• Bienvenue au Gaijin Cafe de DozoDomo ! Retrouvons-nous le second samedi de chaque mois, afin de traiter d'un sujet sur la vie d'expatrié au Japon, autour d'une tasse de café ou de macha latte.

    #20 - Chocs culturels du retour au pays

    samedi 27 décembre 2014 / Amandine Coyard

    Les vacances de fin d’année sont souvent synonymes d’un retour au pays pour les expatriés, lorsque cela est possible. Pour l’occasion DozoDomo vous propose un article un peu plus léger cette semaine : revenons ensemble sur les petits chocs culturels que j’ai pu ressentir lors d’un retour au pays après avoir passé un certain temps au Japon.

     

    1er contact avec la France : les employés et les transports en communs

    Comme souvent, le personnel de l’avion était aux petits soins avec un service tout à fait correct et le petit mot d’aurevoir toujours agréable. Douche froide dès l’arrivée dans l’aéroport face aux employés qui tiraient une tête de 6 pieds de long et ne vous répondent même pas lorsque vous leur parlez. Revenir du pays où les employés sourient en s’excusant de vous avoir demandé une carte de fidélité que vous n’avez pas, pour être confrontée à une ambiance générale morose à quelques jours de Noël (sous une pluie battante) est un choc culturel en soi.

    J’ai eu la chance de ne pas avoir ni à prendre le RER ni à supporter un retard infini de mon train mais j’ai pu voir les voyageurs du quai d’en face désespérés d’avoir à changer de train car celui prévu était bloqué entre Lille et l’aéroport. Mon propre train avec quelques minutes de retard, un embarquement chaotique et des personnes ne pouvant pas s’asseoir m’a rappelé cette différence assez flagrante qui est souvent soulignée entre le système ferroviaire japonais et le français.

    Évoluer dans un environnement 100% français

    Quelque soit son niveau de connaissance en langue et en culture japonaise, vivre au Japon implique d’être en quelque sorte déraciné de sa langue natale ou même d’une culture dans laquelle on a baigné une grande partie de sa vie. On prend des habitudes, des réflexes qui n’ont plus lieu d’être et vous donne quelquefois l’impression d’être un étranger sur une terre étrange. Après avoir replis le pli du bon côté de l’escalator (droite ou gauche, je ne sais déjà plus), j’ai du reprendre l’habitude de faire attention à ce que je dis dans des lieux publics à voix haute (même dire que la dame en face a une jolie robe ne sera pas forcément de bon goût) et de ne pas sauter sur mon conducteur s'il est sur la voie de droite.

    Couverture du livre Anthologie du Franponais

    Couverture du livre Anthologie du Franponais

    Le franponais n’est plus la norme, mais bien le français (douteux quelquefois mais le français tout de même), pas besoin de chercher les kanji inconnus sur son téléphone ni de fournir un effort supplémentaire pour demander à un commerçant où trouver une lasure qui supporte la chaleur. Il faut avouer que ce point en particulier est reposant.

    Les cuvettes de toilettes froides

    C’est fou ce qu'on peut s'habituer à des détails pareils.

    Le marketing beaucoup moins amusant

    On vous parlait dans le dernier Gaijin Cafe de la télévision japonaise, et ce n’est pas pour rien si régulièrement DozoDomo vous propose une compilation de publicités en provenance du Japon : elle a un goût bien à elle et le public japonais requiert une grande inventivité et de l’humour pour être capté. Mais la télévision nippone n’est pas le seul vecteur de ce marketing bien japonais, les emballages souvent kawaii au possible, les publicités papiers et même les campagnes de sensibilisation ont souvent ce petit truc à part qui fait sourire. Comparé à cela, la publicité française paraît fade et complètement intéressée. Certes certaines entreprises de communication, de plus en plus nombreuses, tentent l’originalité pour se démarquer mais toujours rien de comparable à mes yeux à ce brin de folie qui peuple le marketing au Japon.

    C’est Noël aussi, mais différent

    Noël est à la base une fête religieuse comme tout un chacun le sait, et pourtant il est fêté au Japon... depuis le 1er novembre. À peine Halloween était passé que toutes les décorations automnales étaient remplacées par des guirlandes de Noël, des sapins et des rennes à tout va. Baigné dans les célèbres musiques “All I want for Christmas is you” et “Last Christmas” presque partout où l’on se rendait, cette période bien qu’agréable semblait manquer de cette importance du regroupement familial à laquelle on l'associe dans de nombreux autres pays que le Japon. Le Nouvel An sera bien sûr sous ce signe au Japon et ce n’est qu’une différence culturelle, mais j’ai été heureuse de remettre les pieds en France et retrouver l’ambiance de Noël de mon souvenir.

    On ne vit plus au sol

    Cette remarque est loin de correspondre au vécu de tout le monde mais je vis pour ma part dans un salon à « la japonaise ». Un kotatsu et un canapé au sol composent ce dernier, de même je dors sur un futon ce qui quelquefois peut-être assez éprouvant pour les genoux. Revenir en France me permet de ne plus avoir à faire de gymnastique pour m’extirper du kotatsu (et subir en plus 4 degrés Celsius dans mon salon car mon appartement n’est pas isolé) et de pouvoir lire près du feu de cheminée.

    Un régime alimentaire aux antipodes

    Le régime japonais est mondialement connu : réputé sain, léger et bien équilibré, on le soupçonne d’être responsable du record de longévité dont on s’étonne même plus qu’il soit japonais. On pourrait émettre des réserves sur l’application quotidienne de ce régime sain néanmoins puisque le Japon reste aussi un bon champion des plats préparés et encas sur le pouce. Ainsi, même si ce régime tend souvent à se rapprocher dans sa composition de celui qu’on pourrait pratiquer ici, on continue à consommer du riz en tant que féculent à presque tous les repas et une variété de fruits et légumes nettement différente de ce qu’on consomme en France. Sans le qualifier de choc culturel, ce changement de régime reste un retour aux sources agréable à des ingrédients avec lesquels je joue naturellement ou juste des plats qui me manquent au Japon.

    On serait bien curieux de savoir chez DozoDomo quels sont vos petits chocs culturels à vous, n'hésitez pas les partager avec la communauté et à en débattre dans les commentaires !