Randonnée dans les Alpes japonaises à Kamikochi

samedi 8 juillet 2017 / par
navigatedown

Je quitte Takayama en début d’après-midi pour Kamikochi : des bus partent toutes les heures de la gare pour Shin-Hotaka ropeway mais j’ai décidé d’aller directement à Kamikochi en bus puisque le téléphérique est en maintenance pour quelques jours. Je prends donc un premier bus et m’arrête au bout d’une heure à Hirayu Onsen où je prends un second bus 15mn plus tard pour Kamikochi. En 1h40, je suis arrivée à destination.

Kamikochi est une petite station de montagne accessible seulement entre avril et décembre car la grande majorité des routes de la région sont fermées la moitié de l’année en raison des hivers très rudes. La petite localité de Kamikochi, qui veut littéralement dire « là où descendent les Dieux », borde la rivière Azusa et offre un bon nombre de balades et de randonnées dans au pied ou à flanc des montagnes alentours.

Arrivée vers 16h, je dépose mon excédent de bagages au local installé derrière le terminal des bus et me commence la balade jusqu’à l’étang Myojin. Je passe devant le pont Kappabashi, là où se situe le plus gros de « l’animation », à 5mn à pied du terminal des bus. C’est là qu’on trouve le plus gros rassemblement d’hôtels puisqu’ils y sont au nombre de 5, ainsi que deux petites boutiques de souvenirs. En continuant, je passe devant le centre pour visiteurs puis un peu plus loin le camping Konashidaira (où on peut louer une tente… pour 6000 yen la nuit).

La balade jusqu’à Myojin est très agréable : le sentier est plat tout du long et on passe au milieu d’une végétation sans fin, devant des morceaux de forêt inondés qui me donnent l’impression d’être dans des mangroves. Arrivée au pont Myojin, je traverse pour continuer la boucle par le sentier au nord de la rivière. Pour voir l’étang Myojin, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée de 300 yen ; pour moi la question ne se pose même pas puisque le site est déjà fermé alors qu’il n’est pas encore 17h. Je poursuis donc la balade jusqu’à retourner au Kappabashi : la boucle m’a pris à peine 2h.

Je passe la nuit sur le parquet à l’entrée du centre pour les visiteurs ; je capte la connexion WiFi du centre, c’est le grand luxe. Je me réveille vers 5h30 avec une vue magnifique sur les sommets des glaciers qui commencent à peine à se dorer à la lumière du soleil. Je traîne un peu puis vais jusqu’au terminal des bus d’où je vais partir pour une randonnée sur le mont Yakedake. Là-bas, le restaurant au deuxième étage est déjà ouvert et propose des sets petit-déjeuner ultra copieux (pour 900 yen quand même). J’achète un bento de riz sauté dans une des petites boutiques en-dessous et pars pour la randonnée vers 7h30.

La première partie du trajet longe la rivière Azusa et j’ai une superbe vue sur les glaciers que privilégient les randonneurs qui partent sur plusieurs jours. Je traverse ensuite la rivière et longe encore la route quelques centaines de mètres avant de prendre le sentier où un panneau indique la randonnée jusqu’au Yakedake. J’ai choisi celle-là car c’est l’une des seules randonnées un peu sportive qu’on peut faire sans problème en une journée depuis Kamikochi. Elle est aussi réputée pour son originalité : le Yakedake est en fait un volcan toujours en activité. En bas du sentier, j’aperçois d’ailleurs cette montagne fumante à quelques 1000m d’altitude plus haut.

Depuis le départ du sentier, la brochure annonce 3h de montée, et je vais en avoir bien besoin (rajoutez une demi-heure depuis le terminal des bus). La première partie se fait dans la forêt : les débuts ont l’air assez cool, et puis au bout d’un moment je me rends compte que cette randonnée s’apparente plus à de l’escalade sur racines qu’à de la marche. Le sentier devient de plus en plus ardu jusqu’à finir carrément à la verticale et là, je dois attaquer la montée sur des échelles accrochées les unes aux autres qui ne me donnent vraiment pas confiance.

Je finis par sortir de la forêt et rejoins un peu plus haut une espèce de cabane qui a l’air de servir d’auberge et où on peut acheter des boissons et quelques snacks (très chers bien sûr). Je reprends l’ascension après que le propriétaire m’ait laissé remplir ma bouteille au robinet et arrive au milieu de cailloux fumants. Plusieurs trous dans le sol autour du sentier laisser émerger des filets de fumée et en arrière-plan se dessine maintenant très nettement le sommet du cratère d’où le plus gros de la fumée s’échappe.

C’est la dernière partie de la montée, mais elle est loin d’être de tout repos. Depuis l’espèce d’auberge que j’ai croisé après la forêt, il me faudra un peu plus d’une heure pour atteindre le sommet. J’escalade les grosses pierres qui s’amassent sur tout le flanc du volcan avec la cheminée en face pour objectif. Plus je me rapproche, et plus je sens le soufre. Le jeu en vaut la chandelle : la vue est vraiment magnifique et je m’arrête tous les 20m pour profiter du panorama.

Je croise quelques randonneurs qui m’encouragent pour les dernières dizaines de mètres et je finis par atteindre le sommet d’où on a une vue plongeante sur le cratère et ses pierres colorées en jaune fluo par les émanations de soufre. Juste à côté, un petit étang à l’eau très claire semble juste attendre que la fumée s’éloigne. Je m’installe pour déjeuner au bord du cratère, désormais habituée à l’odeur.

La redescente est quand même sportive : il faut faire attention à redescendre toute cette caillasse sans glisser sur une pierre instable, puis prendre ces terribles échelles dans le sens inverse, et encore éviter de se prendre les pieds dans les racines. Mais je réussis à arriver en bas entière, 2h30 plus tard.

Je passe la fin de la journée à lire installée le long de la rivière sous le soleil, en face des glaciers. Ce soir je passe encore la nuit dehors, c’est la dernière du séjour. Je prends le premier bus le lendemain matin pour Hakuba, où je vais continuer mon périple sportif dans les montagnes.

Pratique

Avertissement = Kamikochi se compose principalement d’hôtels assez chics, de quelques emplacements de camping (celui à côté de Kappabashi propose des emplacements en tente, mais à 6000 yen la nuit ; un autre à 6km au nord-est propose des emplacements pour 700 yen par personne et par nuit) et de rares restaurants. Tout est pensé pour ceux qui logent dans ces beaux hôtels de montagne hors de prix où on n’accède que sur réservation. Les dernières boutiques ferment à 18h et on n’y vend pas vraiment de quoi faire un repas mais plutôt des assortiments de biscuits et autres spécialités locales particulièrement chers. En-dehors de ça, il existe quelques restaurants mais qui ferment tous entre 15 et 16h au plus tard. Je n’ai donc pas eu d’autres choix que de dîner des brioches et dormir dehors.

Mes conseils = Achetez des bentos avant de rejoindre Kamikochi car il n’y a pas de convenient store une fois là-haut, vous pourrez par contre remplir vos bouteilles d’eau sans difficulté. Pour le petit-déjeuner et le déjeuner, vous pouvez manger pour des prix encore corrects au restaurant au-dessus du terminal des bus ou à celui au sud du pont Myojin. Attention ils ferment avant 16h tous les deux.

Accès = Comptez 1h30 à 2h depuis ou vers Takayama et 2600 yen, 25mn pour Hirayu Onsen et 1200 yen (où vous pouvez dormir pour pas trop cher apparemment dans la station de bus), 2h pour Matsumoto et 2400 yen.