Japan Ride, épisode 4: Le kami de la route

Les îles de la mer intérieure du Japon sont autant de petites pierres précieuses qui se seraient échappées d’une parure. Ces minuscules bouts de terre perdus entre ciel et mer se méritent. Il faut parfois plusieurs ferries pour les rejoindre et la moto est idéale voire incontournable pour profiter de ces paradis. Les Japonais ont eu en effet le génie de transformer certaines de ces îles en musée d’art contemporain à ciel ouvert.

  • Japan Ride, épisode 4

    J'ai laissé mon coeur à Teshima

    Sur la petite île de Teshima je voulais voir l’oeuvre de Christian Boltanski, un artiste français, créateur des Archives du Coeur. Le principe de son oeuvre est simple : compiler des milliers d’enregistrements de battements de coeur humain.

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    Exposées au Grand Palais en 2010, aujourd’hui, les Archives du Coeur reposent à l’intérieur d’une petite cabane au bout de la petite plage de Teshima.

    A l’intérieur d’une pièce plongée dans une totale obscurité, j’ai écouté battre la vie : des battements de coeur passionnés, fatigués, amoureux… et j’ai laissé le mien. Mon enregistrement porte le numéro 77201.

    Une expérience bouleversante.

    Japan Ride, épisode 4: Le kami de la route

  • Japan Ride, épisode 4

    L'esprit de la route

    Le voyage de Chihiro est le plus grand succès de l’histoire du cinéma japonais avec 23 millions de spectateurs au Japon. Le dessin animé de Miyazaki raconte l’histoire d’une petite fille qui alors qu’elle se rend avec sa famille dans sa nouvelle maison, entre dans le monde des esprits.

    Les esprits dont parlent Miazaki sont les « kamis » de la religion Shinto. Forces ni bonnes ni mauvaises, les kamis sont invisibles dans le monde des vivants et pourtant ils habitent chaque élément du monde.

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    Au Japon, il existe ainsi des centaines de kamis : celui des vents (le kami kaze), celui des montagnes, des rizières, de la pluie, du soleil, des forêts, des mers, des feuilles, des cailloux…

    Avec ce voyage, je suis persuadée de les avoir à peu près tous rencontrés. Certes, perdue dans mes montagnes, j’ai eu quelques appréhensions, mais quel bonheur de rouler seule ! De tracer ma route, de m’arrêter là où bon me semblait, de m’en prendre qu’à moi-même quand j’étais définitivement paumée.
    Au final, je n’ai pris qu’un seul risque : celui de devenir accro à ce plaisir insatiable de rouler, de vivre et revivre encore cette sensation d’arracher ma liberté aux éléments, de respirer la nature par tous les pores, de ne faire qu’un avec le vent et de rencontrer l’Esprit de la route.

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    Oui, de Shikoku au Mont Fuji, de la mer du Japon au Pacifique, l’esprit de la route m’a accompagnée pour parcourir ces petits 2000kms toute seule au guidon de ma belle moto orange. Désormais, ce kami ne me quittera plus.