Le Thon Libre (oui, c'est un pseudo) vous livre un regard différent sur le Japon. Actualité, polémique, vie quotidienne, ses écailles ne supportent pas la langue de bois. Son but unique, tenter de vous ouvrir les yeux sur ce qu'est la réalité du pays. Nager avec lui dans ses eaux éloignées des côtes, c'est l'assurance de faire un voyage vers la vraie connaissance. Le Thon libre aime le Japon et il déteste ça. Mais plus que tout, il adore le détester...

Nouvelle année

vendredi 1 avril 2011 / Le Thon Libre

Traditionnellement le 1er avril marque le début de l'année professionnelle au Japon. Ainsi ce matin, des centaines de milliers de jeunes diplômés se sont rendus pour la première fois dans leur nouveau bureau. L'occasion pour eux d'étrenner leur tout nouveau costume pour ces messieurs ou tailleur pour ces demoiselles. Au-delà de ce plan strictement officiel, ce 1er avril 2011 se veut différent de ses prédécesseurs, de par l'ampleur de la catastrophe qu'a subie le pays le 11 mars. Cela fait en effet déjà trois semaines depuis le tremblement de terre et  le tsunami qui a ravagé les côtes du nord-est mais la situation reste particulière, même à Tōkyō. Je suis rentré ce matin au Japon et mes premières impressions sont mitigées. D'un côté, oui, les Japonais travaillent et semblent toujours sereins, les cerisiers se transforment lentement, ils me paraissent même être un peu en retard cette année, mais d'un autre côté, la ville donne parfois l'impression de tourner au ralenti. L'exemple le plus probant est celui de la lumière. Tōkyō est toujours en proie à de régulières coupures de courant sectorisées pour pallier à l'arrêt de la centrale de Fukushima. Dans le métro, une lumière sur deux est éteinte, de même que les panneaux publicitaires ou certaines autres indications. Idem pour les combini. Je ne saurais dire combien de lumières sont éteintes, mais une chose est sûre, à la nuit tombée, le magasin est vraiment sombre, en plus d'être toujours aussi mal achalandé. Vous l'aurez compris, toutes les lumières superflues sont bannies, et c'est incroyable de voir à quel point elles sont nombreuses ici.

Et puis allez, rien que pour vous, je vous raconte le comité d'accueil qui m'a été réservé. En arrivant aux alentours de 8h30 ce matin dans mon immeuble, j'ai eu la surprise de croiser une vingtaine de pompiers s'affairant pour réparer une canalisation qui avait cédé au sixième étage, et qui faisait s'écouler de l'eau dans tous les étages inférieurs. Mais encore mieux, les ascenseurs ont été bloqués toute la journée. J'arrivais de l'aéroport. Avec deux bagages.

Et j'habite au 17ème...

 

Trente heures que je n'ai pas dormi, je crois qu'il est temps à présent.