Mobilité

Au volant du Mazda MX-30 : original électrique pour le quotidien

Le Mazda MX-30 se distingue des autres propositions électriques du marché par des choix audacieux et des détails qui ne la font ressembler à aucune autre.

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J'éprouve généralement un frisson d'excitation en évoquant le sigle MX de Mazda. C’est évidemment l'iconique MX-5, certainement le meilleur roadster jamais produit, qui me vient à l’esprit. Le MX-30 est un véhicule totalement diffèrent. Même joliment dessinée avec une ligne de toit épurée et un hayon très plongeant comme sur un coupé, c’est une voiture haute perchée, l’antithèse de son illustre aïeul.

D'ailleurs, certains reprochent à la marque japonaise d'apposer le sigle MX à la légère, surtout sur un véhicule qui n’a pas vocation à exprimer le plaisir de la conduite. Il s’avère que les deux initiales, servant d'abréviation pour "Mazda eXperience", est dans le but de nommer des voitures expérimentales tel le curieux Mazda MX-81 Aria, et donc des véhicules spéciaux qui annoncent un tournant. C’est bien le cas ici avec son premier modèle « branché ».

Un air de Mazda RX-8

Mazda savait que, pour que ce modèle ait même une chance de faire sensation, tout devait être mis en œuvre en termes de design. Dans un monde automobile de plus en plus aseptisé et homogénéisé, pour plaire au plus grand nombre, c’est un plaisir incontestable. On a clairement laissé beaucoup de marges de manœuvres aux concepteurs qui, pour une fois, ont probablement eu moins de peine à convaincre les équipes chargées de la rationalisation ou des problématiques liées aux coûts à approuver leur vision.

Il y a de nombreuses et intéressantes idées dans ce MX-30. Et des le premier aperçu sur la silhouette, il y a un élément vraiment distinctif que l’on ne peut que remarquer. Jetez un coup d’œil aux portières ! Elles attirent irrésistiblement le regard.

La porte arrière est beaucoup plus courte que on homologue placée à l'avant et il n’y a pas de poignées apparentes.
L'une des singularités de ce MX-30, ce sont ces étonnantes portes antagonistes, à l’image de l'atypique coupé Mazda RX-8 en son temps.
Visuellement, c’est accrocheur et forcement attrayant. C'est un sujet de discussion immédiat chaque fois que l’on s’attarde dessus.
Cette première « zéro émission » signée Mazda, adopte sans surprise un look de SUV, pratique, avec une hauteur de caisse et une position assise légèrement surélevée… Parce que, c’est ce que les gens veulent à l’heure actuelle. Et apparemment, les chats aussi.
Basé sur la plateforme technique du CX-30, l’un des véhicules thermiques de Mazda les plus populaires actuellement, elle conserve peu ou prou le même gabarit. Long de 4,40m, il ne parait pas massif. Sa ligne de toit basse, fuyante et incurvée lui offre une apparence assez compacte.

MX-30 et le Design Mazda

Chez Mazda, c’est un concept baptisé "Kodo Design" ou l’âme du mouvement, qui définie le langage stylistique pour insuffler vie et personnalité à ses véhicules, des premières maquettes en argile aux modèles définitifs en production.

Cette "philosophie" repose sur plusieurs concepts japonais tels que Ma, la beauté de l’espace vide ; Sori, l’alliance de la force et de l’équilibre ; ou encore Utsuroi, le jeu d'ombres et de lumières. Puisant l’inspiration dans l’esthétique traditionnelle japonaise, chaque coup de crayon doit exprimer émotion et mouvement de la façon la plus pure, claire et simple possible, en évitant d’utiliser des éléments de style superflus.

Coïncidant avec le centenaire de l’entreprise, le MX-30 est un véhicule très important. Il aurait pu s’appeler "CX" comme les autres SUV/Crossover de la gamme mais il a été nommé "MX" pour annoncer un changement d’ère et de nouvelles valeurs...

Plus concrètement, le dessin du MX-30 est un mélange entre sobriété, dynamisme et effet de robustesse. Ses flancs sont lisses, avec des surfaces larges, sans arêtes ou éléments superflus qui chargeraient un peu trop le design global.

Le dynamisme est caractérisé par des faces avant et arrière où toutes les lignes convergent vers son nez en porte-à-faux échancré et le logo.
Outre une élégante signature lumineuse, les projecteurs avant intègrent un éclairage adaptatif matriciel, avec une gestion automatique des feux la nuit et ainsi optimiser la visibilité ou ne pas éblouir les voitures que l'on croise.
Le MX-30 reprend les codes stylistiques propres à la marque en matière de signature visuelle, avec des optiques arrière à LED avec des volumes cylindriques apportant de la profondeur à des éléments habituellement plats et cachés derrières d’imposants blocs de verres.
Cette livrée céramique combinée aux arches métallisée qui séparent la carrosserie du toit noir lui va à ravir. Même sous la pluie.
Cette inscription gravée sur une plaque d’aluminium, à la base du montant de coffre, apporte une touche "vintage" et exclusive. Elle marque le soin réservé au traitement de la carrosserie. Si au toucher il fait très plastique et sonne creux, visuellement c’est très élégant.

Mazda a cherché à éliminer tous les éléments superflus et « futuristes » que l’on retrouve sur d’autres véhicules électriques pour privilégier à dessein des concepts plus contemporains, en se basant sur ce qu'elle appelle le "Human Modern".

Cet autre terme marketing barbare, une philosophie employée pour la recherche esthétique, est défini pour caractériser le trait d’une grande pureté et sans éléments inutiles. Une approche intéressante, tant du point de vue de la commodité d’usage que de la durabilité : nous ne devons pas consommer plus que nécessaire.

Très peu d’éléments distinctifs utilisés par les autres marques sont présents. Le MX-30 ne crie pas haut et fort son appartenance à la famille électrique. Avant d’être une voiture électrique, le MX-30 est une Mazda.

Ceci est l'un des rares éléments extérieur révélant explicitement la nature de la motorisation du MX-30 et c'est simplement un autocollant.

C'est un excellent argument à faire valoir aux yeux des potentiels clients encore frileux vis à vis de l’électrification. Cela dit, de simples et discrets liserés bleus ou verts bien placés ne gâcheraient en rien la ligne du véhicule et ne trahiraient pas les doctrines chères à la marque japonaise. Au contraire, ces quelques décorations (Certes, superficielles.) valoriseraient tous les efforts amorcés dans sa quête de respect de l’environnement, et mettraient aussi en lumière l'achat responsable du client. Quand vous avez dans votre catalogue une aussi agréable proposition, capable de tenir des engagements sociétaux, et qui permet de soigner son image de marque, il faut le faire savoir.

La trappe de charge ressemble à un bouchon de réservoir des plus classique.
Mazda utilise sa marque Skyactiv à toutes les sauces. Initialement c'est une dénomination utilisée pour mettre en avant ses moteurs thermique à faible consommation. Ici, affublée d'un discret "e" bleu, elle fait référence à la motorisation 100% électrique du MX-30.

À bord du Mazda MX-30

Les premières impressions à bord d'une voiture sont capitales et, ici, elles sont surprenantes. C'est la première fois que je me suis installé au volant d’une Mazda moderne (hormis sur le MX-5 mais c’est un cas particulier). Je ne suis pas déçu. Mazda a très bien fait les choses. C'est passionnant.

Les portes s’ouvrent à 82 degrés à l’avant et à 80 degrés à l’arrière, offrant, en deux temps, un accès plus aisé à l’habitacle en l'absence de montant central. Mazda cite, en exemple, le transfert de votre enfant de sa poussette à son siège adapté.

Clés en poche, effleurez simplement l’intérieur des poignées et la voiture se déverrouillera. Lorsque les deux portes latérales sont grandes ouvertes, se dévoile une cabine épuré avec des détails qui retiennent l’attention. Et il y a un élément qui reste gravé dans la mémoire : l'étonnante utilisation du liège.

La part belle est faites au liège, notamment pour habiller la console centrale. On ne voit que lui.

Plutôt que d'utiliser le plastique, le métal ou le bois pour garnir les pièces du tableau de bord, les concepteurs ont choisi un matériau utilisé dans les tableaux d'affichage ou les salles de bains des années 1970 mais aussi et surtout des bouteilles de vin.

L'utilisation du liège n'a rien d'un hasard. Son utilisation fantaisiste est un hommage à l’histoire de la marque. Fondée en 1920 sous le nom de Toyo Cork Kogyo Co., Ltd. L’entreprise fabriquait alors du liège pour les garnitures ainsi que pour l’isolation thermique et phonique.

Ce voyage historique illustre un siècle d’innovation, et de succès technologiques à contre-courant, qui ont permis au producteur de liège à Hiroshima de devenir un constructeur automobile indépendant d’envergure mondiale.

Le liège utilisé est naturel. Il est directement prélevé sur les écorces et ne nécessite pas l'abattage d’arbres. Imprégné d'une résine spéciale et résistante à l'eau, il conserve sa texture naturelle. Il est doux et agréable au toucher.
Même les poignées de porte sont habillées de liège. Le mélange de multiples matériaux doux au toucher s’accorde bien.
La console centrale dite flottante recouverte de liège.

L’intérieur regorge d'éléments de design soignés. S'il n’a rien de révolutionnaire en soit, surtout dans sa disposition, le mélange particulier de textures et de couleurs invitent à la découverte et confère à cet espace de vie une ambiance remarquable. Il est habillé de matériaux totalement inédits et le plus respectueux possible des végétaliens ou des ours polaires, en accord avec l'esprit vertueux d’un véhicule "zéro émission".

Les inserts de portes sont garnis de fibres non tissés, conçues à partir de composites de bouteilles recyclées.

Le "Kodo Design" et le "Human Modern" s'appliquent aussi à bord. L’architecture de cet intérieur s’inspire de celle des maisons traditionnelles japonaises, où le minimalisme prévaut. Les lignes sont droites et les commandes sont réduites au strict minimum, afin de toujours se concentrer sur l’essentiel. Ce véhicule contient juste ce dont il a besoin, et s’avère dépourvu de toute source de distraction.

L’atmosphère zen règne à bord avec ces formes simples et droites
Le MX-30 séduit par sa qualité de fabrication et d'assemblage. On approche incontestablement des standards de qualité des marques allemandes les plus huppées.
Le travail sur la qualité perçue et sensorielle est indéniable. Les surfaces les plus visibles bénéficient de plastiques moulés et d'habillages doux au toucher qui font illusion, notamment avec ces surpiqures.

L’expérience utilisateur n’est jamais quelque chose qu’il est possible de totalement maîtriser, dans la mesure où chaque individu trouvera immanquablement sa manière à lui d’interagir avec le produit. Ainsi, comme pour tous les éléments vitaux et directement liés à l’attention du conducteur, les concepteurs du MX-30 ne se sont pas lancés dans une quête d’originalité ou d’excentricité. Ici, tout est à sa place et il n'y a que très peu de place pour des éléments parasites qui empêcheraient au conducteur de se concentrer sur la conduite.

On trouve rapidement ses marques. Les commandes sont placées à distance idéale. Le poste de conduite est optimisé pour… la conduite.

Le tableau de bord du MX-30 s'affranchit des tendances et l'apparat qui collent à l’identité des véhicules roulant aux électrons. Oubliez la tablette géante regroupant toutes les fonctions de la voiture ou le joli mur d’écrans de sur la petite Honda-e, il n'y a que quatre petits affichages numériques à bord du MX-30.

Dans l’habitacle en général et devant le volant en particulier, tout est fait pour que le conducteur de voiture thermique ne perde pas ses repères. Même l’afficheur de quantité de batterie existante ressemble à une jauge de niveau de carburant analogique traditionnelle.

L’écran "principal" est placé derrière le volant. A l’instar de tous les véhicules modernes, il remplace l'antique compteur de vitesse analogique, à aiguille, et permet l'affichage de nombreuses informations complémentaires et utiles en temps voulus.

Le second écran est placé au centre de la planche de bord, il mesure 8,8 pouces. Il permet d’accéder aux différentes informations inhérentes aux voitures électriques et à divers réglages de confort ou de conduite. Niveau intégration, on a vu mieux. L’affichage n’occupe pas toute la surface du bloc mais il est lisible et plutôt bien placé, au niveau des yeux. Branchez votre smartphone, vous pourrez remplacer le solide mais archaïque système multimédia et le GPS embarqué par les outils de navigations et les applications d'Android Auto ou d'Apple Carplay.

Pour naviguer dans les fonctions disponibles à partir de cet écran, il faut jouer avec une bonne grosse molette, en voie de disparition, placée sur la console centrale. Couplé aux commandes du volant, cela permet de toujours de garder les yeux sur la route.

C’est simple et facile à prendre en main. C'est tout aussi intuitif qu’un écran tactile mais il serait peut-être temps pour Mazda de faire la bascule.

L’interface de l’écran principal connecté avec Android Auto.
En matière d’information en temps réel sur la consommation électrique, l’efficacité d'éco-conduite, ou l’autonomie restante, le MX-30 bénéficie d’une interface simple mais limitée. Les technophiles iront voir ailleurs pour faire joujou.
A gauche le frein à main et le frein automatique à l'arrêt. A droite les commande et la molette qui permettent de naviguer sur l’écran principal, une seconde petite molette pour le multimédia, et un bouton pour accéder rapidement à ses fonctions favorites.

Le troisième écran est tactile. Il est dédié uniquement aux fonctions de chauffage et de climatisation. Comme pour l’ensemble des commandes du véhicule, c'est simple, logique et instinctif. Mais compte tenu de la place qu'il occupe, c’est une occasion manquée pour Mazda d’en faire un usage plus étendu. D'autant qu'à mon sens, on n'a jamais fait mieux qu'une vulgaire molette pour régler la température.

Le dispositif pour la température intérieure est accessible mais placé bien trop bas. Heureusement il est bordé de boutons physiques afin éviter de quitter la route des yeux.

Le grand écran central est tactile. Il est dédié aux fonctions de chauffage et de climatisation.

Un quatrième affichage, le plus remarquable d’entre tous, se dévoile au conducteur lorsqu’il a allumé le moteur.

Cet outil de visualisation tête haute, que Mazda nomme Active Driving Display, est l’un des nombreux points forts du MX-30. D’autant que ce n’est pas qu’un vulgaire écran en plastique déporté. Ici, les visuels sont projetés sur le pare-brise lui-même. Les données pertinentes, comme la vitesse de croisière actuelle, la vitesse maximale, certaines instructions de navigation, les paramètres du régulateur de vitesse, les avertissements d'angles morts ou de franchissement de ligne, sont ainsi affichées directement dans le champ de vision du conducteur.

L’affichage tête haute est vraiment très lumineux. Il projette des informations utiles pour la conduite, parfait pour maintenir l'attention du conducteur sur la route.
Le sélecteur de vitesse automatique est on ne peut plus classique.
Le bac de rangement sous la console centrale, recouvert de liège, est parfait pour glisser son smartphone ou y caler son grand sac à main. Devant, les deux connecteurs USB et la prise électrique sont bien cachés. Ils nécessitent une légère contorsion pour les utiliser.
L’accoudoir central est coulissant et permet de parfaire sa prise sur les commandes.
Le petit coffre sous l'accoudoir.
Deux porte-gobelets se cachent sur la console centrale. Une fois relevés les couvercles s’intègrent astucieusement au bac sous l’accoudoir central et permettent de dissimuler son contenu.
La boite à gant. On a déjà vu plus grand.
Les surtapis sont épais. Tout le monde aime les tapis épais. Ils sont en option.
Les assemblages des mobiliers intérieurs ne souffrent d'aucuns défauts. Certains plastiques sont rigides, "à la japonaise", mais on sait qu'ils garderont bonne tenue dans le temps.
Le passager placé derrière le conducteur bénéficie de commandes électriques. A l’arrêt, il pourra baisser le dossier et avancer le siège pour sortir confortablement. De l'autre coté, ce sont de classiques poignées qui permettent de manœuvrer.
Les sièges sont confortables. Ils se parent de tissus recyclés avec des surpiqures et de cuir artificiel. Aucun solvant organique n'est utilisé dans le processus de production.
L'environnement intérieur est plaisant. Il peut paraitre assez sombre lorsque le tunnel de lumière qu’offre le toit ouvrant est masqué avec le rideau occultant.

À l’avant, c’est plus que parfait. Conforté par les tissus clairs et le puits de lumière offert par le toit ouvrant, l’impression d’espace est probante.

À l’arrière, les plus grands devront baisser la tête et certains se sentiront, sans aucun doute, à l'étroit mais c'est plus que gérable. Il y a de la place. Les enfants seront à l'aise. Au besoin, quatre ou cinq adultes peuvent parfaitement faire quelques dizaines de kilomètres à bord sans se plaindre.

Les sympathiques portes à charnières inversées sont plus lourdes, elles dissimulent le montant central nécessaire à la sécurité et la rigidité du véhicule.
Les surfaces vitrées arrière sont surteintées. Elles sont petites et ne s'ouvrent pas. Claustrophobe s'abstenir.
La visibilité n'est pas exemplaire. Heureusement, le MX-30 est équipé de nombreuses caméras pour aider lors les manœuvres de stationnement.
L'écran central affiche la caméra de recul et une vue 360 degrés autour de la voiture. Efficace, clair, lumineux. Indispensable pour s'affranchir de la visibilité arrière compromise par les faibles surfaces vitrées.
2 adultes peuvent voyager confortablement à l’arrière. On est bien calés avec les différents accoudoirs. Comme souvent la place du milieu peut dépanner.
Le coffre est logeable et sa capacité tout à fait correcte pour le quotidien, accueillir une poussette, faire ses courses et même partir en week-end à plusieurs.
Dans notre modèle d’essai, d'indispensables équipements de sécurité et le caisson de basse du système audio Bose s’invite sous le plancher du coffre.

Connectivité limitée

L’application pour smartphone MyMazda propose des services essentiels aux véhicules électriques. Depuis votre canapé, et même à plusieurs kilomètres de votre MX-30 , vous pouvez le géolocaliser ou surveiller la pression des pneus. Afin de préparer au mieux ses déplacements, l’application permet de commander la climatisation à distance, prérégler la température intérieure, activer/désactiver la ventilation du pare-brise ou de commander le désembuage de la lunette arrière. L'appli permet l’envoi de notification lorsque le propriétaire oublie de brancher le câble de charge, intègre la possibilité de commander la charge à l’aide d'un programmateur pour cibler les heures creuses par exemple, de contrôler la progression de la charge, ainsi qu’un indicateur d’autonomie restante.

MyMazda permet aussi de rechercher les stations de recharge disponibles et d’envoyer à distance le trajet vers la navigation du MX-30. Mais l’interface est austère et peu engageante. Un conseil, préférez les applications de référence comme Chargemap. Elles ont l’avantage d’être communautaires et l’état des points de charge est souvent mises à jour rapidement.

L’application est basique. Les efforts sont minimes. Sans même évoquer les automatisations avancées et les fonctionnalités bien plus évoluées que certains concurrents proposent, on aimerait pouvoir récupérer beaucoup plus de données utile sur notre conduite, des historiques de charge ou encore des statistiques d'utilisations. Peut-être dans de prochaines mises à jours...

Le délai de rafraîchissement des données sur l’état de la voiture, via l'app MyMazda, n’est pas vraiment en temps réel. Il n’est pas handicapant mais en 2021, on s’attend à mieux. Beaucoup mieux.
Sur le volant, les commandes pour le système multimédia embarqué. Évidemment, elles sont compatibles avec Android Auto et Carplay.

Une journée chargée et 100 km

Pied sur le frein, on appuie sur le bouton de démarrage. Levier sur D, le véhicule entame sa lancée.

Une Mazda doit soigner le plaisir procuré au volant. Si le MX-30 n’a pas les caractéristiques d’un foudre de guerre, il parvient à être amusant à conduire sans dépendre d’un moteur avec une puissance substantielle. Le MX-30 profite évidemment de tous les avantages d’un véhicule électrique. La batterie est intégrée au châssis et les différents organes liés à la distribution d'énergie placés au centre du véhicule. Ils offrent un centre de gravité très bas, un meilleur équilibre des masses et une certaine agilité dans son registre. On n’est pas à bord d’un MX-5, mais la direction est pleine de sensations et de réactivité.

Les suspensions sont fermes mais arrivent à filtrer correctement les défauts du bitume pour nous faire traverser les routes les plus dégradées en toute quiétude. Cela dit, elles auraient gagné à être un peu plus souple pour mieux absorber les dos d’ânes qui pullulent en ville et dans les villages.

Notre modèle est équipé de jolies jantes en alliages 18" avec en son centre l'emblème Mazda.
L'emblème Mazda, un losange couleur argent englobant un M stylisé évoquant de larges ailes déployées.
Malgré son look de baroudeur avec de larges passages de roues et sa silhouette empreinte d’une certaine robustesse, son terrain de jeu restera la ville. Ce n'est pas un 4x4. Seuls les deux roues propulsent en avant le MX-30.

Côté performance pure, les chiffres sont pour le moins modestes. De toute façon, les valeurs de puissance et de couple d'un moteur ne sont que des données parcellaires. Ce n’est pas vraiment ce qui compte, surtout dans une voiture a vocation familiale qui a été conçue pour évoluer dans des zones de plus en plus limitées à 30 km/h.

Pédale d’accélérateur au plancher, les tous premiers mètres sont instantanément avalés avec un très léger effet catapulte grâce à la puissance du moteur électrique immédiatement disponible mais vous êtes vite rattrapés par la patrouille. Ceci, forcément, afin de vous empêcher de vider la batterie trop rapidement.

On évolue en douceur à bord du MX-30. La très bonne insonorisation, même sur voie rapide, y contribue énormément. Un oasis de silence… presque total. Mazda ayant eu l’idée de diffuser une sonorité artificielle dans les haut-parleurs intérieurs imitant un bon vieux moteur à combustion et ses montées en régime. Saugrenue idée. D’autant qu’il n’est pas possible de désactiver la modulation.

Un léger bourdonnement de soucoupe volante se fait aussi entendre en marche arrière. Le son est inaudible à l’arrêt, au ralenti ou à très faible vitesse et s’oublie vite à allure stabilisée. Le son perçue à l’accélération est sympathique à l’oreille. Il restitue une petite sensation de montée en régime et un semblant de connexion avec la "mécanique". Parfaitement synchronisé sur l’activité du bloc électrique en termes de fréquence et de pression acoustiques, il donne une bonne idée de la lourdeur ou de la brutalité de votre pied droit pour vous rappeler que vous avez entre les mains une voiture définie pour une éco-conduite.

Cet ajout est une nouvelle pierre à l’édifice entrepris par Mazda pour créer une expérience de conduite qui lui est propre : faire en sorte que le conducteur de voiture thermique garde les sensations qu'il a toujours eu au volant, qu'il ne perde pas ses repères afin de réaliser une transition plus en douceur vers l’électrique que les concurrents.

Les palettes de sélections du niveau d’intensité de régénération pour gagner en autonomie se cachent derrière le volant, devant les classiques commodos.

Comme tout véhicule électrique, le MX-30 est capable de récupérer de l'énergie cinétique au freinage. Jouer avec ce frein moteur magique est l’une des choses que j’apprécie le plus en roulant en électrique. C’est amusant et permet de récupérer étonnement beaucoup d’autonomie entre deux feux stop, surtout dans une circulation dense. Chaque constructeur ayant une logique différente, c’est une jolie découverte à chaque fois.

Sur le MX-30, il est efficace, bien équilibré et facile à doser. Le dispositif permet cinq niveaux de freinage régénératif dès le lever de pied avec les palettes placées derrière le volant. Avec le sélecteur placé à son niveau minimal, et donc avec le moins de résistance, sur des axes moins fréquentés ou en descente par exemple, il est possible de conserver son élan. Lorsqu’il est positionné au plus fort, les accélérations sont très contenues et le frein moteur ralenti considérablement le véhicule pour le stabiliser sous les 10 km/h.

Il faudra toujours user du frein pour s’arrêter complément. C'est bien dommage. Je regrette, qu'à l'instar de nombreux autres constructeurs, Mazda ne se soit pas résolu à doter le véhicule d’un mode de conduite dit à une pédale, l'estimant encore trop déroutant pour sa clientèle.

Les commandes de fonctions d'assistance à la conduite.

Il y a toute une batterie d’aides à la conduite, comme le régulateur de vitesse adaptatif avec maintien dans la voie et des distances. Sont inclus aussi une multitude d'assistances et de rappels, la reconnaissance d’obstacle mobile en marche arrière par exemple ou la reconnaissance des panneaux qui adapte automatiquement la valeur du limiteur de vitesse ou du régulateur adaptatif, s’ils sont activés. Le MX-30 peut aussi freiner automatiquement en dernier recours en cas de détection de piéton ou d’un danger imminent au passage d’une intersection.

Le rayon d’action du MX-30, homologué à 200 km, ne laisse pas beaucoup de place à l’imprévu. Mais c’est bien plus que suffisant pour de nombreux usagers ayant accès à la recharge à chaque extrémité de leur voyage.

Les temps de charge du MX-30 sont tout à fait corrects et acceptables. En courant continu, dans l’une des rares bornes rapides disponibles dans les centres urbains, il acceptera jusqu’à 50 kW de puissance via son connecteur Combo CCS. Une demi-heure seront alors nécessaires pour passer de 20 à 80%. En ville, sur les plus nombreuses stations publiques à charge accélérée, en courant alternatif, souvent capables de délivrer jusqu’à 22kW, il faudra 3h pour atteindre 80% d’autonomie. Le petit SUV japonais n’acceptant d’encaisser que 7 kW. Si vous avez à la maison une borne domestique de cette puissance, c'est parfait. Sinon, sur une simple prise domestique standard de 3kW ou moins, comptez 7h pour récupérer 80%, et près de 11h pour une recharge complète.

Les indicateurs et les estimations concernant le temps de charge et la consommation sont précis.

Après une longue journée à examiner en détail notre sympathique compagnon afin d'évaluer ses qualités routières, il faut évidemment se pencher sur son talon d’Achille.

Il suffit de jeter un petit coup d’œil sur le tableau de bord. Notre véhicule indique 58% d’énergie et il estime son autonomie à peine plus de 109 km. Voilà un invariable à considérer. Avec une batterie modestement calibrée de 35,5 kWh et un gabarit comme celui du MX-30, il ne peut y avoir de miracles.

Mazda assume son orientation et affirme qu'il s'agit d'un dimensionnement approprié. Selon le petit constructeur d’Hiroshima, une plus petite batterie a plusieurs avantages. Une recharge complète peut se faire plus rapidement. Et surtout, le cout d’acquisition est bien plus bas.

Officiellement, le MX-30 est accessible à partir de 33.900 euros. Le modèle que l'on nous a généreusement proposé à l’essai, en finition Modern Confidence, avec de multiples options et équipements supplémentaires, 50 kilomètres au compteur, atteint avant remises, les 40.000€. C’est aussi le tarif demandé par les concurrents, comme le Peugeot e-2008, pour leurs versions d’entrée de gamme, bien plus dépouillées.

Les constructeurs nippons n'ont pas coutume de proposer des modèles dépouillés afin de multiplier les options pour doper les prix et Mazda ne fait pas exception. La dotation de série est extrêmement riche sur le MX-30. Outre la possibilité de rajouter çà et là quelques accessoires plus ou moins superflus, personnaliser son véhicule va relativement vite. Le moteur est unique, la taille de la batterie aussi. Reste à choisir les couleurs extérieures et celle de la sellerie.

Il n'est pas rare que les modèles déjà immatriculés proposés dans le réseau Mazda soient souvent affichés à un tarif plus attractif encore. Il est même susceptible d'approcher les 25.000 euros après déduction des différentes aides gouvernementales.

Je vous le concède, même à 25.000 euros c’est relativement cher pour une seconde voiture mais c’est le prix d’une Renault ZOE, aussi souvent achetée comme voiture complémentaire. Elle est certes plus autonome mais ne dispose pas de tous les atouts subjectifs de la proposition de Mazda, capables de déclencher un petit coup de cœur.

ありがとうございました

Merci à Mazda France et Mazda Nancy – Passion Automobiles Kodo, 418 Av. de la Libération, à Nancy (54000) pour le prêt de cet étonnant MX-30. Merci à Yannick Schafer pour sa disponibilité et son incroyable patience.

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