Culture

Le 19 août, c'est le jour du haïku au Japon

Selon le calendrier des journées commémoratives japonais, le 19 août est le jour idéal pour se familiariser avec les haiku, ces petits poèmes extrêmement brefs visant à dire et célébrer l'évanescence des choses.

La date du jour, composée des chiffres 8 (août), 1 et 9 peut se lire ha-i-ku. En pleines vacances scolaires (sauf cette année où la rentrée a été avancée à cause de l'épidémie), les écoliers studieux peuvent profiter de la journée pour découvrir certains des plus célèbres vers de la littérature japonaise.

Pour connaître l'origine l'histoire, et les nombreux codes qui régissent la rédaction des haïkus depuis le 17e siècle, rien de mieux qu'un petit tour sur Wikipédia.

Loin d'avoir un savoir encyclopédique sur la question, nous avons décidé de vous proposer nos haïkus préférés. Et on commence avec le plus célèbre, signé du grand maître du genre Bashō Matsuo.

«  Un vieil étang
Une grenouille qui plonge,
Le bruit de l'eau.  »

La transcription en japonais permet de comprendre le rythme du haïku traditionnel composé d'une strophe de 5 syllabes, puis d'une deuxième de 7, et enfin d'une troisième de 5.
«  古池や (furu ike ya, fu/ru/i/ke ya : 5 syllabes)
蛙飛込む (kaeru tobikomu, ka/e/ru to/bi/ko/mu : 7 syllabes)
水の音 (mizu no oto, mi/zu no o/to : 5 syllabes)  »

« Le pont suspendu  
enroulés à nos vies 
les lierres grimpants. » 

Bashō Matsuo
« Rien ne dit
Dans le chant de la cigale
Qu’elle est près de sa fin. »

Bashō Matsuo
« Papillon voltige 
Dans un monde
Sans espoir. »

Kobayashi Issa
« Quand souffle le vent du nord 
Les feuilles mortes
Fraternisent au sud. »
Yosa Buson

Si la nature, les saisons, l'amour et la mort restent les thèmes principaux évoqués dans les haïkus, tous les grands auteurs se sont aussi essayés au grivois. L'un des plus célèbres étant le suivant :

« Des bites et des chattes
En train de bouillir
Affluence au bain public.
»
Taneda Santoka, début 20e siècle
「ちんぽこもおそそも湧いてあふれる湯」

Il en existe bien d'autres...

« Cueillant des kaki 
Mes couilles tressaillent 
Dans le vent d’automne. »
Yotsuya Ryu (20e siècle)
« Ce trou parfait
Que je fais en pissant
Dans la neige à ma porte. »
Kobayashi Issa, début 19e siècle 
「真っ直ぐな 小便穴や 門(かど)の雪」
« Quand les pruniers fleurissent 
Les belles du bordel
Achètent des ceintures. »

Yosa Buson
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