Les Japonais ont de surprenantes façons de classer les gens

mardi 15 septembre 2015 / Claude Yoshizawa

Mentalité japonaise.

Il est amusant (et parfois assez inquiétant) de voir comment les Japonais (enfin, beaucoup d'entre eux, ou "en général") sont très portés... à la généralisation lorsqu'il s'agit d'identifier les personnes auxquelles ils sont confrontés, que cela soit physiquement, que cela soit parce qu'on en parle à la TV ou dans les médias, etc...

En effet, ils n'hésitent pas à "cataloguer" les gens selon des critères qui, pour les Français, paraitront surement assez stupéfiants.
Le premier est l'âge. Vous le savez, en France, notre culture ou notre galanterie font qu'il ne faut jamais donner l'âge d'une femme. Au Japon, dès qu'on parle de quelqu'un, on cite son âge. Homme comme femme. Notamment dans les médias où, que l'on parle d'une vedette de la chanson, d'une actrice ou d'une femme accusée d'un crime ou d'un délit, juste après son nom, on cite presque toujours son âge entre parenthèses.
Il faut comprendre que l'âge est en effet un paramètre très important au Japon. Il serait trop long d'en expliquer ici toutes les raisons et toutes les conséquences, mais on peut sans doute dire pour n'en retenir qu'une, que, dans l'esprit japonais, l'expérience est une des données essentielles d'une personne. Bien plus par exemple que ses diplômes et donc ses connaissances universitaires ou théoriques. Or l'expérience est quelque chose qu'on ne peut acquérir qu'avec l'âge. D'où l'importance de cet âge.

Le second critère pour appréhender la personnalité d'un être est plus surprenant, c'est le groupe sanguin. Autant en France nous avons l'habitude de définir (dans une certaine mesure) le caractère d'une personne en fonction de son signe zodiacal (mais cela permet de "classer" les gens en 12 catégories), au Japon, on définit les gens selon leur groupe sanguin: untel est du groupe A, il aura donc, de façon générale, tel ou tel trait de caractère. untel est du groupe B, alors il sera comme çi ou il sera comme ça... Le plus étonnant est que, de façon général, ils ne considèrent que 4 groupes sanguins: le A, le B, le AB et le O. Toute l'humanité se trouve ainsi cataloguée dans uniquement 4 groupes. Et ils y croient dur comme fer !

Le plus inquiétant est peut-être la façon qu'ils ont de cataloguer certaines personnes à partir d'un critère... météo! Certaines personnes sont en effet réputées "homme de beau temps" (hare otoko) tandis que d'autres sont étiquetés "homme de pluie" (ame otoko). C'est-à-dire que, selon la présence quelque part de l'un ou de l'autre, on se dit qu'il peut faire beau ou qu'il peut pleuvoir.
Et ce qu'il y a de véritablement angoissant est de se dire que bien des Japonais y croient et que certains d'entre eux en font parfois les frais. De façon absurde, pensera-t-on surement en France. Mais au Japon, il peut arriver qu'untel ne soit pas invité à un pique-nique parce qu'on présume que, s'il vient, la pluie s'invitera elle aussi et le pique-nique sera raté. Cette "malédiction" de ame otoko peut même s'exprimer dans le monde professionnel. Pour ceux qui travaillent en extérieur (on peut par exemple citer les personnels de prises de vues, photo, tv ou cinéma...), il peut arriver très sérieusement qu'un individu, malgré un professionnalisme reconnu, soit écarté ou non retenu pour un tournage uniquement parce qu'il est considéré comme un ame otoko !

Remarquez.... En France aussi, on a failli s'approcher de cette mentalité, qui ne peut raisonnablement que faire sourire ou inquiéter, lorsqu'on a vu la même "malédiction" s'acharner sur notre Président. Et, suite aux images que l'on a encore tous en mémoire de ses apparitions en extérieur depuis son élection, encore aujourd'hui, il en est très certainement parmi les organisateurs d'événements qui se disent "le Président est annoncé, prévoyons un parapluie..." !