Réflexion sur la peine de mort au Japon

Il y a quelques jours, le résultat d'une enquête sur la peine de mort concluait que plus de 80% des Japonais la considèrent comme "un mal nécessaire".

Allant de ce fait contre l'opinion de nombreux peuples et contre la tendance mondiale.
Selon wikipédia: "103 pays l'ont supprimée pour tous les crimes, 7 seulement pour les crimes de droit commun et 53 n'ont pas eu recours à la peine capitale depuis au moins dix ans, même si elle reste en vigueur. En 2012, au moins 21 états ont procédé à des exécutions et 58 pays ont prononcé des condamnations à mort."
A l'instar de beaucoup de pays, la France considère ce maintien de la peine capitale au Japon comme une "tâche" bien regrettable de ce pays avec lequel elle entretient pourtant de si bons rapports.

Le 3 février 2015, la Cour Suprême japonaise a définitivement confirmé et expliqué deux de ses décisions de casser deux condamnations à mort prononcées par des tribunaux comportant ce qu'on appelle en japonais des "saiban-in", en anglais des "lay judges" et qu'on peut traduire en français par "juges non-professionnels". Il ne s'agit pas de "jury populaire" mais bien de "juges".
Deux tribunaux comportant ces juges non-professionnels avaient en effet condamné deux criminels à la peine la plus lourde. L'un, en 2009, avait assassiné un homme de 74 ans à l'époque, l'autre, la même année, avait assassiné une étudiante de 21 ans à l'époque des faits.
Mais par la suite, les juges, uniquement professionnels, de la Cour Suprême japonaise avaient cassé ces jugements. Ils ont hier rejeté l'appel concernant le premier cas, faisant ainsi de cette affaire la deuxième affaire où ils ont transformé une peine de mort en réclusion à perpétuité.
L'explication officielle est que ces peines de mort ne correspondaient pas avec la jurisprudence des autres peines de mort jusque là prononcées.

On se rappelle qu'en France, la peine de mort a été abolie par la volonté politique contre une vraisemblable majorité de la population française qui était, à cette époque, plutôt favorable à son maintien.
Avec 80% de la population japonaise qui y est plutôt favorable, on peut penser raisonnablement que les autorités, même si elles le voulaient, auraient toutes les peines du monde à faire voter une loi pour l'abolir.

Mais même si ces cas sont donc très rares, il est quelque part un tout petit peu rassurant de voir que, parfois, les plus hautes autorités judiciaires du Japon prennent des décisions qui vont à l'encontre du sentiment très majoritaire de la population.
Au Japon, "Vox populi, vox Dei" peut donc parfois comporter des exceptions, et la Démocratie peut parfois être mise de coté par une poignée d'hommes qui s'opposent au sentiment du plus grand nombre.

Tant mieux, quand cela va dans le bon sens, il arrive si souvent que cela aille dans le mauvais...

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