Cinéma

5 films japonais qui ont marqué la dernière décennie

Un avis parmi tant d'autres
jeudi 4 juin 2020
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Cette dernière décennie est une grande cuvée pour le cinéma japonais. Il est encore trop tôt pour affirmer quels films auront le plus grand impact sur l’histoire, mais voici cinq candidats (affichés par date de sortie) qui seront, pour certains, sans aucun doute, cités dans les sélections futures ou qui inspireront les prochaines réalisateurs.

Confessions (Kokuhaku) de Tetsuya Nakashima (2010)

Yuko Moriguchi a arrêté de vivre depuis que sa petite fille de quatre ans, Manami, a été retrouvée noyée dans la piscine de l’école où elle enseigne. D’après le rapport de police, il s’agirait d’une mort accidentelle. Mais l’institutrice suspecte deux de ses jeunes élèves… Yuko va se venger et punir les assassins elle-même car ils ont moins de 14 ans et qu’aux yeux de la loi ils ne sont pas responsables.

La bande annonce est japonaise, sous-titrée en anglais. Inspiré par le roman «Les Assassins de la 5e B» de Kanae Minato, le film n’est jamais arrivé dans les salles de cinéma françaises :

Cette bande annonce rythmée, peut-être trop, ne dévoile à peine qu’une infime partie de l’intrigue scénaristique et ne rend pas hommage au travail exécuté. Yuko Moriguchi n’a commis aucun faux pas (ou presque), qu’il soit esthétique ou narratif.

Le cinéma japonais possède pléthore de film au scénario aussi sombre et fataliste, mais rares sont ceux qui nous placent dans une position aussi inconfortable. Fataliste, nous privant des maigres espoirs qu’il nous reste en l’humanité, «Confessions » est surtout une critique de la jeunesse japonaise et de son avenir. Destin, que le réalisateur annonce funèbre et crépusculaire.

LE VENT SE LÈVE (KAZE TACHINU) DE HAYAO MIYAZAKI (2013)

Le vent se lève est une biographie romancée de Jiro Horikoshi, concepteur célèbres des avions de chasse Mitsubishi A6M, plus connu sous le nom de Zero, utilisés par le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.
Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme du Kanto de 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.
La bande annonce japonaise de Kaze tachinu accompagné du titre Hikoukigumo interprété par Yumi Matsutoya :

« Le vent se lève, il faut tenter de vivre ». C’est avec cette citation emprunté à Paul Valéry que Miyazaki annonce sa retraite.

Dur, austère, triste, manquant d’empathie. Nombreux ont crié au scandale à la sortie du long-métrage. Mais dépouillé de son contexte historique, le film est essentiellement une histoire d’amour pour son métier. Il est possible de faire un parallèle, sur de nombreux points, entre la passion de Jiro Horikoshi pour l’aviation et de celle, pathologique, de Hayao Miyazaki pour la perfection de l’animation traditionnelle. Le vent se lève est un film sans concession et autobiographique qui donne à réfléchir sur l’esprit d’un brillant créateur, qui a heureusement changé d’avis sur la retraite.

GODZILLA RESURGENCE (SHIN GODZILLA) DE HIDEAKI ANNO ET SHINJI HIGUCHI (2016)

La bande annonce ne donne pas vraiment envie mais le film est un retour aux sources de la licence emblématique, initié en 1954. Et à comparer les productions « Godzilla » d’Hollywood et ceux de la Tōhō, on peut affirmer une chose : les Japonais n’ont résolument pas les moyens de leurs ambitions.

Une créature géante se manifeste dans la baie de Tokyo, avant de faire surface et de terroriser la ville. Le cabinet ministériel se réunit d’urgence, mais le Premier Ministre est incapable de prendre une décision. Les radiations mesurées sur le passage de la bête démontrent qu’elle est le triste produit d’une contamination radioactive.

La situation de départ reste la même, transposée a notre époque. Le Kaiju emblématique incarne la menace et la peur du nucléaire et l’incapacité des dirigeants nippons à prendre les bonnes décisions pour préparer le pays, en proie à des catastrophes naturelles ou humaines à y faire face.

Le film de 1954 invoquait les bombardements d’Hiroshima et Nagazaki, celui de 2016 met en exergue les fautes commises a Fukushima.

LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA DE ISAO TAKAHATA (2013)

Le dernier film de «l’autre» génie de l’animation nippone, Isao Takahata, est inspiré d’un célèbre texte traditionnel japonais contant l’histoire de la fille du coupeur de bambou.Kaguya est découverte dans la tige d’un bambou. Élevée par un vieux coupeur de bambou et son épouse, elle devient une séduisante jeune femme. De la campagne lointaine jusqu’à la grande capitale, sa beauté suscite l’engouement auprès de tous ceux qui la rencontrent et fascine en particulier cinq nobles prétendants qui vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main. Le temps venu, elle devra finalement affronter son destin.

Moult et moult fois contée, c’est loin d’être l’unique adaptation de l’histoire de « la princesse lumineuse », mais son esthétique singulière (entraperçue dans « Mes voisins les Yamada ») confère au film une atmosphère surnaturelle, et parfaitement appropriée.  Les personnages sont dessinés au fusain et évoluent dans des tableaux d’aquarelle.

C’est l’un des films japonais les plus ambitieux jamais réalisés, et certainement le plus cher, avec un budget de près de 5 milliards de yens soit plus de 40 millions d’euros. Échec commercial au vu du temps et des investissements alloués, il n’en demeure pas moins l’une des œuvres les plus importantes du cinéma japonais de ces dernières années.

À voir (et revoir) absolument !

12 SUICIDAL TEENS (JÛNI-NIN NO SHINITAI KODOMO-TACHI) DE YUKIHIKO TSUTSUMI (2019)

Douze adolescents filles et garçons se rassemblent dans un hôpital abandonné pour faire un pacte de suicide mais tout ne se passe pas come prévu. Ils découvrent sur place le cadavre d’un jeune homme. Ils se mettent alors à se soupçonner entre eux de son meurtre et vont dévoiler les raisons qui les poussent à en finir avec la vie. Pensez à activer les sous-titres (en anglais).

Attention, n’espérez pas trouver un écho au Suicide club de Sion Sono avec ce film. Et à l’instar de Confessions de Tetsuya Nakashima, il faut avoir un petit aperçu de la culture japonaise pour ne serait-ce qu’intégrer certains concepts de pensées qui sont proposés.

12 Suicidal Teens n’est pas le meilleur film de la décennie mais il reste divertissant et avec, surtout, un fort message socialet malgré son titre, plein d’espoir.

Le film vise avant tout à prévenir le suicide chez les jeunes qui est un énorme problème de société au Japon. Ijime (intimidation) est l’un des facteurs les plus communs dans bon nombre de ces décès, mais il y en avait d’autres. Restent de nombreuses questions sans réponse.

« Une approche sérieuse du thème sous-tend la présentation » et c’est pourquoi le réalisateur a choisi une autre approche pour tenter d’attirer plus de spectateurs et peut-être sauver des vies.

  • publié le jeudi 4 juin 2020, 17:20 (JST)
    Dernière modification le dimanche 31 janvier 2021, 4:01 (JST)
    Cet article a été publié il y a plus de 365 jours. Les informations présentées peuvent ne plus être pertinentes.
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