Bienvenue au Gaijin Cafe de DozoDomo ! Retrouvons-nous le second samedi de chaque mois, afin de traiter d'un sujet sur la vie d'expatrié au Japon, autour d'une tasse de café ou de macha latte.

#3 - Un des moyens pour partir : le Working Holiday

samedi 8 mars 2014 / Amandine Coyard

Le visa Working Holiday (ou Visa vacances-travail de son petit nom de chenapan) est un visa très méconnu bien qu'avantageux sur bien des points. Il permet de rester durant une période généralement d'un an sur le territoire d'un pays signataire d'une convention dans un but "touristique", avec une autorisation de travailler. Les conditions sont bien évidemment légèrement différentes d'un pays à l'autre, et la liste de ces signataires est longue : Taïwan, Royaume-uni, Danemark, Corée du Sud, Chili, Canada, et bien d'autres mais surtout : Japon.

Aujourd'hui, nous nous pencherons donc sur deux questions assez basiques : qu'est ce que le Working Holiday au regard du Japon et comment l'obtenir ?
Une définition assez succinte est disponible sur le site de l'ambassade du Japon en France, le but de ce visa étant de "passer des vacances avec la possibilité d’occuper un emploi susceptible de compléter les moyens financiers dont [les bénéficiaires] disposent."

Comme toutes les demandes de visa pour le Japon, votre présence est obligatoire lors de la demande et se doit d'être faite le matin lors des heures d'ouvertures. Les conditions d'obtentions sont relativement simples :
Le demandeur doit avoir entre 18 et 30 ans au moment du dépôt de demande, et avoir l'intention de se conformer aux termes de l'accord bilatéral Japon-France.
Il ne doit pas être accompagné d'enfant et ne jamais avoir bénéficié de ce même visa avec le Japon.
Il doit présenter une preuve qu'il dispose d'au moins 4,500 euros, ou 3,100 euros et un billet d'avion aller-retour avec retour modifiable.

C'est tout !

Le demandeur doit évidemment également fournir une certaine liste de documents attestant de sa motivation et des conditions sus-citées : un passeport (en cours de validité, c'est mieux pour prendre l'avion), un formulaire de demande de visa imprimable à partir du site de l'ambassade, une photographie d'identité, un justificatif financier à son nom, une lettre détaillant l'origine de l'intérêt pour le pays, un programme détaillant le contenu du séjour (logement, visites, travail envisagé sur place), un curriculum vitae et une attestation médicale datant de moins d'un mois.

Comme vous pouvez le voir, obtenir ce visa n'est pas impossible et malgré cela il se dit que les quotas attribués ne sont jamais épuisés. Une des raisons de ce peu d'engouement relève évidemment de la communication quasi nulle sur l'existence d'un tel procédé en France, une autre tient de la peur de se lancer dans l'aventure d'une vie sans être bilingue ou avoir des informations concrètes sur la vie quotidienne et les démarches à entamer.

Les conseils de l'équipe

Plusieurs membres de l'équipe sont passés par cette étape et nous partageons avec vous les conseils que nous n'avions pas eu et que nous aurions peut-être aimé avoir.

Deux écoles avant de remplir votre dossier : vous allez vous plier aux termes du visa et construire un projet autour de celui-ci que cela soit pour votre avenir professionnel ou plus personnel, et vous serez honnêtes. Ou bien vous voulez juste partir un an au Japon et un des termes vous manque, peu importe, vous passerez au-dessus. Sachez d'ores et déjà que nous n'allons pas vous encourager ni aider pour la seconde option, principalement car une grande partie des échecs lors du Working Holiday et des retours brusques au pays proviennent de ces personnes.

Le curriculum vitae (format à télécharger sur le site de l'ambassade) et le certificat médical, en prenant en compte que si vous voulez partir c'est que votre santé vous y autorise, ne devraient pas vous poser de problème. En théorie.

Obtenir le minimum financier demandé est évidemment une condition essentielle mais avoir plus ne peut que vous être bénéfique. Cette somme sert à prouver au gouvernement japonais que vous allez pouvoir subvenir à vos besoins (rappelons que c'est un visa de tourisme) et pouvoir rentrer en France après. L'idéal reste donc de partir avec un coussin financier important afin de pouvoir "survivre" et ce même si vous ne trouvez pas d'emploi ou tout du moins fixe. La valeur de cette somme va dépendre de beaucoup de facteurs y compris votre capacité à vous adapter à la nourriture locale ou le taux en cours du Yen. Un taux actuellement avantageux en passant, très avantageux.
Même chose sur le papier, plus vous avez de réserves, mieux c'est notamment en terme de dossier sérieux et solide. Profitons-en pour balayer un préjugé assez tenace : vivre au Japon n'est pas cher, vivre au Japon en gardant vos habitudes alimentaires et de vie est cher. Et la capitale est plus chère que le reste du Japon. Ce pays regorge de magasins d'occasion, de nourriture de bonne facture peu chère et de bons plans divers et variés. Les réseaux d'étrangers seront vos amis.

N'oubliez également pas que comme en France les premières semaines seront les plus onéreuses surtout si vous louez un logement, et qu'on paye souvent cash.

Concernant la lettre de motivation, elle relève elle aussi d'une formalité. Mais si vous avez des difficultés avec le français écrit, faites vous relire par quelqu'un, ne serait-ce que pour faire plus sérieux et montrer que vous êtes motivés à avoir le visa. Internet regorge d'exemples qu'on ne saurait peut-être pas vous conseiller mais qui apparemment suffisent, retenez l'essentiel : expliquer pourquoi vous voulez partir, exposez vos projets sur place et après, montrez que vous en avez sans tomber dans la caricature. Mais surtout, soyez réaliste. Et ne perdez pas de vue que c'est un visa vacances-travail, et non pas de travail.

Vient la partie la plus sensible du dossier : le programme de séjour. Le premier but est de voir si vous êtes capables de prévoir comment vous allez subvenir à vos besoins, ce que vous allez faire de vos journées et la cohérence de votre projet, le second étant de vérifier que dans votre tête le travail n'ira pas prendre le pas sur le tourisme. Un programme présentant plus de 35 heures de travail par semaine sere d'emblée refusé. De même qu'un programme ne présentant aucune visite. Logements, prix de ces logements, emploi et heures de travail prévus, mais aussi visites, loisirs, cours éventuels de langues doivent figurer sur le plan. Le mot-clé que j'ai entendu lors de mon passage à l'ambassade était bien "projet", que l'employée répétait à toutes les personnes qui se voyaient refuser leur dossier pour les raisons évoquées plus haut.

Si vous remplissez toutes les conditions que nous vous avons listées, il se peut que votre dossier soit accepté du premier coup sans jamais rien réécrire. L'employé de l'ambassade se contentera de vous poser deux ou trois questions pour éclaircir certains sujets ou vous tester sur votre propre dossier ou motivation, et fera passer à son supérieur qui rendra la jugement final quand elle estimera qu'il est complet. La chose assez étrange de ce déroulé est en effet qu'on vous laissera à loisir modifier votre dossier sur place pour qu'il puisse être accepté, sans qu'apparemment ça ne pèse trop dans la balance si vous réussissez à vous conformer aux règles.

Vous pouvez retrouver les conseils de Branwen sur son blog concernant le visa Working Holiday, et l'élaboration de votre budget.

Vous avez des questions, besoin d'éclairages sur ce sujet en particulier ? Laissez nous un commentaire et nous y répondrons.

Dôzo, comme disent les japonais.