Au Japon, le porno pour femmes est en plein essor

dimanche 18 octobre 2015 / Amélie-Marie Nishizawa

En mai, DozoDomo abordait la question de la sexualité japonaise morose ainsi que de la montée des couples sexless dans un pays pourtant prolifique en matière de productions pornographiques (30,000 vidéos par an) mais aussi en matière de sextoys, pratiques sexuelles et fétichismes. De déprimantes statistiques dépeignant les Japonais comme peu enclins à l'interaction humaine.  Force est de constater qu'un des problèmes de la sexualité nipponne, c'est bien le manque (cruel) de communication entre les genres au sujet de leurs désirs sous la couette. Et notamment, les hommes japonais seraient peu enclins à prendre soin de leurs partenaires et à les écouter.

Ce manque de communication existe notamment dans le petit monde de la pornographie souvent décrié comme ignorant des désirs féminins et tourné principalement vers le plaisir masculin. Et les trente milles et quelques Adult Video japonaises ne faisaient pas exception à la règle confortant les hommes japonais dans un apprentissage du sexe centré sur le plaisir masculin.

Mais ces dernières années l'industrie du X au Japon s'est intéressée de plus près aux femmes, à leurs désirs et leurs attentes. Deux entreprises, Silk Labo et Love Place (vous pouvez cliquer, on ne dira rien...) se sont lancées dans la quête du« porno pour femmes ». Celle-ci n'est bien évidement pas une nouveauté - les États-Unis en tête depuis 2005, mais les réalisateurs semblent encore bien tâtonner sur la manière d'aborder l'érotisme pour le plaisir féminin. Pour Silk Labo, il s'agit de donner une vision du sexe sans la violence, ni la domination masculine et de montrer des Adult Video dans lesquelles les partenaires se donneraient mutuellement du plaisir. En bref, d'enseigner aux femmes que le sexe n'est pas synonyme de soumission et de passivité et que l'orgasme se conjugue aussi au féminin (reste à convaincre les nippons).

Quelle serait donc la recette nipponne pour faire du porno pour femmes?

Un mélange d'hommes sexy, d'érotisme et de... romantisme. On est loin d'une recette innovante, mais c'est le pari réussi de ces deux maisons de productions, produisant des love-story agrémentées de scènes sulfureuses, mettant en action d'eromen répondant aux critères des nipponnes - échantillons ici. Le mot eromen est la contraction d'erotisme et du mot ikemen signifiant bel homme en japonais. Vous l'aurez compris, ce qui compte, c'est la gueule plus que le calibre.

Nos vidéo comblent votre désir d'être traitée avec amour par l'homme de vos rêves.

Et pour votre plus grande joie, découvrez le milieu en image - attention, certaines scènes sont clairement explicites, avec le reportage Japanese Female Erotic de Vice Japon.

Les Japonaises semblent apprécier le développement de ce courant, "différent du porno normal, où les hommes sont doux". Bref, des vidéos qui montrent "une forme de sexualité aimante que peuvent avoir les couples". C'est ce qui ressort en particulier des mises en scène de Silk Labo.

Si l'industrie du porno - mais aussi du sextoy, se tourne du côté des femmes au Japon, c'est bien parce que d'une part, on reconnait leurs désirs mais aussi parce que leur place au sein de la société est en train de changer. Si la société nipponne est certes encore loin d'une parité affichée et acceptée, les femmes sont de plus en plus nombreuses à travailler, à mener des carrières tout en vivant seules et célibataires. Ce serait d'ailleurs pour beaucoup, un célibat délibéré et choisi, cependant pas au détriment de leur plaisir sexuel.

Rien de tel donc, que de beaux jeunes hommes pour stimuler leur imagination dans des scènes chaudes comme la braise, mais avec une pointe de ce romantisme dont les Japonaises raffoleraient tant. Cerise sur le gâteau sans doute, la rencontre de leurs stars préférées lors de rencontre et de dédicaces. Comme on peut s'y attendre du sens des affaires japonais.

Dédicace lors d'une rencontre avec des eromen, 2014source

Dédicace lors d'une rencontre avec des eromen, 2014 source