Histoire

Le 14 juillet 1853, le commodore américain Matthew Perry débarquait au Japon pour réclamer l'ouverture du pays

I'll be there for you...

Le 14 juillet 1789, les Français entamaient une difficile et sanglante lutte pour renverser la monarchie. 90 ans plus tard, de l'autre côté de la planète, des bateaux noirs s'apprêtaient à opérer une révolution d'un tout autre genre.

En 1853, le Japon est un pays totalement fermé. Impossible d'y entrer, impossible d'en sortir. Seuls quelques marchands étrangers, principalement chinois et hollandais, sont autorisés à faire un peu de commerce depuis le port de Nagasaki.

Lorsque le commodore Matthew Perry débarque à Uraga, dans la baie de Tokyo, avec quatre navires de guerre, il a la charge de remettre une lettre du Président américain à l’empereur afin de lui demander d’ouvrir le commerce japonais aux États-Unis. A cette époque, le Japon est un pays féodal dirigé par le shogun Tokugawa Ieyoshi, malade.

Il est demandé aux autorités japonaises de bien traiter les naufragés américains, de protéger les navires américains endommagés et d'accepter que les marins américains puissent acheter des provisions au Japon. La demande la plus importante est celle de laisser les Américains commercer librement avec les citoyens japonais. Ce souci des navires endommagés et surtout des naufragés est issu de récits décrivant des naufragés traités de façon atroce par les Japonais. L'envoi d'un officier de marine à la tête d'une flotte de quatre navires lourdement armés au lieu d'un diplomate montre cependant que les États-Unis désiraient forcer les Japonais en sous-entendant qu'un refus pourrait avoir des conséquences fâcheuses.

Port d'Uraga vers 1890
Matthew C. Perry (1794-1858)

L’arrivée des navires américains présente un choc chez les Japonais qui y voient un aspect mystique en rapprochant l’évènement d’une vieille légende d’invasion barbare par des navires noirs qui est réactivée par les navires américains noircis par la fumée. Les troupes du commandant Perry entretiennent d’ailleurs cette dimension mystique en restant dans leurs bateaux durant une semaine sans entrer en contact avec les locaux. Le débarquement lui-même impressionne grandement car en plus des 400 marins qui tirent une salve d’honneur, Perry est encadré de deux gardes du corps noirs, chose à laquelle les Japonais ne sont pas habitués. Cependant, les autorités japonaises lui demandent de repartir après qu’il a remis la lettre du président. Perry n’insiste pas mais promet de revenir l’année suivante avec une escadre plus puissante afin de recevoir la réponse japonaise.

Matthew Perry tiendra promesse et reviendra seulement sept mois plus tard pour obtenir la signature de plusieurs traités ouvrant de facto le pays à un commerce étranger plus important et laissant entrevoir un retour du pouvoir à l'empereur à l'occasion de la restauration Meiji.

Histoire
Sélection de la rédaction