• Le Thon Libre (oui, c'est un pseudo) vous livre un regard différent sur le Japon. Actualité, polémique, vie quotidienne, ses écailles ne supportent pas la langue de bois. Son but unique, tenter de vous ouvrir les yeux sur ce qu'est la réalité du pays. Nager avec lui dans ses eaux éloignées des côtes, c'est l'assurance de faire un voyage vers la vraie connaissance. Le Thon libre aime le Japon et il déteste ça. Mais plus que tout, il adore le détester...

    De l'écueil d'être Français

    samedi 11 décembre 2010 / Le Thon Libre

    Dans la série des "De le" et des "De la", après "De la démocratie en Amérique" de Tocqueville, et "De l'esprit des lois" de Montesquieu, qui, il faut bien l'avouer, ne sont plus de toute première fraîcheur, je vous propose de découvrir "De l'écueil d'être Français" ou comment survivre dans le Monde, en au Japon en particulier, avec une pomme pourrie dans la poche.

    Les propos qui vont suivre seront certainement teintés d'amertume et de rancoeur, mais pour autant, ils seront le fruit d'une longue réflexion menée depuis un an au Japon, en France, et dans d'autres coins de la planète. Par ces quelques lignes, je souhaite surtout mettre en garde les plus jeunes d'entre vous qui souhaitent un jour émigrer vers le Japon qu'y être Français n'est pas un avantage. Loin s'en faut.

     

    1. Origines

    Est-ce que les Richelieu, Colbert, et plus tard Napoléon et successeurs, imaginaient, que plusieurs siècles après leur disparition, les Français pâtiraient encore de leurs choix ? Lorsque la France se lance dans une politique de colonisation, au même titre que leurs voisins européens, font-ils les bons choix ? Il n'est pas question ici de savoir si la colonisation est une bonne ou une mauvaise chose, chacun a son opinion sur le sujet, mais plutôt de se demander si aujourd'hui, la France en a tiré des enseignements et surtout une force.

     

    Lorsque les Anglais colonisent l'Inde, l'Australie ou le Canada, ils imposent au Monde leur langue. Lorsqu'ils s'en retirent, ils créent le Commonwealth, une puissante association de leurs anciennes colonies, avec lesquelles ils gardent d'importantes relations. Qu'à fait la France à la décolonisation ? A part se battre pour une Algérie qui ne voulait plus d'elle, et développer des réseaux toujours plus obscurs, ceux de la Françafrique, la présence de la France dans ses anciennes colonies, s'est davantage limitée à un rôle de marâtre qu'à celui d'un véritable partenaire. Les nostalgiques de l'Empire colonial français, il y en a, peuvent se demander si la France a colonisé les bons pays. A-t-elle misé sur les bons chevaux ? Quand les Anglais colonisaient l'Inde ou le Canada, aujourd'hui membre du G8, le pays le plus "puissant" de l'Empire français était l'Algérie, cinquantième puissance mondiale. Je me sens tout de même obligé de préciser mon opinion sur ce sujet, souhaitant éviter une vindicte populaire à laquelle je ne souhaite pas être confronté. La colonisation a eu, selon moi, de très minimes côtés positifs qui ne pourraient en aucun cas prendre le dessus sur les atrocités et les privations qui ont été faites aux indigènes.

     

    Aujourd'hui, la France n'est plus que le fantôme de son passé. Elle ne rayonne plus au niveau international. Sa langue, ses universités, ses travailleurs n'ont plus la cote. Elle chute dans tous les classements mondiaux et ne se donne pas les moyens d'espérer remonter. Economie, culture, et surtout éducation. L'éducation est le nerf du problème auquel la majorité des Français installés à l'étranger doit faire face. Passons sur la grammaire et l'orthographe honteux et souvent irréels de certains d'entre nous, ce ne sont que les feuilles d'un arbre aux racines malades. Le problème est bien plus grave lorsqu'on parle des études supérieures. Au Japon par exemple, si vous cherchez du travail, vos diplômes français, qu'ils soient issus des meilleures écoles ou universités, vaudront toujours moins que ceux issus de la plus médiocre des universités américaines. Ainsi, en entretien d'embauche, vous entendrez : " Votre Master Paris I Sorbonne, qu'est-ce que c'est ? (...) Ah d'accord, c'est comme ce qu'a fait Steven à l'Univesité du Montana !". Faire ses études en France, c'est se condamner à y travailler toute sa vie. Aujourd'hui, si vous n'avez pas eu une expérience universitaire dans un pays anglo-saxon, autant rester chez vous, vous ne valez de toute façon pas grand chose. "Vous parlez trois langues couramment ? Quatre ? Oui mais vous n'êtes pas Américain ? Désolé." Un Américain qui ne parle qu'anglais, vaut dix fois plus qu'un Français qui parle français, anglais et espagnol. Si vos diplômes français ne valent rien à l'étranger, un diplôme américain en France peut vous ouvrir des portes. Un exemple concret est celui du Droit. Vous êtes avocat en France et vous souhaitez travailler aux USA. Il vous faudra donc passer un examen complet et relativement difficile, surtout pour vos finances. A l'inverse, un avocat américain souhaitant travailler en France, n'aura qu'une simple formalité à passer. C'est ce que l'on appelle la réciprocité à la française. La valeur de nos diplômes est bradée. Et quand elle ne l'est pas, on ne communique surtout pas dessus pour dire à quel point elle est justifiée. C'est aujourd'hui la seule solution trouvée par les gouvernements pour endiguer la fuite des cerveaux.

    C'est bel et bien ce modèle anglo-saxon qui domine le Monde, et même au Japon, qui pourtant, n'a aucun lien historique avec lui. Alors oui, c'est très dur d'être Français dans le Monde. Oui c'est très dur d'être français au Japon. L'image bucolique de la France d'autrefois ancrée dans la tête des Japonais, ce n'est que du folklore. En 2010 dans le Monde, la France ne vaut rien.

     

     

    2. Illustrations

    Comment la France a perdu de sa puissance ? Comment a-t-elle baissé les bras ?

    Depuis la période d'après-guerre où les Français avaient un seul et même but, à savoir reconstruire le pays, et retrouver de sa grandeur, la France a été incapable de se trouver un objectif commun. Les Français ne parviennent plus à regarder dans le même sens, c'est chacun pour soi. Aimer son pays, le crier haut et fort, c'est le risque de passer pour un fasciste. Espérer dominer le monde avec son système, c'est être taxé de rétrograde et d'anticonformiste. Pourquoi et comment le Japon est passé du stade d'un pays ruiné par la guerre à celui de la deuxième puissance mondiale ? Tout simplement par l'éducation, le respect de valeurs nobles et un objectif clair de faire du pays ce qu'il est devenu aujourd'hui. L'Education Nationale Française n'a malheureusement ni les moyens ni les compétences de revenir en arrière et de changer des mentalités d'élèves et de parents qui ne comprendraient plus qu'on leur inculque ces valeurs-là. A l'étranger, la France donne l'image d'un pays de l'ancien bloc communiste. Un pays renfermé sur lui-même, à mille lieues de se douter de ce qui se passe au-delà des ses frontières. A plusieurs reprises, on m'a demandé de fournir des documents attestant de mon parcours universitaire en France. A priori des documents délivrés partout dans le Monde... sauf en France ! Des exemples comme celui-ci, je pourrais vous en raconter des dizaines.

    La communauté française au Japon, c'est environ 8,000 personnes, une écrasante majorité résidant à Tōkyō, de quoi espérer une solidarité concitoyenne. Il y a trois types de Français au Japon. Ceux installés depuis plusieurs décennies, mariés avec enfants (très souvent avec une japonaise), les expatriés, et ceux qui partent à l'aventure avec juste un CV en poche et une motivation à toute épreuve. Détaillons un peu ces trois catégories.

    Commençons avec les expatriés, ceux qui ont la belle vie. Appartement ou maison payée par leur employeur, idem pour la voiture, des cours de langues offerts, et un salaire quasiment doublé par rapport à la France. Il existe plusieurs types d'expatriés, de l'artisan au haut responsable. D'une manière générale, ils gardent un vrai sens de l'hospitalité et de la solidarité. Etre expatrié, c'est évidemment la meilleure solution pour s'installer au Japon.

    Les "aventuriers" dont je fais partie, peuvent suivre deux trajectoires. Une chanceuse et une poisseuse. Il n'y a malheureusement aucune vérité absolue. Mais un conseil cependant, si vous trouvez un boulot, gardez-le. Vous ne savez jamais quand vous pourrez en retrouver un.

    Et enfin, les "anciens". Installés depuis 20 ou 30 ans dans l'archipel, ils sont, pour la majorité d'entre eux, devenus davantage Japonais que Français. Ils sont les "boss" de la communauté. Ils ont, durant ces dernières décennies, tissé un réseau impressionnant, dont il ne vous feront évidemment pas profiter même si vous les connaissez bien. J'en ai rencontré une dizaine. A une exception près, ce sont des gens mauvais, aigris et intéressés uniquement par leur profit personnel. Votre unique chance de les approcher et d'être "fils" ou "fille de". Ici aussi, le piston est roi. Il vous sera même plus utile qu'à un joueur de trompette aguerri. Une fois encore, vous avez les meilleurs diplômes, vous pensez être très compétents mais malheureusement pour vous, vos parents ne sont pas ministres ou chef de grande entreprise, alors préparez-vous à laisser votre place. Vous entendrez sûrement ce genre de discours si par malchance vous tombez sur l'un d'eux : " Eh, moi je me suis fait tout seul quand je suis arrivé. J'ai eu besoin de personne. Je suis arrivé avec 2,000 francs (!) et je me suis démerdé". A l'écoute de ces dires, vous êtes généralement partagé entre l'envie de frapper la personne au foie, ou de l'insulter gentiment. Une personne plus raisonnée lui répondrait simplement qu'à la fin des années 70, c'était le plein-emploi au Japon, qu'il n'y avait que très peu d'étrangers, et que tout était à créer.

    Ces "anciens" ont perdu le sens des notions de solidarité en même temps qu'ils ont perdu leur paire de couil... Souvent, ils sont lâches, vous disent "oui" en face, et "non" par mail le lendemain. En plus de fuir leurs responsabilités, ce sont de mauvaises personnes.

    Des passe-droits, il en existe partout. Le phénomène est évidemment plus important dans les petites communautés comme la française au Japon. Mention spéciale à la structure la plus inutile du Monde, et je pèse mes mots, le service emploi de la Chambre de Commerce Française du Japon. N'espérez jamais y trouver de l'aide, et encore moins un emploi. Dernièrement, enfin, ces trois derniers mois, cinq offres étaient proposées aux candidats. Une seule réclamait que l'on parle français. Un comble pour une institution française. Les autres offres exigeaient la maîtrise du mandarin, du khmer ou du portugais. Je vous le précise ou pas, que pour travailler à la Chambre de Commerce, il faut espérer être pistonné ? Non, je ne vous le précise pas. Le mot "méritocratie" est à bannir de votre vocabulaire quand vous débarquez au Japon. Souvenez-vous en.

    C'est un fait, le Japon est, avec la Corée du Nord, la Birmanie et d'autres états du même acabit, l'un des pays les plus difficiles à pénétrer. En tourisme, c'est un pays charmant, avec des gens qui le sont tout autant. S'y installer, c'est une autre paire de manches.

     

    Vous le savez, cette rubrique s'appelle le Thon Libre. J'assume mes propos, les revendique, et les justifie par mon expérience personnelle ainsi que celle de Poopsy. Certains diront qu'ils ne reflètent en rien la réalité. Peut-être n'est-ce que ma vérité, et à ces gens-là, je leur réponds, que c'est la seule qui m'importe.

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    1. Ouah bon article .....il est,des propos qu'il est important de dire et de souligner
      Un vrai coup gueule salutaire

      P'pa !

    2. Très intéressant .. Quand on vois le pavé , on se dit : " Oula c'est quoi ça ><
      Beaucoup de sites racontent de la gnognotte :008

      Fin bon , félicitation , c'est très bien écrit tout ça ..

    3. Y'a des phrases qui ont disparus ..

      Je disais " Très intéressant .. Quand on vois le pavé , on se dit : " Oula c'est quoi ça >< Mais il vaut la peine d'être lu , vraiment !

      Moi qui avait encore un infime espoir de pouvoir bosser un jour au Japon , c'est bien peine perdue xD
      Beaucoup de sites racontent de la gnognotte :008
      Fin bon , félicitation , c'est très bien écrit tout ça ..Et merci de nous éclairer autant ! :060

    4. 18/20 pour ton exposé ! :smill2
      La conclusion aurait mérité cependant un remaniement léger pour approfondir le sujet mais l'ensemble est correct. Du coup, je vais peut-être mettre encore un peu de coté avant de tenter l'aventure même s'il est probable que mon secteur d'activité soit plus propice à l'embauche. :sad

      Petit 1, grand A
      Le Japon c'est un peu comme... les Galápagos, de petites îles perdues dans le Pacifique, là où Darwin constata à partir de ses observations son étude sur l'évolution et la sélection naturelle. Le Japon, c'est vraiment un endroit coupé du monde qui a suivi sa propre voie, adaptée à des conditions singulières. On le constate pour le mobile, le jeux vidéo, l'éducation...
      Moi, si j'aime le Japon, c'est avant tout parce que c'est une exception culturelle intéressante. Même s'il doit garder ses défauts, je souhaiterais qu’il ne perde pas ses particularités qui le rendent si attirant et attachant. C'est pour ça, aussi que tu as décidé de tenter ta chance alors ne te plains pas.

      Petit V, grand 3
      Je sais bien que tu goûtes chaque instant de ta vie au Japon mais n'imagine pas avoir plus de fortune sur ces quelques "détails" même à des milliers de km de Paris. Elles resteront toujours des administrations françaises après tout ! :winkk

      Considérons ensemble la situation. Le constat que tu fait de ta condition est comparable à des milliers de personnes vivant... en France ! Administrations passéistes, lentes et souvent submergées par la fainéantise ou la bureaucratie. Méritocratie balayée par un népotisme consternant mais accepté, conditions spécifiques que l'on accorde aux étrangers en France, renfermement nationaliste, racisme latent...

      Et tu connais mes déboires avec cette "grande institution" qui n'a jamais fait sa révolution et qui n'est pas prête de changer !

    5. Salut,

      Pour avoir fait le test dans plusieurs pays dont le Japon, je suis moi aussi choqué par les représentations françaises à l’étranger.

      Mais en fait, il faut bien comprendre qu’elles représentent la France et pas nous !!!
      Elles vous ouvrirons les bras lorsque vous apporterez un plus tangible a la grande France.
      Jusque la, circulez, il n’y a rien a voir !!!

      Pour le reste, je conseille de pousser, mordre, tricher, voler, crier…..
      En un mot, votre seule arme sera VOUS !!!
      Oublier que vous avez un diplôme moins bon ou moins classé.
      Cultiver une différence personnelle, en rapport ou non avec la France ou vos études.

      La relative uniformité japonaise appelle à la différence sous-jacente.
      Entre simplicité chic et rigueur monacale, a vous de trouver le truc en plus selon votre secteur d’activité.

      Pour nos amis avocats, j’imagine que le look est toujours le truc à bosser comme à mon époque.

      N'oubliez pas également que les vieux Français du Japon voient passer des centaines de frenchy et que seul deux ou trois resteront et pas forcement les plus fréquentables...

      Trouver de vrai amis est le plus important.

    6. Chouette je suis pas le seul à trouver que les francais sont des gros crevards entre eux à l'étranger 😀

      En meme temps y'a pas vraiment besoin d'aller à l'etranger pour le constater, les francais en France c'est quand même souvent chacun pour sa gueule, moi d'abord les autres après.

      Bref sinon pour la partie sur le travail je suis pas vraiment d'accord à 100%.
      Un ami est arrivé il y a 1 mois au Japon sans vraiment de diplome à part une licence de japonais (le truc qui sert a rien quoi) et il a trouvé du boulot déjà. Je pense qu'il doit y avoir une grosse difference entre chercher du travail au japon en etant "qualifié, diplomé" et donc dans un domaine bien particulier et en lien avec ses qualifications, plutot qu'en chercher à l'arrache sans avoir aucune qualification a la base; hormis de parler le japonais.

      En tout cas pour rien au monde je ne souhaite retourner en France...

    7. @Alex,
      Entièrement d'accord avec ton témoignage sur le boulot au Japon. Trouver un petit boulot à partir du moment où l'on parle parfaitement japonais, c'est pas très difficile. :smi En revanche, en trouver un plus qualifié, et en adéquation avec ses compétences, qui plus est quand on ne parle qu'un japonais courant, c'est mission quasi-impossible. Il faut alors se rediriger vers les boîtes anglo-saxonnes (anglaises, US ou australiennes. Elles, recrutent, pour un peu qu'on soit bilingue en anglais quand même... :wink Les boîtes françaises ne recrutent pas (hormis dans l'IT et le web design), elles distribuent des postes aux meilleurs pedigrees en espérant un retour sur investissement... :angg

    8. @Gerald,
      Merci pour ce commentaire plein d'à-propos.
      Je ne dénonce pas véritablement le piston, qui existe partout, et après tout, quoi de plus normal de favoriser ses enfants ou ses amis. Ce que je n'admets pas, et j'ai rencontré cette année une demi-douzaine de cas de ce genre, c'est de favoriser des "fils de" médiocres, en échec scolaire en Europe, en leur offrant des postes doublement payés, par rapport au marché français, juste parce qu'ils sont les progénitures d'untel ou les neveux d'une telle. Et c'est là à mon sens que la France se marche sur la tête. En donnant des primes à la médiocrité, et en se passant du même coup d'éléments compétents ayant déjà fait leurs preuves, les entreprises françaises ne s'en sortent pas grandies... Après je n'ai même pas souhaité évoquer le cas des institutions officielles françaises à l'étranger, vous l'avez parfaitement résumé en une seule phrase...

    9. Bravo pur cet article plein de bon sens et de réalité, le gros problème c'est la meme chose en France, je rejoins le commentaire de Gerald sur le fait qu'il faut se démarquer sans tenir compte des autres avoir ce petit plus qui fait la différence. A toi de le trouver!!!!

    10. excellent article c'est la première fois que je vois un article aussi bien construit et qui montre les problèmes de la France AVEC DE VRAIS ARGUMENTS !!!
      Mais faut dire qu'on a un gouvernement qui se casse la gueule !
      Sinon le coût des mes études au Japon n'est pas donné . J'ai fait des calculs ça me fait 16500€ =(

    11. Au moins ça a le mérite d'être clair.

      J'ai fait le même constat en Lettonie...avec la corruption en plus

      En tout cas bravo pour ton blog et ton engagement

      NB : Joyeux Noël

    12. @Vincent,
      Tu peux imaginer qu'ici à l'Ile Maurice, une île où l'on parle Français... les rejetons des uns et des autres ont le même régime de faveur; exemple un des fils Sarko, celui qui ne voulait pas être médiatisé et qui produit du rap était dans un journal local, invité par l'office du tourisme dans un 5 etoiles...
      Dans le meme temps, tu peux croiser dans des réunions des petits jeunes aux noms familiers...

      De mon expérience du japon, je me souviens d'une différence d'accueil énorme entre Tokyo et Osaka.
      Et plus les villes étaient petites plus l'accueil était bon!!
      Tenter un passage en province pour mieux revenir sur Tokyo???
      Pas facile...
      Moi, j'avais trouvé mes marques plus facilement a Osaka, mais il y a 15 ans alors...

      Merci encore pour ton blog rempli de joie!
      Mais un petit poste comme celui la a le mérite de montrer les aspects récurant de l'immigration des Français en général.

      Super!!!

    13. Merci pour ce post 😉 J'ai bien aimé la partie historique (ES oblige :smi ).
      Je savais que c'était dur de s'installer au japon. Par contre je ne savais pas que les "anciens" sont des gros "crevards"...

      +1 pour tes critiques sur l'Éducation Française...Tout est un problème de mentalité, et ça se ressent partout. Suffi de voir les trains qui sont bien dégradés, notamment les siège...Ce que je comprendrais jamais... ;003

      Merci pour ce post, ça me ferra une idée de comment s'installer au Japon ^^

    14. Oula, ca sent le vécu le petit paragraphe sur les "anciens français du Japon". Bon, je suis assez d'accord, mais pas pour une si grosse proportion. Je dirais que c'est 60/40 (j'ai du faire de bonnes rencontres ^^ mais dans mon "milieu", les arts martiaux, les gens sont un peu... spéciaux !"

      Je suis globalement assez d'accord... A une petite nuance prête. Je suis arrivé au Japon il y a presque 6 ans, et je suis entre le statut "aventurier" et celui de "vieux français du Japon". Je suis marié, bientôt papa, et j'ai monté une entreprise ici qui commence à bien tourner. Et, "non non pas frapper", je me suis fait tout seul (et je sais ce que c'est qu'd'en chier) ! Alors non, j'envois pas chier les gens qui me demande un coup de main, mais le coup de main restera limité... Et pas parce que je me suis fait tout seul, mais parce que les français (les latins en général) ne sont pas fiables. On leur propose des trucs, on les introduits quelque part, et on se retrouve entubé au final (mauvais comportement, promesses non tenues, etc...). Au Japon, faire bénéficier de son réseau, c'est aussi prendre la responsabilité auprès des personnes de ce réseau de la personne qu'on introduit. Et on m'a déjà fait passé pour un con deux ou trois fois, ça suffit pour mettre un frein à mes élans de générosité !

      Je pense que lorsqu'on se décide à venir au Japon, il faut accepter les difficultés. Le Japon est effectivement un pays très difficile à pénétrer, on y arrive ou pas... la chance ayant bien entendu son rôle à jouer, c'est la vie. Que ce soit en France ou au Japon, de toute façon, on ne peut pas compter sur les français, ça, ça ne change pas grand chose... Le problème, c'est qu'on ne peut pas compter non plus sur les japonais. Toujours à sourire par devant, avec un discours de façade (tatemae) très polis et engageant, et par derrière, ça te poignarde dans le dos à la première occasion. C'est comme ça, il faut se battre, bien gérer le stress, accepter de vivre avec pas grand chose, et surtout, mais surtout, il faut avoir une passion, un point de chute, quelque chose à quoi se raccrocher dans les périodes difficiles (pour moi, vous l'aurez compris, c'est les arts martiaux), sinon, c'est la dépression, et le retour au pays immédiat !

      Enfin, soyons honnête, le Japon, c'est pas le paradis non plus, les japonais sont difficiles à aborder (amitié), la vie reste très cher, les boulots mal payés (même ce qui apparaît être un bon boulot payé 3000€/mois est finalement mal payé lorsqu'on compte le nombre d'heures plus ou moins directement consacré à l'entreprise). La scolarité d'un enfant coûte un bras, les japonais sont en général pas très cultivé, ne s’intéresse pas à grand chose, assez souvent alcoolique, et n'ont pas de vie de famille... (je force le trait aussi, volontairement...). Les diplômes japonais ne valent par ailleurs pas grand chose non plus à l'étrangers tant le système éducatif japonais est ethnocentré ! Combien de fois entend t'on "Nippon, Nihon, Nihonjin,... dans une journée ? que ce soit à la télé ou en conversation avec qqun... même entre japonais... Pour eux (comme pour nous), le Japonais est unique il ne peut pas être compris des étrangers et il a aussi du mal à comprendre les étrangers.
      Une fois qu'on à bien saisi tout ça, on vit avec, et on apprend à profiter des bons cotés tout en sachant que, même après 30 ans de Japon, on sera toujours vu comme un gros américain par les gens qui ne nous connaissent pas...

      Et j'aime le Japon, je suis très heureux là ou je suis, j'adore mon boulot, ma femme, et ma vie... non faut le préciser quand même, parce qu'après mon post, on pourrait en douter 😀

    15. Merci Betsumei d'aussi bien résumé le Japon! Je n'aurais pas trouvé mieux, c'est exactement ce que je ressent, et en général quand je dis ca a des gens on m'envoi chier en me disant que si j'aime pas le japon j'ai qu'a rentré chez moi (le japon tu l'aime ou tu le quitte ?! haha). Cela dit, j'adore ce pays et ne souhaite absolument pas rentré en France. Mais c'est vrai qu'en vivant ici on a vraiment l'impression que la terre c'est le Japon et des gaijins autour 😀

      Trop de gens idéalise à tort ce pays (et les japonais). Et c'est vrai que trouver des japonais cultivés (et mes standard sont très bas car je suis pas un puit de science lol) et qui s'intéresse à un minimum de chose en dehors des fringues/coupes de cheveux et boire de la bière c'est pas une mince affaire.

    16. Bonjour Vincent, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire vos articles que je trouve franchement bien argumentés dont le ton est plaisant et la lecture agréable! Je n'ai passé que quelques jours à Tokyo l'année dernière mais me remémore au travers de vos écrits certains faits assez caractéristiques de cette civilisation! En réaction a votre article concernant la reconnaissance d'un diplôme FRANCAIS, ne serait-il pas envisageable de vous préparer à une telle formation puisque votre désir est grand ainsi que votre motivation a vous y établir! Il serait dommage d' y renoncer et si je puis oser cette remarque, je vous dirais de ne jamais renoncer. Cher Vincent, recevez mes amitiés.

    17. Non mais en même temps quelle idée de vouloir rencontrer ses compatriotes au Japon ? J'ai appris très vite à éviter les expats et les mecs venus en visa vacances-travail uniquement dans le but de "rencontrer des japonaises".

      Quand aux français présents au Japon depuis longtemps à éviter aussi, je sais plus sur quel forum j'avais lu une discussion entre français présents au Japon depuis 15 ou 20 ans qui n'étaient pas très content de voir autant de français débarquer pour tenter leur chance. Bonjour l'ambiance.

      Le Japon c'est comme ça, un pays extrêmement fermé, faut mieux s'y préparer avant de venir sinon ça fait mal.

    18. Nan mais faut pas tomber dans des radicalités extrèmes non plus...Meme si la plupart des francais que j'ai rencontré ici était des gros cons j'en ai rencontré de très sympa aussi. Après ceux qui viennent uniquement pour rencontrer des japonaises ca les regarde, je vois pas en quoi ca devrait etre un probleme ou quelque chose de reprochable.

      Si vous voulez rencontrer des francais sympa au japon éloignez vous de tokyo. (sisi au dela de tokyo c'est toujours le japon ^^) Les francais que j'ai pu rencontrer à Aomori ou sur kyushu était incroyablement adorable.

      Et sinon pour le "quelle idée de vouloir rencontrer ses compatriotes au Japon ?" j'ai même pas envie de répondre...

    19. Très instructif, tant l'article que les commentaires. Pour moi qui suis actuellement à Singapour pour 6 mois en visa ... WHP (équivalent du vacance-travail français - Work Holiday Pass), et qui envisage de poursuivre par le Japon plus tard, tout cela confirme ma volonté première de ne pas m'installer à Tokyo... :smi par contre le visa c'est pas moi qui l'ai choisi, c'est mon patron :p patron français, résidant permanent à Singapour, très sympa, par ailleurs - comme tous les français que j'ai pu rencontrer jusqu'à présent.
      Etant prof de français, je tenais à relativiser l'image que les asiatiques en général ont de nous... car pour ceux que je croisent, ceux qui apprennent le français, ils adorent ^^ Bon, à près viendra le temps de la désillusion. Sauf s'ils restent très peu de temps.

      J'en profite pour faire appel aux réseaux... si jamais quelqu'un connait des écoles de français au japon où ils embauchent des natifs, je suis intéressé ^^ haha

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