Cinéma

Ring, Audition, Dark Water : 3 classiques du cinéma d’horreur japonais reviennent hanter les salles françaises dans des versions restaurées en 4K

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À la différence des films occidentaux souvent empreints de scepticisme, les personnages des films japonais ne remettent pas en question le paranormal. En Asie en général et au Japon en particulier, il est courant de raconter ses propres expériences surnaturelles sans provoquer la moquerie ou le doute. Au Japon, on peut rattacher cette croyance au Shintô, religion fondatrice alléguant qu’un monde invisible, peuplé de dieux et d’esprits animistes cohabite avec le nôtre.

TRENTE ANS D’HORREUR JAPONAISE

Le Japon des années 1990 a été particulièrement meurtri. Ce fut la décennie de l’éclatement » de la bulle économique, du séisme meurtrier de Kobe et des attentats au gaz sarin de la secte Aum dans le métro de Tokyo. La jeunesse était également à la dérive, traversant les enfers de la drogue, de la prostitution, de la réclusion physique et mentale (le phénomène des ikikomori) et du suicide. Devant cet enchaînement de catastrophes, le pays s’imaginait s’effondrer à l’orée des années 2000. Les films d’horreur japonais et leurs photographies obscurcies d’un japon asphyxié ont représenté les peurs irrationnelles du passage au second millénaire.

Durant les années 90, le concept de J-horror s’élabore de façon protéiforme. L’horreur est à prendre au sens large : on y trouve des fantômes de lycéennes, des adaptations du folklore et des légendes urbaines, des invasions extraterrestres ou des serial killers. Ring va faire du fantôme de jeune femme l’icône de la J-horror.


RING (1998), de HIDEO NAKATA

Tokyo, fin des années 2000, une rumeur se répand parmi les adolescents : visionner une mystérieuse cassette vidéo provoquerait une mort certaine au bout d’une semaine. Après le décès inexplicable de sa nièce, la journaliste Reiko Asakawa décide de mener l’enquête mais se retrouve elle-même sous le coup de la malédiction. Pendant les sept jours qui lui restent à vivre, elle devra remonter à l’origine de la vidéo fatale et affronter le spectre qui hante les télévisions : Sadako.

Ring (Ringu pour les intimes) est désormais un classique du cinéma fantastique. Alors que nul ne s’y attendait, le Japon créa un monstre appelé à devenir mythique : Sadako, le fantôme de jeune fille en robe banche. Au-delà de cette figure ultramédiatisée, le réalisateur japonais Hideo Nakata imposa une horreur sérieuse, intellectuelle et insidieuse, dont l’influence se fit sentir autant en Asie qu’en Europe ou aux USA. Plus de 20 ans après son apparition, Sadako hante encore les esprits et les écrans de cinéma.

Ring (Version restaurée 4K) est prévu pour une sortie nationale le 13 avril 2022.


AUDITION (1999), de TAKASHI MIIKE

Shigeharu Aoyama, un producteur de films, veuf depuis sept ans, accepte sur les conseils de son collègue Yoshikawa, d’organiser une audition pour un film imaginaire afin de trouver une nouvelle épouse. Il déniche la perle rare en la personne d’Asami Yamasaki, une jeune femme douce et intelligente. Il en tombe aussitôt amoureux et, sans lui révéler son subterfuge, commence à entretenir une relation avec elle. Lors d’une escapade au bord de l’océan, Asami disparaît. L’enquête d’Aoyama révèle un angoissant secret : la disparition et le meurtre de plusieurs personnes.

Alors qu’il commence à comprendre la véritable personnalité d’Asami, celle-ci réapparaît et tout bascule dans le cauchemar.

Takashi Miike est déjà un phénomène du cinéma japonais lorsqu’on lui propose Audition pour surfer sur la mode des films d’horreur lancée par Ring. Mais rien dans sa filmographie déjà pléthorique ne l’apparente réellement au film d’horreur. Peut-être a-t-il vu l’occasion de mettre en scène un personnage féminin dont les pulsions sadiques n’ont rien à envier à celles des gangsters tatoués. Ainsi va naitre une femme aussi séduisante que terrifiante : Asami, la tarentule dont le dard est une seringue injectant à ses victimes un venin paralysant.

Audition (Version restaurée 4K) sort dans les salles obscures françaises le 13 avril 2022.


DARK WATER (2002), de HIDEO NAKATA

En instance de divorce, Yoshimi et sa fille de six ans Ikuko emménagent dans un immeuble vétuste de la banlieue de Tokyo. Alors qu’elles tentent de s’acclimater à leur nouvelle vie des phénomènes mystérieux se produisent. Qui est cette fillette en ciré jaune qui se promène dans les couloirs ? Pourquoi un petit sac pour enfant rouge ne cesse d’apparaître entre les mains d’Ikuko ? Quelle est l’origine de ces ruissellements qui s’étendent sur les murs et le plafond de leur appartement ? Une menace venue de l’au-delà va tenter de séparer la mère de sa fille.

En 2002, après le succès des deux volets de Ring, Hideo Nakata offre au cinéma fantastique japonais un nouveau chef-d’œuvre : un film de fantômes aussi terrifiant que bouleversant. Évocation sensible de la solitude des vivants et des morts, Dark Water est une œuvre envoûtante aux thèmes universels.

Sortie nationale le 13 avril 2022 pour la version restaurée 4K de Dark Water.

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