Manga

Le gekiga, un mouvement de mangas aux histoires et dessins plus "dramatiques"

Berliac

Le 24 juillet 1964 sortait le premier numéro d'un magazine qui allait faire date dans l'industrie de la bande dessinée japonaise. Publié durant 38 ans, "Garo" jouera un rôle important pour les mangas d'auteurs et les œuvres d'avant-garde, notamment ce qu'on appelera le gekiga.

Le gekiga (劇画) est un style de manga dont la cible éditoriale sont les adultes. Il signifie littéralement "dessins dramatiques". Le caractère geki (劇), venant du chinois 剧 signifie "drame" dans le sens de "pièce de théâtre".

Passée cette définition offerte pas Wikipédia, il est intéressant de voir que le gekiga ne s'est pas contenté de proposer du contenu plus adulte à ses lecteurs, mais a développé au fil des ans sa propre esthétique.

Au gauche, un visage typique des mangas. A droite, le même personnage façon gekiga.

À la fin des années 1960 et au début des années 1970, les enfants qui avaient grandi en lisant des mangas voulaient quelque chose destiné à un public plus âgé et le gekiga offrait ce créneau. Dessiné dans un style plus réaliste avec des histoires moins lisses, le gekiga a attiré des adolescents plus âgés, des étudiants et finalement des lecteurs adultes. Cette génération est devenue la "génération manga" parce qu'elle considérait le manga comme une forme de rébellion, un peu à l'image du rôle joué par le rock pour les hippies aux États-Unis.

L'un des plus célèbres titres du genre est "Golgo 13". Publié depuis 1968, et écrit par le même auteur depuis le premier volume (Takao Saito), la série s'est vendue à plus de 280 millions d'exemplaires (3e "manga" le plus vendu de l'histoire).

Pendant longtemps, le gekiga n'a pas été traduit dans d'autres langues, mais depuis l'an 2000, de plus en plus d'éditeurs spécialisés dans les graphic novels ont commencé à explorer l'histoire du gekiga japonais.

Manga
Sélection de la rédaction