Adieu le Japon...

samedi 1 novembre 2014 / Le Thon Libre

En ce jour de Toussaint, le Monde est en deuil. Le Japon va disparaître. Adieu kitsune soba, idoles pré-pubères et dramas à l'eau de rose.

Tremblement de terre, tsunami, catastrophe nucléaire, explosion volcanique, cerveaux ramollis et raviolis à la viande avariée, à en croire les "spécialistes", le Japon est en train de devenir le pays le plus dangereux du Monde, et n'a pas fini d'en baver au cours des prochaines décennies.

Si la soupe populaire servie quotidiennement par les AKB48 et leurs consoeurs a encore un paquet de bols à remplir, qu'en est-il du pays qui les abrite ?

Ces dernières années, le Japon a mangé son pain noir, c'est indéniable. A tel point qu'à l'ONU, comme on n'a pas les moyens de dire quoique ce soit sur les vrais sujets, on réfléchit à faire du pays le premier bénéficiaire d'une résolution demandant au bon Dieu de calmer ses ardeurs et de laisser les pauvres japonais tranquilles quelques dizaines d'années.
Malgré cet élan de sympathie, on prédit un avenir encore plus sombre au Japon, et on ne parle pas des dettes auxquelles devra faire face Tokyo après ses Jeux Olympiques de 2020, ça il l'aura bien cherché.

C'est une "certitude", le Japon est au bord du game over. Cette semaine encore, certains s'inquiétaient d'une éruption imminente du Mont Fuji qui emporterait tout sur son passage et surtout tuerait plus de 120 millions de personnes, d'autres pariaient davantage sur une série de méga-séismes dont un premier en 2017, avant le Big One qui lui est attendu avec une probabilité de 70% avant 2050. A moins qu'un tsunami de 100 mètres n'engloutissent le pays entier et en fasse un nouvel Atlantide. Quid de Godzilla ? On ne sait plus. Avec lui, c'est un coup gentil, un coup méchant.

La question que l'on peut se poser est pourquoi soudainement toutes ces annonces catastrophiques alors que la situation n'est pas nouvelle en soi ? Le Japon existe en tant que tel depuis des millions d'années, et de tout temps il a subi des tremblements de terre, des éruptions gigantesques, des tsunamis, et ce n'est pas prêt de changer. Ce à quoi il n'était pas habitué en revanche, c'est à cet excès de catastrophisme.

Mais pourquoi ? Pour vendre du papier ou faire du clic sur internet pardi ! Il y a 10 ans, rappelez-vous, on ne parlait pas tant que ça du Japon dans les médias. Depuis le tsunami et l'accident de la centrale de Fukushima en 2011, pas un jour ne passe sans que le Japon ne fasse parler de lui dans les journaux, au mieux pour se foutre de lui et de ses "japoniaiseries", au pire lors des catastrophes naturelles qui le touchent. Internet est évidemment responsable de cette situation. En tant que média universel, il sert souvent de nid pour des oiseaux de mauvais augure qui jouent au Nostradamus version geek et de refuge pour de nombreux scientifiques abandonnés en mal de reconnaissance, qui en s'amusant à faire peur depuis leur bureau au fond du couloir d'une annexe de leur université de province, espèrent gagner un peu de crédit et de notoriété auprès de leurs pairs.

Il y a aussi une certaine fatalité biblique dans ces prophéties. Il faut dire qu'à l'inverse des épidémies ou des sujets de société, il n'y pas grand chose à faire pour contrer un séisme ou une éruption volcanique. Les Japonais le savent et vivent avec depuis toujours le plus sereinement du Monde, merci pour eux.

Attendez, je viens de lire que la Terre risquait de disparaître d'ici plusieurs milliards d'années. Préparez les rations de secours !