Le Japon ne participera pas à la coalition contre Daesh, même si Trump l'exige

jeudi 26 janvier 2017 / Kenji Sugano

"Notre pays ne participera pas à des opérations militaires ni ne fournira de soutien logistique", a déclaré le Premier ministre japonais Shinzō Abe lors d'une séance plénière de la Chambre haute ce 24 janvier.

Renhō, présidente du principal parti d'opposition (parti démocrate progressiste), avait questionné quelques jours auparavant le Premier ministre au sujet de la possibilité que les forces d'autodéfense du Japon (SDF) fournissent un soutien aux militaires américains dans une bataille contre Daesh.

La politicienne de 50 ans d'origine taïwanaise a noté que Trump, dans son discours d'investiture, avait promis d'anéantir le "terrorisme radical islamique". De plus, elle a rappelé que l'administration Abe avait récemment élargi le rôle des SDF, notamment en apportant un soutien logistique plus important aux forces américaines.

"Nous ne pouvons pas dire qu'il est sans fondement de craindre que les États-Unis ne demandent le soutien logistique des SDF [dans une bataille contre Daesh] à l'avenir", a déclaré Renhō.

Abe a rejeté cette possibilité, en répétant qu'il avait pris une "décision politique de ne pas adhérer" à l'effort militaire pour anéantir Daesh.

"En cette matière, nous, en tant que nation, devons rester maîtres de nos initiatives, et je vais expliquer cela à l'administration Trump", a commenté Abe.

Il a ajouté qu'il parlerait à Trump au sujet du financement des bases militaires américaines au Japon que le nouveau président américain veut faire davantage peser du côté japonais.

"L'alliance entre le Japon et les États-Unis n'est pas un système dont un seul bénéficie", a déclaré M. Abe. "Les coûts de stationnement [de ces bases] devraient être partagés entre les États-Unis et le Japon de manière appropriée."