Comme un trait d'union entre les cultures japonaises et françaises, M. Yoshizawa nous éclaire de ses connaissances et partage avec nous toutes les subtilités et les richesses qui font le Japon. Retrouvez l'intégralité de ses chroniques et plus encore sur le site du Centre Culturel Franco-Japonais de Toulouse dont il est le directeur exécutif, ainsi que sur les pages des réseaux sociaux.

Otages japonais: Honne et tatemae

dimanche 1 février 2015 / Claude Yoshizawa

L'objectif de ce texte est double : vous parler de la réelle façon dont la majorité des Japonais a appréhendé cette épreuve, et qui m'a semblé différente de la présentation qu'en ont fait les média français. Et d'autre part, même si je suis conduit à parler du fond de cette affaire, ce n'est que pour pouvoir mieux parler de quelques aspects de la mentalité japonaise telle qu'on peut la comprendre à travers les faits qui se sont déroulés.

C'est la compréhension de cette mentalité qui est le sujet principal de ce texte.

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Les deux otages japonais ont donc été exécutés par leurs bourreaux.
Assassinés, dira sans doute la plus grande partie des gens à travers le monde.

Bien sûr, on espérait un miracle. L'espoir a même été entretenu plus longtemps qu'on n'aurait pu l'imaginer pour ce qui concerne le deuxième otage en raison de négociations qui semblaient pouvoir éviter le pire. Cela n'a donc pas été le cas. Même si cela semble facile à dire après coup, c'était à prévoir.
Dès les premières heures suivant l'ultimatum lancé par les ravisseurs, j'avais écrit sur cette page, comme sur ma page personnelle que, malheureusement, il fallait sans doute s'attendre à une issue fatale. J'avais écrit cela pour plusieurs raisons.

D'abord, le constat objectif que la plupart des prises d'otages par l'EI se sont soldées par l'exécution mise en scène et médiatisée de ces otages : il n'y avait pas vraiment de raisons que cela se passe différemment cette fois.
D'autre part, le très court délai initial de 72 heures donné au gouvernement japonais, ainsi que le montant exorbitant de la rançon demandée – 200 millions de dollars – semblaient indiquer que le véritable but des ravisseurs était de tuer ces deux otages, détenus depuis quelques mois déjà. Dans un primaire esprit de vengeance suite à l'annonce du Japon de venir en aide aux pays du Proche et Moyen Orient à hauteur de 2,5 milliards de dollars et 200 millions consacrés au soutien de la lutte contre l’État islamique. C'est d'ailleurs ce qui a été répété par l'EI lors de l'annonce de l'assassinat du deuxième otage, le journaliste Kenji Goto. Avec, sans doute, comme second objectif, une probable déstabilisation des relations entre le Japon et les pays de la coalition.
Mais ce ne sont là que des suppositions, bien entendu j'ignore quelles ont été les véritables motivations des ravisseurs, les enjeux sont tellement compliqués à comprendre. Beaucoup de gens écrivent, en pointant le plus souvent tel ou tel aspect de ce problème qui reste éminemment complexe et ne l'appréhendent pas dans sa globalité. Selon leurs propres convictions, ils mettent en cause la politique du Premier Ministre, ou alors ils mettent en cause l'EI, ou alors ils mettent en exergue une réaction d'une partie de la population japonaise en minimisant d'autres réactions, etc. Mon avis est que nous manquons tous d'éléments pour nous faire une opinion juste. La vraie politique, dans ce genre de cas, ne se fait pas sur la place publique. Et elle ne se fait pas sur les même critères que le grand public.

Par contre, j'étais à peu près sûr de ce que serait la réaction du Japon. Quand on connait la mentalité japonaise, l'attitude japonaise face à cette prise d'otages ne faisait guère de doutes. C'est de cette mentalité que je voudrais surtout parler ici, les différents commentaires, articles ou autres écrits que j'ai vus passer par-ci par-là me montrant que cette mentalité japonaise est encore loin d'être vraiment bien connue et comprise.

Dès que la prise d'otage a été rendue publique, et largement médiatisée au Japon, la réaction profonde de la grande majorité des Japonais a été la stupeur. Doublée d'une certaine incrédulité : pourquoi nous ? En effet, s'ils n'ignorent pas ce qui se passe dans le monde, et si l'actualité française de ces dernières semaines a été largement médiatisée et connue au Japon, ce pays n'a que très peu été directement lié à cette forme de terroriste qui sévit actuellement sur fond religieux et à ces prises d'otages auxquelles les pays occidentaux sont massivement confrontés depuis quelques années. Il ne l'a été que :
- en avril 2004, cinq Japonais, dont trois bénévoles en Iraq avaient été pris en otages, ils ont été par la suite tous libérés.
- en octobre 2004, un touriste japonais a été capturé en Iraq et a été assassiné.
- en avril 2010, c'est un journaliste japonais converti à l'Islam qui a été capturé, il s'en est sorti sain et sauf.
- et enfin en janvier 2013, dans la gigantesque prise d'otages de la raffinerie d'In Aménas en Algérie, se trouvaient au total 17 Japonais (sur 800 personnes travaillant sur le site gazier), dont 10 qui furent finalement retrouvés mots suite à l'assaut donné par l'Armée qui a mis fin à cette prise d'otages, laquelle s'est soldée par un total de (« seulement »?) 32 morts. Mais cette dernière prise d'otages ne visait pas spécifiquement le Japon. Ce fut donc la stupeur, ce fut la crainte. Comme souvent au Japon, la crainte de mal faire, de mal réagir, de mal s'exprimer.

Dans les médias français (notamment i-Télé), j'entends dire que le Japon tout entier a vécu deux semaines d'angoisse, comme si le pays tout entier se rassemblait autour de ses deux otages d'abord, puis autour de Kenji Goto après l'assassinat de H. Yukawa. Les télévisions d'ici ont montré des manifestants, des gens portant pancarte « I am Kenji Goto »... comme si ces gens représentaient l'ensemble du Japon. En réalité, ils ne formaient qu'un minuscule groupe, presque insignifiant.
La stupeur première passée, les Japonais se sont en fait rapidement désolidarisés de ces otages. Le sentiment dominant, celui qu'aucun Japonais n'avouera ouvertement mais qui a été partagé par la plus grande majorité, c'est qu'il fallait plutôt se taire, ne pas réagir ouvertement, et ce dans un but bien précis: le pays ne devait pas se montrer trop concerné par cet événement afin de ne pas voir sa responsabilité trop engagée. Encore une fois, il y a bien eu quelques réactions individuelles, et les média français les ont montrées à de multiples reprises: les quelques personnes connaissant les deux otages, leurs parents, leurs familles, leurs amis, leurs collaborateurs, qui bien sûr souhaitaient ardemment qu'ils soient libérés et auraient sans doute fait leur possible pour qu'ils soient épargnés. Quelques individus qui ont manifesté « à l'occidentale » (ils n'ont été qu'environ 200 selon la presse japonaise, donc rien à voir avec ce qui aurait pu se passer en France dans une situation similaire). Certains ont soutenu le gouvernement, certains l'ont critiqué.
Certains encore ont exprimé leur incompréhension face au soutien à une cause qui semble de pas concerner le Japon, ce qui, en soi, est une erreur. Bien positionné comme une des principales puissances financières et économiques, le Japon a toujours cherché à être enfin considéré sur la scène internationale comme une puissance politique de premier plan - ce que le monde lui a toujours refusé. Il est par ailleurs très concerné par la situation au Moyen-Orient pour des questions énergétiques, l'importation du pétrole ayant toujours été une priorité pour ce pays, elle l'est encore plus depuis Fukushima et l'arrêt de ses centrales. A ce propos, les chiffres repris par presque l'ensemble des publications en français (media, blogs, pages internet...), qui n'ont tous parlé que des 200 millions de dollars promis par le Japon pour soutenir la lutte antiterroriste contre l’État Islamique, ont oublié de signaler l'essentiel : l'aide de 2,5 milliards de dollars à l'ensemble du Proche et Moyen-Orient. Une aide (naïvement ou hypocritement?) soi-disant accordée à des fins non militaires. S'il a ainsi essayé de prétendre rester officiellement en dehors de la coalition contre l'EI, le but du Japon était bien de la soutenir et de se positionner politiquement au Moyen-Orient. Mais tout le monde sait très bien qu'une aide, soi-disant donnée pour des « actions non militaires », peut être utilisée par ceux qui la reçoivent comme ils l'entendent. L'EI l'a sans doute bien compris, et a décidé de réagir de la façon la plus violente.

Mais revenons à la mentalité : on peut considérer les choses de façon plus globale, sans pourtant nier les différentes prises de positions quasi individuelles : l'attitude de la population a été dominée par le sentiment de se montrer comme détachée, de la nécessité de détourner les yeux. Car regarder tout droit dans les yeux l'ennemi consiste à le reconnaître, à reconnaître qu'on a été attaqué, et cela nécessite qu'on y réponde. Or le sentiment de la plus grande partie de la population japonais est qu'il vaut sans doute mieux ne pas s'engager dans ce conflit qu'elle ne comprend pas très bien, auquel elle n'est pas directement confrontée. En d'autres termes plus crus, la réflexion dominante a été celle-ci : mieux vaut perdre deux hommes, plutôt que d'engager toute la nation dans un conflit qui peut amener bien plus de victimes et bien plus de troubles.

C'est d'ailleurs une mentalité qui existe depuis très longtemps au Japon, pays dont une des valeurs les plus fondamentales est la recherche de la paix en évitant tant que faire se peut toute situation conflictuelle. C'est de cette mentalité que découle un autre aspect qui commence à être connu en France, que l'on appelle le « honne et le tatemae » : ce que l'on a vraiment au fond du cœur et que l'on tait, et ce que l'on dit ouvertement même si on ne le pense pas vraiment. Les Français, le plus souvent, ne se privent pas de critiquer cette mentalité en parlant notamment d'hypocrisie. Critique, sinon fondée, au moins compréhensible, car ce qui prime en France, on l'a encore bien vu ces dernières semaines, c'est la liberté individuelle en général, et c'est la liberté d'expression en particulier. Et comme souvent les Français ont un peu de mal à admettre que d'autres peuvent avoir d'autres valeurs qui, à leurs yeux, priment sur la liberté d'expression, une réelle incompréhension de cet aspect de la mentalité japonaise vient souvent entacher des relations franco-japonaises qui, très majoritairement, sont pourtant excellentes et sont surtout basées sur le respect, l'amitié et même une certaine admiration (ou une admiration certaine) réciproques.

Les Japonais, dans leur grande majorité, se sont donc tus, ils ont eu plutôt tendance à éviter de se montrer impliqués. Je précise bien : non pas de « se sentir », mais de « se montrer » impliqués. Leur « honne », c'était la crainte, la compassion, la colère. Le « tatemae », ce fut un apparent détachement. Ceci a d'ailleurs été aidé (volontairement?) par les média, qui très rapidement ont suggéré de façon détournée mais assez insistante le fait que les deux otages avaient agi de leur propre chef, de façon purement individuelle. Et même individualiste, donc critiquable. On a rapidement appris que M. Yukawa avait évoqué son statut de célibataire qui n'avait pas grand-chose à perdre, le fait qu'il était attiré par la chose militaire, ce qui au Japon est une façon de dire qu'il était plutôt « différent » des Japonais. On a même parlé d'instabilité mentale. Quant au journaliste M. Gotô, on a rapidement insisté là aussi sur son statut de freelance et le caractère individualiste de sa démarche. Une vidéo a été (bien vite?) trouvée et diffusée, dans laquelle il affirme clairement que nul ne devrait se sentir obligé d'endosser une responsabilité qui est à 100% la sienne et où il demande au peuple japonais de ne surtout pas blâmer le peuple syrien qui ne serait en rien responsable ou coupable si malheur lui arrivait suite à sa décision de se rendre dans les territoires contrôlés par l’État islamique. Une décision personnelle et assumée. Tout a ainsi été fait pour permettre à la population de se désolidariser de ces deux otages, de se dédouaner de toute issue fatale.

En se désolidarisant de ces deux otages, en les rendant seuls responsables de leur situation, chaque Japonais, dans son « honne », avait bien entendu le cœur lourd et s'est senti blessé et humilié, mais en le cachant pour raison de « tatemae », en n'en faisant pas ouvertement cas, la nation dans son ensemble n'était pas atteinte et se préservait. En ne répondant pas au chantage insensé qui lui était fait, elle évitait de devoir assumer la responsabilité d'une issue fatale pour les otages, qui aurait eu pour conséquence de souiller l'honneur de la nation toute entière. Le fait que la Jordanie se retrouve arbitre de la situation n'a fait qu'aider cette stratégie. La population s'est également tue parce qu'elle estimait ne rien pouvoir faire elle-même et que c'était aux responsables du pays d'agir.

Et en effet, de son coté, le gouvernement a rempli son rôle et a assumé ses choix. Sont-ils bons ou sont-ils mauvais ? Cela n'est pas l'objet de mon propos, cela peut se discuter.
Ne pouvant pas, par « tatemae », donner l'image qu'il abandonnait ses deux concitoyens en ne faisant rien, le Premier Ministre et son entourage proche ont multiplié les déclarations officielles d'indignation. Dès le début de la prise d'otages, Shinzo Abe a pris contact avec les dirigeants étrangers, il s'est largement exprimé dans la presse. Après l'assassinat du premier otage, le gouvernement a démultiplié ses gesticulations et ses contacts, notamment avec la Jordanie, que les nouvelles revendications des ravisseurs ont placé au premier plan. Il a tenu à affirmer son entière implication. Car il est évident que, s'il se trouvait que, par miracle, M. Gotô s'en sorte, le gouvernement en serait le grand gagnant. Son intérêt était donc de jouer à fond le jeu. D'autre part, il y avait un fort enjeu diplomatique pour le Japon dans son positionnement au Moyen-Orient. Pour des raisons politiques, mais aussi et surtout pour des raisons économiques et énergétiques comme nous l'avons évoqué plus haut. C'est pourquoi, ouvertement, il s'est fortement employé. Pour raison de « tatemae », il a donné au monde l'image qu'il œuvrait pour une libération des otages. Mais en réalité, dans son « honne », il a surtout « donné le change ». Le gouvernement a surtout agi au mieux pour défendre les intérêts, non pas des deux otages, mais ceux de la nation. Pour pouvoir, à l'avenir, la positionner dans la politique mondiale. Avec un certain cynisme, on pourrait même penser que la deuxième revendication de l'EI, conditionnant la libération de l'otage japonais à son échange avec une prisonnière détenue par la Jordanie, a rendu un fier service au gouvernement japonais : en désignant la Jordanie comme nouvel ennemi, il a dégagé le Japon de toute responsabilité en cas d'issue funeste. Le gouvernement a pu passer de « responsable » à « victime » du chantage de l'EI. Avec le même cynisme, on pourra aussi penser que Shinzo Abe est peut-être assez satisfait par ce dénouement : en tuant les otages, l'EI a encore une fois affirmé sa barbarie et lui a permis de justifier l'aide qu'il avait décidé d'apporter à la coalition pour lutter contre des pratiques inhumaines. Il vient d'ailleurs de l'annoncer publiquement : « le Japon ne pardonnera jamais ces assassinats » s'est-il écrié, la main sur le cœur, avant même l'authentification officielle de la dernière vidéo montrant la décapitation du deuxième otage.
Les Japonais, dans leur ensemble, lui seront sans doute plutôt reconnaissants de la façon dont il aura géré cette crise, même s'ils ne le diront pas ouvertement. La cote de popularité élevée du Premier Ministre ne devrait, j'imagine, pas être atteinte, ou alors assez faiblement, dans les jours qui viennent. Même si, encore une fois, ils sont sans doute assez nombreux à penser que le Japon n'aurait pas dû se mêler des problèmes du Moyen-Orient et critiqueront ouvertement le gouvernement pour ses décisions d'aider financièrement la coalition. Mais encore une fois aussi, les intérêts, les points de vue et les façons de réfléchir et d'agir ne sont pas toujours les mêmes entre une population et ses dirigeants. Et toutes les déclarations contre Abe, s'il y en a, seront essentiellement le fait de son opposition politique.

En conclusion, je recommanderais volontiers la plus grande prudence à tous ceux qui liront ces lignes et qui, inévitablement, porteront un jugement sur cette attitude et cette mentalité japonaises. Sur ce "Honne" et ce "Tatemae". Leur réflexe sera sans doute, pour beaucoup d'entre eux, de les critiquer, peut-être sévèrement. De parler d'hypocrisie, de dire que les Japonais font l'autruche. Je pense sincèrement que, sans défendre la mentalité japonaise par rapport à la mentalité française ou inversement, la seule conduite à tenir est de tenter de comprendre les différences qui existent entre ces deux mentalités, à ne pas croire que l'une est supérieure à l'autre. D'abord parce que chaque pays a raison chez lui, il a son histoire, il a sa culture, il a une mentalité et que si des choses doivent changer, ce ne pourrait être que sur la base d'une volonté intérieure et non en raison de critiques venant de l'extérieur. Même s'il est évident que « l'extérieur » peut constituer une source d'inspiration très bénéfique. Et ensuite parce que, peut-être, constatera-t-on une chose : c'est qu'au delà des différences apparentes, il y a une vraie similitude entre la France et le Japon: la recherche, par les gouvernants et par les peuples, d'une « unité nationale ».

En France, cette unité est d'autant plus difficile à réaliser que la valeur fondamentale est la liberté, qui est ce par quoi se définit l'individualisme avant toute chose. Son défi est de trouver comment concrétiser cette unité sans (trop) limiter ses libertés, dont la liberté d'expression. Autrement dit, le défi de notre pays est de trouver comment concilier individualisme et paix collective.
Au Japon, cette unité est déjà la valeur fondamentale, elle existe déjà de fait, allant même parfois jusqu'à se transformer en une assez critiquable « uniformité » nationale, et le défi de ce pays consiste plutôt à trouver, sans compromettre cette unité nationale, comment permettre à chaque individu à s'exprimer plus librement et à ne pas systématiquement garder ses émotions et ses sentiments cachés au fond de lui. Même s'il dispose, il est vrai, d'autres moyens que la parole et les mots pour les exprimer. Mais ça, seuls les Japonais le comprennent, les jeunes générations ont plus de difficultés à s'y soumettre, et les étrangers sont souvent totalement perdus.

Intelligemment envisagées, les relations franco-japonaises pourraient être bénéfiques aux deux pays, la France montrant au Japon ce qui lui manque et le Japon pouvant être pour la France une source d'inspiration. Mais cela passe forcément par le respect, la courtoisie et l'entente, et non pas par la critique ou la polémique, valeurs contre valeurs, comme c'est encore si souvent le cas. Des deux cotés d'ailleurs...

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