• Bienvenue au Gaijin Cafe de DozoDomo ! Retrouvons-nous le second samedi de chaque mois, afin de traiter d'un sujet sur la vie d'expatrié au Japon, autour d'une tasse de café ou de macha latte.

    #27 - Le Japon est un pays écologique, vraiment ?

    samedi 11 avril 2015 / Amandine Coyard

    Le Japon, depuis longtemps, traîne avec lui une réputation de pays écologique. Même si cette affirmation a pris un coup dans l'aile depuis mars 2011, on voit souvent fleurir sur la bouche des gens cette phrase "Le Japon est un pays écologique". Et pour cause, les accords limitant les émissions de gaz à effets de serre ne s’appellent pas Protocole de Kyoto pour rien !  Une rapide recherche dans votre moteur favori vous apprendra très vite que dire que le Japon est un pays écologique n'est pas un mensonge non plus, vous apprendrez qu'il est un exemple en terme de géothermie, que les véhicules électriques sont de plus en plus favorisés ou encore qu'il existe plus de bornes électriques que de stations essences dans le pays. D'un autre côté les religions bouddhistes ou shintoïstes prônent un respect de la nature, une vie en communauté et l'on voit souvent de magnifiques photos où un temple ou une maison s'est adapté à la nature plutôt que l'inverse. Vous pouvez lire ce rapport en ligne très intéressant sur le rapport des religions principales japonaises à la nature et notamment aux arbres pour en apprendre un peu plus. Autres références bien connues, celle de la filmographie Ghibli qui personnifie souvent la nature et la fait s'exprimer clairement.

    Comment au regard de ces éléments penser une seule seconde que le Japon pourrait quelquefois avoir encore beaucoup d'efforts à faire dans le domaine de l'écologie ? Sans arriver au Japon avec une idée de pays blanc comme neige dans le domaine du respect de la nature, j'ai été néanmoins très surprise de constater quelques comportements quotidiens qui aux yeux d'une française paraissaient d'un autre âge lorsque l'on parle d'écologie.

    Les emballages plastiques

    Partout, tout le temps et pour n'importe quelle raison.

    Alors que les sacs plastiques ont été bannis en France depuis quelques années déjà, les magasins japonais et surtout les konbini ne semblent absolument pas se soucier du nombre de sacs plastiques qu'ils lâchent dans la nature. Certes, acheter son repas au konbini inclus souvent de devoir le conserver et balader sur soi étant donné qu'il n'y a pas de poubelles dans la rue mais était-il vraiment nécessaire de séparer le chaud du froid ou d'emballer une brique de lait ? C'est systématique, acheter quelque chose dans un konbini et il sera souvent emballé avant même que vous ne puissiez dire ouf. Le réflexe écologique ? "Ça ira très bien sans sac", vous risquez de choquer votre interlocuteur mais il y survivra.

    Les supermarchés ne sont pas en reste, puisque vos denrées de type viandes, poissons, tofu ou certains légumes seront emballés séparément du reste des aliments.

    L'un dans l'autre, il est vrai que pour sortir vos poubelles comme il faut, il est nécessaire d'avoir des sacs plastiques à la maison mais on les épuise beaucoup moins qu'ils ne se retrouvent entre vos mains. Et les retrouver éparpillés en pleine nature n'est sûrement pas la solution la plus écologique qui soit.

    Les baguettes waribashi-割り箸

    Les waribashi sont les baguettes en bois à séparer, de type jetable. Inutile, dès lors, d'avoir un doctorat en environnement pour se douter que ce n'est pas la solution la moins polluante. Et effectivement, les baguettes jetables sont un véritable problème de société au Japon. À tel point qu'une opération My Hashi a été lancée pour sensibiliser les Japonais à ce problème et les encourager à emmener leur propre paire de baguettes avec eux.

    Les Japonais consommeraient 200 paires de baguettes par an et par personne, comment en arrive-t-on là ? Les restaurants d'abord, qui tendent à proposer plus de waribashi que de baguettes durables, les konbini et les supermarchés, encore une fois, qui à chaque fois que vous prendrez un plat tout prêt vous fourniront les baguettes voire la cuillère ou fourchette en plastique pour le déguster sur place. Sans compter que lors d'un hanami ou même un repas entre amis, les couvertes jetables sont souvent de la partie !

    La surconsommation

    Qui s'exprime de bien des façons, et certains vous le diront : ils n'ont jamais autant mis la main au portefeuille qu'au Japon. La multitude de magasins en tous genres qui parsèment le Japon, déjà, avec la possibilité d'acheter n'importe quoi à n'importe quelle heure. Couplé à une tendance à jeter un objet cassé plutôt de le réparer, et vous obtenez un turn-over incroyable en matière d'électroménager ou de vélos par exemple. Les cimetières de vélos, ce mal méconnu du Japon.

    vélosjapon

    Vélos extraits du lac dans le parc Inokashira, où se trouve également le musée Ghibli. Notez l'ironie@姉はVIPPER

    Deux fois par an, mon entreprise organise une collecte des vélos "abandonnés" du campus. Si quelqu'un peut m'expliquer comment on arrive au travail à vélo mais qu'on l'abandonne aussi sec sur place, ça m'intéresse ! Ce fléau est national, près des parcs, quelquefois des magasins et même dans les parkings payants, il existe des vélos tout simplement abandonnés dans beaucoup d'endroits au Japon. Tant d'orphelins, ça me fend le cœur.

    Les maisons isolées en carton

    S’asseoir à côté d'une fenêtre et sentir le vent comme si vous étiez dehors est votre rêve ? Rendez-vous au Japon où les anciens appartement sont isolés avec du polystyrène et où les vitres laissent apparaître un jour. Autant dire que la différence de température à l'extérieur et à l'intérieur n'est pas énorme et c'est à la douce température de 6 degrés que j'ai pu me réveiller cet hiver. Vous pouvez évidemment chauffer votre logement grâce à l'air conditionné, et les Japonais n'hésitent pas à pousser à 25 voire plus le chauffage en hiver et descendre à 13 (c'est du vécu) en été. Des collègues m'ont confié avoir été obligé de venir avec un pull dans le panier du vélo au travail car il faisait trop froid dans les laboratoires alors qu'on frôlait les 30 degrés dehors... Le confort dans certains domaines, semble passer avant tout le reste pour certains Japonais.

    Heureusement, cette tendance à construire des maisons mal isolées semble s'étioler au fur et à mesure du temps et les bâtiments les plus neufs ont l'air, au minimum, retenir mieux la chaleur ou le frais. De même, la politique post-Fukushima a été d'inciter les Japonais à moins jouer avec la climatisation réversible en imposant pour certains des obligations. Plus tôt, en 2005, est apparu la campagne COOL BIZ encourageant les salary man à ne pas venir en veste de costume et cravate les chauds mois d'été... Objectif : réduire à terme les émissions de gaz à effet de serre. Et ça a fonctionné ! Selon un sondage édité en 2007, 43% des personnes interrogées ont augmenté la température de leur climatisation l'été de cette année. En 2011, c'est la campagne SUPER COOL BIZ qui entre en jeu pour soulager les consommations énergétiques alors que les centrales japonaises sont à l'arrêt. J'apprends également en rédigeant cet article l'existence du pendant hivernal de cette campagne : WARM BIZ, qui vous apprend entre autres que l'hiver il faut s'habiller chaudement.

    coolbiz

    Tableau extrait du rapport sur les effets de Cool Biz en 2007@Ministère de l’Écologie

    La liste des remarques de type "écologique" à adresser à la vie quotidienne japonaise est sans doute plus longue mais c'est ce qui m'a le plus sauté aux yeux en vivant ici. Il est évident que je ne prône pas que le Japon est un pays rempli de personnes qui se fichent bien de l'avenir et du réchauffement climatique mais force est de constater que l'on ne trouve pas forcément de "conscience écologique" telle qu'on peut la concevoir chez nous. Le gâchis alimentaire (les tables de tabehoudai sont rarement vides lorsque les convives quittent la table), l'usage excessif des instruments à usage unique ou encore le fait d'être en slip chez soi mais devant le radiateur à plein régime sont autant de choses qui pourraient paraître absurdes pour certains et totalement acceptables pour d'autres.

    Pour appuyer mes propos, je vous laisse jeter un œil à cette courte vidéo réalisée en 2010 :

    [vimeo]https://vimeo.com/9873910[/vimeo]

    Cette vidéo (dont une version anglaise existe) a fait le buzz lors de sa sortie et j'avoue m'être laissée avoir par la narration qui nous amène vers une conclusion déroutante. J'ai également été surprise d'apprendre que Kennichi y décrit son propre pays, qu'il qualifie lui-même de paradoxal et étrange dans ses comportements. La vidéo démontre aussi d'une certaine conscience et d'un accord sur beaucoup des reproches qui sont fait aux Japonais par les gaijin, et Kennichi cherche avant tout à faire réagir ses compatriotes et à les faire réfléchir sur certains points. Vous y retrouverez d'ailleurs certains sujets de la chronique illustrés.

    Le Japon s'illustre également, à l'opposé, comme un modèle dans certains domaines : le tri des déchets est une plaie mais il permet un meilleur traitement de ceux-ci. De même, c'est un pays "actif" d'un point de vue énergies renouvelables : beaucoup de soleil, du vent, de l'activité géothermique et des défis énergétiques à relever. C'est le nucléaire qui est au centre du débat actuellement au Japon mais pourtant des initiatives citoyennes ou gouvernementales voient régulièrement le jour mais c'est comme si en bas de cette pyramide il y avait un manque d'éducation en la matière ou de curiosité.

    Pour une analyse plus poussée sur l'écologie de manière générale au Japon, vous pouvez également lire les 3 chroniques de ce jeune expatrié membre du parti écologique français et son regard sur le pays. Il pointe notamment du doigt le fait qu'il n'existerait pas de parti écologique au Japon.

    La France ne peut pas non plus donner de leçons dans le domaine, mais on a souvent l'impression que le confort et le service sont au dessus de tout le reste au Japon comme dans les exemples sus-cités de restaurant ou de konbini : le client doit pouvoir consommer sans restrictions aucunes. On peut également rajouter à cet argumentaire la mentalité shô ga nai, on ne peut rien y faire, pour bien des conséquences de la pollution et des pratiques non-écologiques : "Le thon rouge est en danger ? Mince alors, tiens on en mangerait bien ce soir." A croire que le fait de ne pas en manger un soir, ne pourrait pas être bénéfique à cette cause. On pourrait relier ce genre d'attitude au phénomène de culture insulaire abordé dans le dernier Gaijin Cafe, comme si pour certains les problèmes d'écologie s'arrêtaient aux frontières du Japon.

     

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    1. Merci, j'ai bien ri.
      L'article de la parfaite petite bobo-écolo française qui n'a jamais étudier l'économie ni ces aspects écologiques et/ou sociaux et qui vient nous faire du Cécile Duflot (qui au passage, avec son DEA de géographie, place le Japon dans l'hémisphère sud : https://www.youtube.com/watch?v=k21PTiXAhe0)

      J'ai bien ri, mais je trouve quand même consternant ce genre d'articles.

      Amandine, si vous voulez sauver la planète 1) commencez par balancer l'ordinateur pollueur depuis lequel vous postez vos articles virulents, ordi plein de plastique dérivé du pétrole, gorgé de terres rares et de métaux lourds, résiliez aussi votre connexion internet gourmande en CO2 (data centers, serveurs) et 2) allez vivre dans une yourte, avec quelques peaux de chèvre pour vêtements et des baies sauvages comme repas.
      Vous serez ainsi en parfaite harmonie avec vos idées, donc cohérente avec vous-même et vos propos.

      Cordialement.

      PS : et dorénavant, évitez les konbini.

      • euh...virulent...vous ne devez pas beaucoup lire de presse protestataire.

        Soit...ce qui est mis en avant ici c'est un double discours (sur les japonais qui seraient très tournés vers la protection de leur environnement), et on montre aux gens qui ne peuvent pas se faire une idée juste du Japon car ils n'y vivent pas, une des facettes de la réalité.

        Alors pourquoi ce genre d’agressions réactionnaires ? (pour le coup c'est virulent justement, et insultant en plus) on peut critiquer des pratiques polluantes et agir sur celles-ci sans devoir se mettre à une vie d’ermite.

        Quant à connaitre l'économie, je ne suis pas spécialiste mais j'ai pas besoin de 10ans d'études pour comprendre qu'interdire les sacs plastiques ne fera pas s'écrouler l’économie d'un pays. Encore une fois, c'est un faux argument et attaque gratuite...si ce n'est pas cas développez s'il vous plait, sinon vous passerez pour de simples trolls rageux

      • Wow. Les commentaires de Kuing sont surprenants de bêtise, de méchanceté gratuite et de condescendance.
        On ne peut plus parler de problèmes environnementaux et/ou liés aux modes de consommation sans se faire appeler "bobo-écolo", c'est grotesque (voire trollesque).
        Revenant tout juste d'un long séjour au Japon, et avec mon regard de française, je partage absolument la surprise des quelques découvertes présentées dans l'article. Et pour en avoir discuté avec des japonais, oui le suremballage et le chauffage tout particulièrement sont de réels sujets.
        Heureusement les pouvoirs publics semblent vouloir orienter la population vers des pratiques plus en cohérence avec une volonté globale de moins polluer. Et il est fort à parier que la plupart de ces comportements finiront par disparaître.

    2. PS 2 : Amandine, fuyez le Japon et allez vivre en Corée du Nord, vous y trouverez votre paradis écologique. Là-bas, pas de consommation de thon rouge à profusion, pas de gourmands radiateurs/climatiseurs énergivores non plus, vous pourrez ainsi jouir du grand bénéfice de vos peaux de chèvre dont je fais mention dans le message au dessus.

    3. Dès le titre de l'article on devine le parti pris "Le Japon est un pays écologique, vraiment ?".
      Je rejoins KUING en disant que si comme la plupart des écolos français nourris à la soupe de la bienpensance et de la subvention étatique vous n'avez aucune notion d'économie, rester en France qui devient de jour en jour un pays ou les libertés se réduisent comme une peau de chagrin pour bientôt ressembler à une dictature collectiviste où il sera inconcevable de rester en slip chez soi devant le chauffage sans devoir faire pénitence en payant une amende.
      Je passe sur la fable réchauffiste du grande méchant CO2 et de la bigoterie bobo écolo qui consiste à distribuer des bons points et des bonnets d’âne à ceux qui s'écartent de la voie voulant nous conduire tous vers un monde meilleur ou plutôt vers le meilleur des mondes ( O brave new world.

    4. d'autant que le Tsunami c'est de la faute de Fukushima :gogo :018

    5. Avez-vous déjà été au Japon? Parce que ce qui est dit dans cet article est vrai. Énormément de gens ont une image quasi idyllique du pays surtout en terme d'écologie. Il y a beaucoup de bon mais aussi beaucoup de mauvais et de choses totalement absurdes. Cet article a été écrit pour démontrer que, OUI, le Japon est un pays polluant et un poil je-m'en-foutiste niveau écologie comme tant d'autres. Uniquement pour démonter une idée reçue. Et croyez moi, il y en a beaucoup...

    6. On croirait la description de ce qui se passe en France.
      Malgré le fait que l'on est banni les sacs plastiques, ils sont encore bien distribués dans de nombreux endroits, idem les emballages à foison même sur des produits AB que ce soit en grande surface ou dans des magasins plus ciblés (ce qui a le don de m'énerver, les décharges sauvages et j'en passe, la préservation des ressources? Même discours dans al bouche des gens même si la mode est à montrer une attitude écologique (qui ne porte d'ailleurs que le nom...)
      "On n'y peut rien" c'est universel.

      Bon chose positif pour l'article c'est qu'il rappelle que tout n'est pas rose au Japon.... 🙂

    7. Les Japonais sont très sensibles à l'écologie et agissent dans bien des domaines, même si certains sont encore difficiles à gérer... La technologie, c'est pareil, ils ont, par exemple, leurs washlets, wc électroniques ultramodernes alors que dans certaines campagnes il existe encore d'immondes fosses sceptiques avec un camion de vidange en service. Oui, nous savons tous que le Japon est un pays de contrastes ! :wink2

      Kansaijin
      http://lejapondekansaijin.over-blog.com/

      • Les washlets sont énergivore, en 2011 leur consommation électrique représentait autour de 1% de l'électricité du Japon mais surtout cela n'a rien à voir avec l'utilisation du tout à l'égout ou d'une fosse septique qui est un problème des infrastructures urbaines.

    8. Deepslv, ct juste un exemple de contraste pour illustrer mon idée... :att

      • Je vois pas pourquoi ct mal choisi. Il suffit de bien lire...

        Pour en revenir à l'idée de base en restant aux toilettes, les Japonais ont installé depuis longtemps le OTOHIME, ce petit gadget électrique au bruit grattant couvrant les sonorités "honteuses", afin d'éviter la surconsommation d'eau de la chasse utilsée dans ce but. Oui, je sais que tu vas dire que cet appareil consomme, certes, mais peu. Et en faisant la balance avec l'économie en eau, le résultat est positif. Voilà ct un peu d'écologie à la Japonaise, sur la ligne de la culture du pays. Dozodomo, un article sur l'écologie au Japon pour contrebalancer celui-là serait intéressant...

        Kansaijin
        http://lejapondekansaijin.over-blog.com/

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