu enfantin des japonais.

    Des salles de karaoke à Tokyo, il en existe des centaines, ouvertes jusque 5 heures du matin.

    Franchisées ou indépendantes, leur prix varient principalement en fonction de leur emplacement.

     

    Ka-Ra-O-Ke. Pour la personne qui vient au Japon pour la première fois et qui ne sait pas lire, ces quatre lettres sont certainement celles qu'elle retiendra le plus facilement. Et pour cause, dès que l'on se trouve dans un quartier animé, les karaoke pullulent.

    Première étape, faire la queue. Ce jour là, il est midi et demi et des adolescents se retrouvent pour aller chanter. Ils resteront plus de deux heures. Arrivé à la caisse, on inscrit son nom sur une liste, en indiquant le nombre de personnes que nous sommes, son âge, la machine que l'on veut utiliser (Dam, Joysound ou UGA : la liste de chansons diffère selon les machines) et la durée que l'on souhaite rester. Pour ce qui est de cette dernière, vous pourrez la prolonger. En effet, une minute avant la fin de votre session, le téléphone sonnera dans la cabine et on vous demandera si vous voulez prolonger d'une demi-heure, d'une heure, voire plus. Enfin, on choisi sa boisson, c'est obligatoire. Aujourd'hui, jus de pomme.

    Un karaoke à Tōkyō, c'est au minimum un immeuble de cinq étages, et cela peut monter jusqu'à plus de 10. Une fois sorti de l'ascenseur, on arrive dans un couloir ou se succède une série de portes numérotées. A vous ensuite de trouver la votre.

    L'intérieur d'une cabine est sobre mais confortable. Ici, il s'agit d'une cabine pour 4 personnes maximum. Il existe bien entendu des cabines plus grandes pouvant accueillir jusque 20 "chanteurs".

    De l'intérieur de la cabine, on peut voir le couloir à travers la porte vitrée. La télé est généralement assez vieille (pas d'écran plat), mais le reste du matériel est lui bien moderne. Sur la droite, près de la porte, on aperçoit le téléphone qui, comme je l'écrivais plus haut, vous permet de communiquer avec la réception pour prolonger ou non votre "séjour" et avec le bar pour commander de nouvelles boissons, et dans certains établissements, de la nourriture.

    Quand la cabine est "off", c'est à dire vide ou quand aucune chanson n'est programmée, une série de publicités est diffusée sur l'écran.

    C'est sur cet appareil que se règle le volume de la musique et du micro. On peut également augmenter ou réduire l'écho de la voix ainsi que moduler la musique pour la rendre plus grave ou plus aigüe ou encore plus lente ou plus rapide.

    Sans conteste, l'appareil qui rend les karaoke japonais si incroyables. Je ne connais pas leur nom exact. Doté d'un écran tactile, il permet de sélectionner les chansons que vous allez chanter. Plusieurs méthodes de recherche existent. Par chanteur, par titre, par nouveautés et sans doute d'autres que je n'ai pas encore découvertes.

     

    Un bouton active une lumière noire qui laisse entrevoir une ma-gni-fi-que fresque murale...

    Certains établissements équipent leurs cabines d'un "annuaire" des chansons étrangères. On y retrouve quatre catégories, les chansons chinoises, coréennes, philippines et anglaises. Quid des françaises me direz-vous ? Il y en a...

    Dans les chansons anglaises.

    Noir c'est noir. Aucun espoir de chanter du Johnny Hallyday au Japon.

    Devant chaque karaoke se trouve ce panneau indiquant les droits d'entrée. Ecrits uniquement en japonais, ils ne sont pas facile à déchiffrer la première fois. D'une manière générale, les karaoke ne sont pas trop gaijin friendly, comprenez, accueillants avec les étrangers. Les employés ne parlent pas du tout anglais, et les machines dans les cabines ne sont pas traduites en anglais.

    Dans cette salle, le prix d'entrée est de 53 yens par pesonne pour une demi-heure, 40 si on est titulaire de la carte de fidélité.

    53 yens, ça ne fait même pas 50 centimes d'euro. On peut donc penser que si l'on veut rester deux heures, cela nous coûtera 212 yens soit moins de deux euros. Pas tout à fait...

    Je termine quand même avec les prix indiqués dans les encadrés du bas. Payez 1,306 yens (environ 12 euros), et vous pouvez rester autant de temps que vous voulez de 23h à 5h du lundi au jeudi. Du vendredi au dimanche, le prix passe à 2,640 yens (environ 23 euros)

    Lorsque vous avez terminé vos vocalises, il faut passer à la caisse. Je suis resté une heure, je ne suis pas membre, je vais donc m'en sortir avec 106 misérables yens. Et bien non. Souvenez-vous de la boisson obligatoire que j'ai choisi en arrivant. Si les droits d'entrée sont quasiment donnés dans cette salle, il n'en est rien des boissons. 430 yens pour un jus de pomme (3,80 euros) ! Ma facture s'élève donc à 536 yens pour une heure, soit 4,75 euros. Ce qui n'est tout de même pas cher du tout. D'autant que si j'avais prolongé d'une heure, je n'aurais eu à payer que des droits d'entrée supplémentaires, soit deux demi-heures à 53 yens, ce qui fait 106 yens. Deux heures m'auraient donc coûté 642 yens (5,70 euros), un euro de plus en somme.

    Des chaînes de karaoke, il en existe beaucoup au Japon. Les plus connus sont Big Echo, Karaoke-kan, Shidax, Jumbo et Utahiroba pour ne citer qu'eux. Il me semble que les moins cher soient Karaoke-kan (カラオケ館).

    D'un karaoke à l'autre, c'est surtout le prix des droits d'entrée qui varient. Ainsi, et dans le même quartier, la demi-heure peut osciller entre 40 yens et jusqu'à 600 yens pour les salles les plus "luxueuses" !

    Enfin, les karaoke sont avant tout des lieux de détente et d'amusement. Surtout la nuit.

    Nombreuses sont les salles aujourd'hui, à proposer des offres open-bar et notamment de 23h à 5h du matin.

    Pour environ 20/25 euros, vous pouvez occuper une salle pendant 6 heures et vous bourrer la gueule, pardonnez-moi l'expression, à coup de bières, alcools japonais, whisky, vodka et cocktails divers. En général, la qualité de la voix des chanteurs s'en ressent, passées deux heures du matin...

    Le karaoke, on y va entre amis mais aussi entre collègues après le travail. Il n'est pas rare que soyez obligés de chanter devant votre supérieur hiérarchique, ce qui ne l'empêchera pas de se moquer de vous si vous chanter comme une casserole. C'est pour cette raison que l'on voit régulièrement des hommes seuls, de 30, 40 voire 50 ans, prendre une heure de leur pause déjeuner pour aller s'entraîner, histoire de se faire bien voir par son patron et surtout pour emballer Megumi, la jeune et séduisante assistante des ventes.