Japan Ride épisode 2: Into the wild en moto à Shikoku

  • Avant mon départ au Japon, j’avais passé plusieurs soirées à m’éreinter consciencieusement les yeux sur google maps pour tracer mon itinéraire favori. Bien sûr, mon enthousiasme et un verre de rouge aidant, j’avais vu très grand : je voulais faire quasiment le tour du Japon.
    Une fois arrivée, et après ma première journée de roulage, je me suis vite rendue à l’évidence : ma moto n’était pas le Shinkansen et il fallait donc revoir mes ambitions.

    L’une de mes priorités était de découvrir Shikoku. La plus petite des quatre grandes îles de l’archipel est connue des Japonais pour son pèlerinage des 88 temples et inconnue de la plupart des touristes, des motards et des touristes motards.
    Il faut dire que cette île volcanique a une topographie un poil inhospitalière car composée uniquement de montagnes recouvertes de forêts impénétrables.
    La densité des arbres (bambous géants, pins centenaires) est à la fois ensorcelante et angoissante. L’île recèle ainsi l’une des régions les plus cachées du Japon autour de la Vallée d’Iya.

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    Quelle merveille !

    Rouler au cœur des gorges d’Oboke Koboke est tout simplement magique.
    Les petites routes serpentent le long des rivières et torrents à la couleur émeraude. La beauté des montagnes combinées aux gorges profondes est stupéfiante. Et si le Pacifique apporte une brume persistante dans les hauteurs, cela contribue à donner aux paysages un air de fantasmagorie.

    Ainsi, même seule sur la route, je me suis toujours sentie étrangement entourée…Il y a de la magie dans les montagnes japonaises.

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    Les gorges d’Oboke signifieraient « que ce soit à petits pas comme à grands pas, c’est toujours très dangereux ». Ca se vérifie également à moto.

    En effet, si l’asphalte est majoritairement bon, il faut néanmoins se méfier des routes de montagne qui peuvent sembler être des nationales mais qui deviennent soudainement des chemins forestiers sur plusieurs kilomètres. Branchages, pierres, feuillages et mousse rendent le sol parfois très glissant et franchement casse-gueule.

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    Japan Ride épisode 2: Into the wild en moto à Shikoku

  • Une mauvaise trajectoire dans un tournant et je me suis étalée de tout mon long au milieu d’un de ces petits chemins. Une fois dégagée de la moto, j’ai vite pris conscience que j’étais vraiment au milieu de nulle part. Depuis plus d’une heure que je roulais dans cette forêt, je n’avais croisé aucune âme. Les premières tentatives pour relever ma moto furent un échec. J’avais beau essayer de me rappeler la technique vue 100 fois en vidéo, je n’y arrivais pas. Grosses suées. Que faire ? Attendre ? Partir à pied ? J’avais ma tente, 2 barres de céréales, un sifflet et mon opinel… Into the wild or not ?

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  • Et soudain, je me suis rappelée le panneau croisé quelques kilomètres avant ma chute et qui représentait un ours. Je crois que c’est l’idée de croiser « Bouba le petit ourson » qui m’a donné la force ultime de lever ma bécane de quelques 200 kilos. J’étais tellement contente de remonter sur la moto et de repartir vers l’asphalte.
    J’ai parcouru Shikoku du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Je me reposais de mes journées de roulage un peu trop rudes en retrouvant le plaisir de longer tout simplement le Pacifique et en goûtant au plaisir des Onsen, des bains d’eau de source volcaniques naturelles. Il y en a partout au Japon et les Japonais en raffolent. Après huit heures de route par jour en moyenne, il n’y a rien de plus agréable que de se plonger dans ces eaux qui avoisinent les 40 degrés, nu comme un verre au milieu de la nature. Une fois que vous avez saisi tous les rudiments de cet art (on se lave avant d’entrer dans les bains !), les Onsen deviennent vos meilleurs amis. Un délice revigorant quotidien pour reprendre de plus belle ma route et poursuivre l’aventure.

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