Koyomi : les 72 saisons du Japon
暦 (Koyomi)
Période du 5 au 9 mai
四季 (Shiki - Saison) : Natsu (夏 – Été)
節気 (Sekki - Souffle solaire) : Rikka (立夏 – Le début de l’été)
候 (Kō - Micro-saison) nº. 19
蛙始鳴 (Kawazu hajimete naku)
Les grenouilles recommencent à chanter.

Péninsule de Noto. Shiroyone Senmaida.

19. Kawazu hajimete naku (蛙始鳴 - Les grenouilles recommencent à chanter.) - du 5 au 9 mai

Le Chœur des Eaux : Quand les Grenouilles Réveillent les Rizières

Autour du 5 mai, le grand calendrier traditionnel japonais accomplit une mutation saisonnière majeure avec l'inauguration solennelle de Rikka (立夏), le terme solaire marquant « l'établissement de l'été ». Du 5 au 9 mai, la 19ᵉ micro-saison ouvre cette nouvelle ère thermique sur une symphonie acoustique joyeuse : Kawazu hajimete naku (蛙始鳴) — « les grenouilles recommencent à chanter ». Alors que les paysans inondent les rizières labourées pour les repiquages estivaux, les petites créatures amphibies investissent les plans d'eau pour entamer leurs concerts nocturnes rythmés.

La Chaleur Montante de Mai et le Miroir des Rizières Inondées

Sur le plan climatique, cette micro-saison marque le moment précis où les journées s'adoucissent franchement pour flirter avec les vingt-cinq degrés sous un soleil franc et généreux. Dans les campagnes, les parcelles de terre meuble sont submergées sous une couche d'eau claire de source, transformant les plaines en d'immenses miroirs liquides qui reflètent la voûte céleste et les montagnes bleutées. Stimulées par cette montée des eaux et le réchauffement des sols, les grenouilles arboricoles vertes (amagaeru) et les grenouilles des torrents (kajika-gaeru) quittent la vase pour peupler les diguettes, emplissant le crépuscule d'un chœur puissant de stridulations qui accompagnera la vie rurale jusqu'à la fin de l'été.

Les Délices Sucrés des Fèves Soramame et la Bonite d'Été

À la table conviviale de ce début d'été, les marchés maraîchers voient triompher les premières grandes gousses de fèves fraîches du Japon, les soramame (蚕豆 ou 空豆 - littéralement « les haricots qui regardent le ciel », car leurs cosses épaisses pointent fièrement vers le haut avant de mûrir). Grillées entières dans leur peau directement sur la grille au-dessus des braises ou simplement ébouillantées avec une pincée de sel marin, ces fèves dodues révèlent une chair tendre, douce et beurrée, que les convives dégustent tièdes avec une chope de bière fraîche ou un saké sec en écoutant le chant des grenouilles.

Le Festival Historique de l'Aoi Matsuri et les Sanctuaires Kamo de Kyoto

Pour mesurer le raffinement culturel de cette transition vers l'été, la ville impériale de Kyoto entame les cérémonies solennelles préparatoires à l'un de ses trois plus grands festivals annuels : l'Aoi Matsuri (le festival des mauves sauvages). Dès le début du mois de mai, les sanctuaires antiques de Shimogamo et Kamigamo organisent des rituels équestres d'archerie sacrée (Yabusame). Cette fête ancestrale culmine dans une somptueuse procession de plus de cinq cents dignitaires, dames de cour et gardes vêtus de costumes de soie de l'époque Heian ornés de feuilles de mauve sauvage (*aoi*), cheminant majestueusement sous les ombrages d'arbres bordant les rivières Kamogawa et Tadanogawa.

Le Haïku Célèbre de Bashō et la Grenouille Porte-Bonheur

Dans la littérature japonaise, la grenouille (kawazu) occupe une place mythique, immortalisée dans le haïku le plus universellement célèbre au monde, composé par le maître Matsuo Bashō : « Furuike ya / Kawazu tobikomu / Mizu no oto » (Un vieil étang / Une grenouille plonge / Le bruit de l'eau). Dans la vie quotidienne, l'animal est également un puissant talisman protecteur : le mot grenouille, kaeru (蛙), est un homophone parfait du verbe rentrer ou revenir (帰る). Porter une petite figurine de grenouille dans son portefeuille garantit superstitieusement aux Japonais que l'argent dépensé reviendra fidèlement, et qu'un voyageur rentrera toujours sain et sauf auprès des siens.

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