Cinéma

Takashi Miike : cinéma, violence et controverse

Cet été sortira au cinéma « Jojo's Bizarre Adventure : Diamond is unbreakable », adaptation du célèbre manga éponyme. L’histoire sera celle de la lignée Joestar, tout droit sortie de l’Angleterre Victorienne. Le film est actuellement en tournage et est réalisé par Takashi Miike, l’occasion de revenir sur la carrière de celui qui est certainement le plus controversé des réalisateurs nippons.

Un réalisateur prolifique

Né en 1960 à Yao près d’Osaka, Takashi Miike est un des réalisateurs japonais les plus célèbres à l’international. Diplômé de l’Academy of Broadcasting and Film de Yokohama, il commence sa carrière à la télévision et enchaîne avec des réalisations pour le V-Cinema, le direct to DVD japonais. Ce format peu coûteux et moins médiatisé lui permet de laisser libre court à son imagination. Il va ainsi réaliser de nombreux films et se forger un style bien à lui. Violent et visuel.

En 1994 Miike se lance à l’assaut des salles obscures avec Les affranchis de Shinjuku et récidive en 1996 avec Graine de Yakuza. Ces deux films apportent au réalisateur japonais la reconnaissance de ses pairs et du public. Trois ans plus tard il réalisera Dead or Alive, un de ses chefs d’œuvre, auquel il donnera même deux suites.

Si de prime abord la violence et l’univers des Yakuza semble être ses thèmes de prédilection, Miike s’avère polyvalent. Il n’hésite pas à intégrer dans ses films des touches de fantastique ainsi qu’une certaine forme d’humour. À travers ses nombreux films Miike prend le temps de s’attaquer à certaines valeurs de la société japonaise et pour cela il n’hésite pas à trancher dans le vif du sujet grâce à la violence.

La violence à son paroxysme

En 2001, le réalisateur nous offre Ichi the Killer, l’histoire d’un tueur sadomasochiste et adaptation du manga du même nom. Face à ce déluge de violence, l’Angleterre ne souhaite pas autoriser la sortie du film dans sa version complète, ce qui ne l’empêchera pas le film de devenir une référence dans le genre. S’en suivront bien d’autres œuvres toujours aussi violentes telles que la série des Crows Zero et la participation à la série des Masters of Horror qui réunit quelques-uns des plus grands réalisateurs d’épouvante.

L’épisode réalisé par Miike, sobrement intitulé « La maison des sévices », ne sera d’ailleurs pas diffusé par la chaîne Showtime qui le juge trop violent et ne sera accessible que dans le coffret DVD de la série. Mick Garris, le créateur et producteur exécutif des Master of Horror finira même par avouer que l’épisode lui a été difficile à regarder.

L’utilisation de la violence est donc omniprésente chez Takashi Miike. Une violence cependant très esthétique et qui n’est pas sans rappeler l’œuvre de Quentin Tarantino. Ce dernier a d’ailleurs plus d’une fois fait l’éloge de son homologue japonais et a même eu l’occasion de jouer dans son western Sukiyaki Western Django. Cet aspect du cinéma de Miike lui permet de critiquer certaines facettes du Japon de briser des tabous. La place des femmes, la corruption, les vices cachés de la société japonaise sont plusieurs des thèmes abordés dans tout au long de ses films.

Rendez-vous donc cet été pour découvrir le Jojo's Bizarre Adventure de Takashi Miike. Le temps pour vous de découvrir la filmographie du cinéaste japonais. Cependant attention, âmes sensibles s’abstenir.

Pour vous donner un aperçu de son style, voyez la bande-annonce du film "Kuime" sorti en 2014 :

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