Itinéraire

Une journée à Gyoda : Escapade historique et gourmande à une heure de Tokyo

Passer le dimanche hors de Tokyo oui, mais où ? Difficile de trouver une alternative à Kamakura, Yokohama, Hakone, voire Kawagoe, lorsqu'il s'agit d'identifier une ville pour passer une journée hors de Tokyo sans prendre le shinkansen et dépenser une petite fortune. Tous les voyageurs ou résidents de la capitale japonaise se sont un jour trouvés face à cette interrogation.

Aujourd'hui, DozoDomo vous invite à une petite heure au nord, à Gyoda, dans la préfecture de Saitama. Les chances que vous ayez déjà entendu parler de cette bourgade est quasi nulle et pourtant, vous découvrirez au fil de notre itinéraire une cité vieille de plus de 15 siècles et riche d'un patrimoine historique considérable. Une cité qui fleure bon la province japonaise et où l'artisanat et l'accueil sont les maîtres-mots.

Au programme, des rizières en folie, des tombeaux monumentaux, de la gourmandise, des chaussettes, et un château à la légende connue dans tout le pays.

 

  • 9h30

    Arrivée en gare de Fukiage

    C'est par la gare de Fukiage que démarre notre journée. Pour y parvenir, nous avons pris le train en gare de Tokyo via la ligne Ueno-Tokyo (上野東京ライン). 63 minutes et 990 yens plus tard, nous voici en "grande banlieue" tokyoïte, à des années-lumière de toute présence touristique (de masse).

    saitama_gyoda_35
  • 10h

    Rizières de Kodai Hasu No Sato

    Cela ne surprendra personne, le Japon est un pays de rizières. Que vous preniez le train, l'avion ou le bus, vous en verrez quelque soit l'endroit où vous vous trouvez.
    Celles de Gyoda sont néanmoins quelque peu particulières car depuis 10 ans, elles sont renommées dans tout le pays, voire dans la monde, pour être le berceau du "tambo art"...

    saitama_gyoda_1

    Le tambo art, c’est l’art de créer des fresques avec des rizières. En l’espace de trois jours, des milliers de volontaires se relaient pour semer ce qui deviendra quelques mois plus tard des visages ou des formes géométriques de plusieurs centaines de mètres carrés.

    Pour réellement apprécier le travail effectué, il convient de prendre de la hauteur, beaucoup de hauteur. Disons 50 mètres. C’est justement la hauteur de la tour d’observation bâtie juste pour cette occasion.

    Depuis son sommet, le panorama est à couper le souffle. Des rizières à perte de vue et à 360 degrés et une plongée sur ces impressionnantes « fresques » faites uniquement de riz. Cette année à l’occasion de la coupe du monde de rugby, ce sont trois des plus célèbres joueurs du XV du Japon qui ont eu l’honneur de voir leur portrait « rizicultivé ».

  • 10h30

    Musée préfectoral de Saitama des anciens tumuli funéraires de Sakitama

    Il y a des musées avec des noms plus engageants c'est certain. Il n'en reste pas moins que ce musée nous en apprend énormément sur le Japon de l'ère Kofun et ses rites funéraires.
    Le musée abrite un trésor national considéré au moment de sa découverte en 1968 comme la découverte du siècle pour l'étude de l'histoire du Japon ancien. Ce trésor, c'est l'épée d'Inariyama (épée en fer du tumulus funéraire d'Inariyama (稲荷山古墳出土鉄剣). On estime sa forge au début du VIe siècle de notre ère.
    Le musée présente d'autres pièces exceptionnelles qui raviront les amateurs d'histoire.

    saitama_gyoda_7

  • 11h

    Parc des kofun de Sakitama

    Sans doute, ce parc est la raison principale pour laquelle on se rend à Gyoda. Sur 35 hectares, plusieurs petits vallons se font face et rien ne laisse présager de leur nature. Ces monticules de plus de 10 mètres de hauteur ont été façonnés de la main de l'homme et referment de grands tombeaux de l'ère Kofun.
    Cette ère du haut moyen-âge japonais tient d'ailleurs son nom de ces monuments funéraires.

    saitama_gyoda_12

    Les sites historiques du Japon ne se cantonnent pas aux temples, sanctuaires et châteaux. Ils restent de nombreux témoins des époques encore plus lointaines. Des époques où le Japon se développait surtout dans la région de Nara et Kyoto et où les quatre grandes îles du pays étaient encore loin d’être réunies sous un seul et même drapeau.

    De ces époques antérieures au Japon moderne, les kofun sont sans nul doute les vestiges les plus communs. Si on en trouve un peu partout, ceux de Gyoda comptent parmi les plus importants de la région du Kantō.

    L’ambiance du parc est très agréable et du sommet de ces petites « montagnes », on bénéficie d’une vue très agréable sur la ville et la plaine avoisinante.

  • 11h45

    Kanetsukidō (かねつき堂)

    Après une matinée de découverte, il est temps de faire une halte et de goûter aux spécialités locales.
    A Gyoda, il n'y a pas à discuter, il faut absolument trouver une occasion de manger un jellyfry (ゼリーフライ), une croquette frite réalisée à l'aide de pulpe de soja (okara). Un vrai délice.
    Cette bouchée est tellement populaire que la ville a choisi pour mascotte officielle un personnage en forme de jellyfry.
    Pour en déguster une de qualité dans une atmosphère très "champêtre", rendez-vous à Kanetsudō, une petite gargotte sans prétention mais à l'accueil remarquable.

    saitama_gyoda_17

    Comme le laisse présager l’image ci-dessus, les jellyfry sont gras. Ça reste principalement de l’huile avec un peu de garniture dedans. Cependant, et aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est assez léger et savoureux. Et surtout très peu cher. En définitive, une spécialité à ne pas manquer qui ravira les amateurs de friture.

  • 12h45

    Restaurant Ando

    Une fois digérés les jellyfry, il est temps de passer aux choses sérieuses. Gyoda n'est pas particulièrement célèbre pour sa gastronomie, pour autant, on y mange bien.
    Pour le déjeuner, nous avons donc choisi l'établissement Ando, spécialisé dans les soba. Malgré tout, nous allons commander un oyakodon (riz, poulet et oeuf).

    saitama_gyoda_38

  • 13h45

    Fabrique de tabi

    Les tabi (足袋, littéralement « sac à pied ») sont une forme traditionnelle de chaussettes japonaises. Elles montent soit jusqu'à la cheville, soit jusqu'à mi-mollet et séparent le gros orteil des autres orteils. Elles sont utilisées pour porter des geta ou des zōri en complément du kimono traditionnel ou du yukata. Contrairement aux chaussettes « à l'européenne », les tabi traditionnelles ne sont pas élastiques mais faites de coton avec une semelle plus épaisse, elle aussi en coton. Elles s'enfilent par l'arrière et se ferment grâce à un système d'attaches métalliques. Cette semelle est due au fait que l'on se déchausse en entrant dans les maisons japonaises ; les tabi servent donc aussi de pantoufles en tant que chaussures d'intérieur.

    saitama_gyoda_21

    A lire la définition de Wikipédia des tabis, la probabilité de vous en voir porter est relativement faible. Un Japonais en revanche, aura naturellement au moins plusieurs raisons d’en porter au cours de sa vie.

    A Gyoda, il existe une entreprise qui en confectionne depuis 1929 et qui fait la fierté de la ville. Chez Kineya, tout est fait main du talon au gros orteil. Pour ceux que cela intéresserait, une visite de l’atelier est envisageable. Pour ce faire, il suffit d’écrire sur son site internet et de demander l’autorisation.

  • 14h30

    Pâtisserie Jumangoku

    Le paradis des manju.
    Pour rappel, les manju sont de petits gâteaux ronds et blancs, cuits à la vapeur. Ils sont préparés avec de la pâte de haricots rouges, enveloppée d'une pâte à base de farine, d'eau, de sucre et de fécule.
    Des manju, on en trouve partout au Japon, mais ceux de Jumangoku atteignent sans nul doute notre top 10. Fondants à souhait et savoureux, ils sont les compagnons idéaux d'une petite pause en milieu d'après-midi. Accompagnés d'une tasse de thé, cela va sans dire.

    saitama_gyoda_28

    Site internet de la pâtisserie/confiserie.

  • 15h

    Château d'Oshi

    Nous voici arrivés au point d'orgue de cette journée, le château d'Oshi (忍城). Quasiment inconnu des touristes étrangers lambdas, le Oshi-jō est en revanche un incontournable pour tous les amateurs d'Histoire.
    Le château est surtout passé à la postérité pour son siège à la fin de la période Sengoku. Le château était également connu sous le nom de "Kama-jō" (château de la tortue) ou "Oshi-no-uki-jō" (le château flottant d'Oshi). Il était considéré comme l'un des sept principaux bastions de la région de Kantō.

    saitama_gyoda_29

    En utilisant les marais des alentours, le château était considéré comme imprenable. En 1590, Toyotomi Hideyoshi envoya une armée de 23,000 soldats à Ishida Mitsunari pour s’emparer du château. Au siège d’Oshi, les 619 samouraïs et les 2,000 conscrits locaux du château ont résisté à de nombreuses attaques, notamment une tentative d’inondation inspirée du célèbre siège de Takamatsu par Hideyoshi. Malgré la construction impressionnante de 28 km de digues et des pluies torrentielles, le château a toujours résisté et ses défenseurs ont lâché prise qu’une fois après avoir appris la défaite de leur chef au siège d’Odawara 120 kilomètres plus au sud.

  • 17h

    Retour à Tokyo

    Quelle bonne surprise que cette petite ville de Gyoda. Totalement absente des principaux guides de tourisme occidentaux, la ville offre pourtant une fenêtre très intéressante sur l'Histoire plus ou moins ancienne du Japon. A une heure de Tokyo, elle se visite en une journée et, si nous y sommes allés début octobre, il semblerait que le printemps et sa nature soient particulièrement généreux avec elle, leur donnant de splendides cerisiers et fleurs de lotus.
    Pour éviter les pertes de temps inhérentes à tout trajet en transport en commun, une fois arrivé sur place, nous vous recommandons la location d'une voiture.

    saitama_gyoda_39
    saitama_gyoda_1

Partagez

Commentez

Vous devez vous identifier ou vous inscrire pour ajouter un commentaire.