• Bienvenue au Gaijin Cafe de DozoDomo ! Retrouvons-nous le second samedi de chaque mois, afin de traiter d'un sujet sur la vie d'expatrié au Japon, autour d'une tasse de café ou de macha latte.

    #6 - Pourquoi on est tous un peu responsables de la mauvaise image des gaijins

    samedi 10 mai 2014 / Amandine Coyard

    Sans parler de racisme et juste en abordant les différences culturelles entre les japonais et les expatriés ou touristes, il est indéniable que quelquefois être étranger au Japon signifie devoir lutter contre certains stéréotypes. Il existe un lieu commun ici, qui dit que si un gaijin emmenage dans l'appartement attenant à celui d'un japonais il y a de grandes chances que celui-ci démenage. Sans avoir été personnellement témoin du phénomène, il n'est pas rare de lire ou d'entendre des histoires du genre. Extravagant, impoli, pas ponctuel pour un sou, infidèle et indécis, même si la France a bonne presse le français ne l'a pas en toute situation. Petit tour d'horizon dans la chronique du jour sur les petits quelques choses qui font que tout un chacun est un peu responsable de cette image.

    Être touriste au Japon

    Qui n'a jamais entendu les parisiens se plaindre des touristes ? Ceux qui ne laissent pas assez de place dans l'escalator, qui les arrêtent dans la rue pour demander leur chemin alors qu'ils ont trois minutes pour attraper le bon RER, ceux qui prennent des photos de tout et n'importe quoi et s'arrêtent en plein milieu d'une rue pour regarder un détail sur un bâtiment Haussmanien ou qui dévalisent les Galeries Lafayettes. Ils n'agacent pas tout le monde, évidemment, mais l'image acquise des touristes est majoritairement péjorative.

    Prenons la situation inverse. Shinjuku, plus grande gare du monde en termes de trafic avec ses plus de 3 millions d'usagers quotidiens, ses files bien définies au sol, ses queues devant les wagons parfaitement droites et ses horaires respectés à la seconde près. Puis voilà le touriste, l'étranger qui découvre le Japon pour la première fois, sort d'un vol particulièrement long et se lance dans l'arêne avec la peur de l'inconnu mêlée à la joie de la découverte. Au bout de quelque pas seulement, il perturbera sans doute la fourmilière bien rôdé en faisant une pause pour chercher son chemin, en prenant la mauvaise file, se placant à contre-sens sans même comprendre que le couloir est coupé en deux. Cet étranger, sans vouloir mal, juste car il est néophyte agacera sans doute les japonais qui se trouveront sur son chemin. Un mauvais point pour les gaijins.

    Les expatriés au Japon

    Si vous êtes sensibilisés à la culture japonaise, vous devez avoir au minimum une idée des régles sociales et des coutumes du pays : le respect de l'autre notamment, est essentiel. Au restaurant, on ne rit pas à gorge déployée, on reste à sa table avec ses amis et on évite les esclandres. Imaginons une table, au hasard des français, qui se retrouve pour une soirée dans ce qui pourrait ressembler à un bar comme chez nous, un izakaya : on parle, on rit, on aime le contact et on ira volontiers chercher à engager la conversation avec des gens qui nous paraissent sympathiques. Si un jour, ces français boivent un peu trop jusqu'à en oublier les conventions nippones ou simplement agissent par ignorance de celles-ci, les japonais concernés pourraient se sentir mal à l'aise sans toutefois l'exprimer de manière directe. Un autre mauvais point pour les gaijins.

    Autre situation, une banque, une mairie ou n'importe quel autre bâtiment abritant un service administratif essentiel dans votre vie japonaise. Vous venez d'arriver et votre japonais est un peu rouillé ou en cours d'aprentissage, et lorsque votre tour arrive vous constatez que l'employé en face de vous ne parle que japonais (même si le comptoir est spécialement dédié aux étrangers). Des mots compliqués sont utilisés, le vocabulaire vous manque en japonais et l'employé refuse d'employer l'anglais, de l'argent est en jeu donc vous voulez bien faire, personne ne se comprend et vous finissez par tentez de vous exprimer en anglais, pour constater avec effarement que l'employé en question comprend parfaitement l'anglais ! Et pourquoi pas par dessus vous refuse votre demande sous prétexte que c'est comme ça, et que même si c'est techniquement possible et intelligent, ce sont les règles. Beaucoup de gens commencent à perdre leur sang-froid à ce moment-là, devant tant de temps perdu et d'incompréhension inutile : résultat, on devient sec, plus à cran voire on s'énerve devant ce non-sens. Nouveau mauvais point pour les gaijins.

    Tout ça pour dire...

    Nous pourrions lister ce genre de situation indéfiniment, et dans chacune personne n'aura raison ou a tort. Le fait est que tout le monde, que cela soit au Japon ou ailleurs, fera des erreurs qui seront jaugées et jugées par les personnes autour de vous, et ce genre de perception ne dépendra pas de vous. Loin de dire que tous les japonais trouvent que les étrangers sont des cafards plus importunants que les gokiburi, le but aujourd'hui était plutôt de vous donner un peu de recul sur certains comportements peu amicaux que l'on peut rencontrer au Japon, le plus souvent dans la vie quotidienne. Et sans être pessimiste, nous vous avons aussi montré qu'il n'y a pas que les pires d'entre nous qui agacent les japonais mais bien chacun de nous un jour ou l'autre. Il est indéniable que pour la plupart nous sommes physiquement reconnaissables ou simplement lorsque nous nous exprimons, ainsi le comportement d'un ira nourrir le stéréotype de tous. Nous avons tous le choix de tenter d'intégrer les conventions sociales de notre pays d'accueil ou de se contenter d'appliquer celles qui nous semblent appropriées, mais certains agissent mal également sans le savoir et leur tendre la main peut également être une option.

    Il n'y donc pas de solution miracle, mais la prochaine fois qu'un japonais vous regarde de travers, vous insulte ou que par flemme vous vous apprétez à commettre volontairement un impair social, réflechissez-y bien car vous êtes un gaijin parmi les gaijins.

    Partagez

    Commentez

    1. le problème reste le même, une fois les stéréotypes implanté, ceux ci sont extrêmement difficile à évité ou à ignoré, et peu importe la ville, la région ou même encore le pays le réelle problème et que généralement les gens font d'un cas une généralité, et donc même en voulant bien faire, on ne pourra jamais être traité comme on est réellement.
      Et pour cela il faut remercier nos prédécesseur ayant été touristes avant nous, et n'ayant pas forcément fait le nécessaire pour respect les règles et coutumes des lieux dans les quels ils se trouvaient..

      pour régler ce problème il faudrait que tout les "Gaijins" fassent un effort, seulement on préfère souvent penser pour soi que pour les autres, donc la situations ne risque pas de s'arranger de si tôt ....

      • Tout à fait, et ce n'est pas inhérent aux étrangers au Japon ou ailleurs...Toutes les minorités ont eu, ont ou auront ce problème. On peut aussi parler d'écologie...Si on veut rompre ces cycles, il faut que des individus montrent l'exemple ou qu'une génération entière ait une prise de conscience pour changer enfin de comportement et bénéficier à défaut d'elle-même, à ceux qui suivront leur pas.
        Chacun fait son choix !

    2. Je viens de tomber sur cet article alors que j'étais en train (disons récemment) d'avoir des pensées tournant autour du gaijin smash et des préjugés sur les étrangers. Si un japonais se comporte de telle ou telle manière (offensante, désagréable ou simplement contre les us sociaux nippons), il sera mal vu, considéré comme malpoli. Mais si un étranger le fait (par maladresse, manque de connaissance, ou même sciemment d'ailleurs) ... "ah les gaijins sont tous ...". Hop. Tous dans le même sac, on emballe, on tamponne et ça devient immuable /o/.

    Vous devez vous identifier ou vous inscrire pour ajouter un commentaire.