Le Thon Libre (oui, c'est un pseudo) vous livre un regard différent sur le Japon. Actualité, polémique, vie quotidienne, ses écailles ne supportent pas la langue de bois. Son but unique, tenter de vous ouvrir les yeux sur ce qu'est la réalité du pays. Nager avec lui dans ses eaux éloignées des côtes, c'est l'assurance de faire un voyage vers la vraie connaissance. Le Thon libre aime le Japon et il déteste ça. Mais plus que tout, il adore le détester...

Quand un fan est en colère, ça sent le gaz

vendredi 22 février 2013 / Le Thon Libre

"Si j'existe, c'est d'être fan" écrivait le poète dramaturge français Pascal Obispo.

Une partie de la population japonaise vit selon ce précepte.

"Plus on est fan, plus on est con" disait quant à lui un auteur anonyme.

Ceux que l'on appelle les wotas, les fans d'idoles, comptent parmi les plus extrémistes. Le phénomène AKB48 qui sévit au Japon dans des proportions incroyables depuis 2009 en recense le plus grand nombre.

On avait déjà entendu parler de fans capables d'acheter plusieurs centaines d'un même disque, simplement pour récupérer à l'intérieur un bulletin de vote lui permettant d'élire son idole préférée. Idiot mais pas condamnable. D'autres, par solidarité, s'étaient raser la tête à la suite du scandale Miichan. Courageux.

Cette semaine, on est passé à un degré tout autre, bien moins amusant. Visiblement, un fan extrême du groupe d'Akihabara n'est pas parvenu à déceler la frontière entre fiction et réalité. En réaction à une campagne publicitaire télévisée qui voit certaines membres AKB prendre des cours de soutien, le wota s'est violemment exprimé, affichant son incompréhension et sa colère. Selon lui, prendre des AKB pour promouvoir des cours de soir, c'est les prendre pour des idiotes qu'elles ne sont pas. Il a donc envoyé sur twitter, et à l'attention de l'entreprise de cours de soutien U-Can, une menace pour le moins explicite.

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Dans ce tweet, il explique qu'il prépare une attaque au gaz sarin sur les lieux de l'entreprise U-Can. Rien que ça !

Cette menace a été évidemment prise au sérieux par ses destinataires, si bien qu'une enquête de police a été ouverte.

Le Japon a en effet de tristes souvenirs à l'évocation du gaz sarin, celui-là même responsable de la plus grande attaque terroriste sur son territoire depuis la seconde guerre mondiale. C'était en 1995, et elle avait fait 12 morts et plusieurs milliers de blessés.

Cet épisode choquant démontre une fois de plus la mentalité d'une certaine frange des fans hardcore au Japon. Désocialisés, le plus souvent au chômage ou en arbeito (petit boulot), ils considèrent leur idole comme leur propre famille. Si ce n'est pas un phénomène endémique au Japon, les fans de Justin Bieber notamment étant dans certains cas au même niveau de folie - je ne juge pas, je constate - on ne peut que s'interroger sur les limites de ces fans pour qui l'image véhiculée par leur idole prime au-dessus de tout. Rappelons que si pour les idoles féminines, avoir des relations sexuelles est interdit, c'est par crainte de représailles de fans jaloux et possessifs. Les producteurs de ces groupes de musique donnent aux fans un pouvoir qui les dépasse totalement. Dans certains cas extrêmes comme celui d'aujourd'hui, ils en payent le prix.

A bientôt.

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