Kōban, les cages à poulets des villes japonaises

jeudi 2 février 2017 / Vincent Ricci

Le Japon est certainement l'un des pays au Monde les plus sûrs. Bien que le risque zéro n'existe pas, au Japon on s'en approche fortement. Inutile de flipper si vous vous retrouvez dans une ruelle sombre à deux heures du matin, il ne vous arrivera rien.

Au restaurant, il n'est pas rare de croiser des jeunes filles seules qui laissent leur sac à main Vuitton sur leur table en allant aux toilettes ou d'apercevoir de jeunes adolescentes compter leurs billets de banque dans le métro... Quelle insouciance.

Si la rue est si tranquille, c'est sans doute en partie grâce aux kōban. Depuis l'ère Meiji (et depuis 2 février 1881 précisément), ils veillent sur la sécurité des Japonais. On en dénombre en 2017 plus de 6,000 dans tout le pays dont 1,000 rien qu'à Tōkyō. Un kōban est un petit poste de police, situé généralement à une intersection. Il dépend évidemment d'un plus grand commissariat.

Les agents des kōban, au nombre de trois à huit, ont plusieurs missions. En plus d'une surveillance générale, à vélo uniquement, du quartier qui leur est dédié, ils sont aussi très rendant service, ce qui leur permet d'être très appréciés des Japonais. En effet, ils sont tenus de renseigner les piétons égarés, particulièrement à Tōkyō, une ville où il est parfois difficile de se repérer. Enfin, ils font aussi office de SAMU social en venant en aide aux (très) nombreuses personnes ivres passées 10 heures du soir.

Juste pour l'anecdote, j'aimerais vous raconter brièvement mon premier contact avec la police locale. Deux jours après mon emménagement dans l'appartement que j'occupe aujourd'hui, un policier sonna à ma porte. Interloqué, je me demanda bien ce qu'il voulait. Après qu'il eût monté, en ascenseur, les 17 étages, il arriva à ma porte tout simplement pour se présenter et me souhaiter la bienvenue dans le quartier. Il me fit remplir une fiche d'identité et me demanda si j'avais des craintes particulières relatives à la sécurité. Il repart souriant deux minutes après, avec ma fiche remplie...

Le kōban de Shintomichō, au centre de Tokyo.

Certains kōban ont une architecture singulière, parfois en adéquation, paraît-il, avec l'Histoire de son quartier, ici à Ginza.

Toujours à Ginza, ce kōban est situé à 200 mètres du précédent. Il ne doit pas faire plus de 25 mètres carrés.

Les agents disposent de haut-parleurs pour prévenir d'un danger imminent ou pour réprimander un piéton qui aurait commis l'affront de traverser au rouge...

80% de leur travail consiste à aider, guider et rassurer les passants.

Devant chaque kōban trône cette pancarte. Pour qui ne lit pas les kanjis (caractères d'origine chinoise utilisés par les Japonais), voici sa traduction. La ligne du dessus indique : Accidents de la circulation de la veille dans la circonscription. En rouge, le nombre de décès, en noir le nombre de blessés.

Autre incontournable des kōban, la liste des personnes recherchées... WANTED !

2 millions de yens pour une information permettant de retrouver certains responsables de l'attentat du métro au gaz sarin en 1995

Sur ces images, on essaye de deviner à quoi pourrait ressembler ce criminel en fuite depuis 37 ans !

La prescription ici ? Connaît pas !

Kōban à Nagasaki

De par leur nombre impressionnant, les kōban font certainement réflechir plus d'un petit malin qui aurait l'idée saugrenue de commettre un larcin ou de mettre la main aux fesses d'une minette.

Comme dirait certains, la prévention vaut mieux que la répression.

Le kōban, c'est pour certains le meilleur moyen de ne pas se retrouver en cabane.