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Tsutaya, l'incontournable magasin

Il était une fois une jeune expatriée au Japon qui voulait parfaire sa culture (nippone et occidentale) après des années de mises entre parenthèses pour cause de stakhanovisme AH-HEM, d'études.
C'est lors d'une discussion entre Oiseaux Bleus que l'on me recommande Tsutaya. Le nom n’était pas inconnu, mais quand on découvre une langue, tout se ressemble un peu, au fond (au fond de la classe près du chauffage, diront les mauvaises langues).

Alors, Tsutaya, qu'est-ce que c'est ? C'est une chaîne présente partout au Japon qui regroupe deux activités principales : la vente et la location. C’est de la partie location dont je vais vous parler, car en tant qu'expat' ET pauvre, ça peut vous permettre d'éviter de télécharger illégalement ou de faire des appels désespérés à vos amis restés dans le pays de l’Hadopi pour vous envoyer des cargos de culture.

Qu'y trouve-t-on ? Eh bien, tout, Messire, tout : des livres, des CD, des O.S.T., des DVD/Blu-Ray de drama asiatiques, des séries, des films, des animes, des vidéos "pour adultes", bref, de quoi s'occuper lors des longues soirées d'hiver et les autres.

Comment ça marche ? Il faut s'inscrire, tout bêtement, il faut un visa autre que touriste puisqu’on montre sa carte de résident, et c'est parti. J'espère que vous parlez un peu la langue ou que vous allez tomber sur une personne charmante, parce qu'on va vous expliquer deux-trois choses… Le jeune homme qui m'a aidée a eu droit à une médaille virtuelle pour son dévouement et sa très grande patience devant mon incapacité à communiquer en japonais , la partie la plus délicate étant celle où il lui fallait me faire comprendre les règles de la location. Ce Brave a fini par utiliser Google Translate, jusqu’au moment où un autre Brave lui a dégoté des papiers traduits en anglais.

La carte coûte ¥200, l'adhésion vous fait souscrire à une assurance qui rembourse en cas de détérioration des biens. On pense à tout, ici. D'ailleurs, je n'ai pas eu encore de CD ou DVD réellement abîmé, si des traces de doigts peuvent être considérées comme une détérioration. Quand je pense à mes collègues bibliothécaires et à ma propre expérience dans le domaine, ça fait rêver…

Bref. Chaque document emprunté va l’être pour une période donnée et pour un tarif précis, selon si c’est un Classique, une Nouveauté, ou un document Normal. Je ne vais pas trop pouvoir détailler les tarifs, puisqu’ils changent d’une boutique à l’autre, les fourbes.

De tête, et j’emprunte généralement pour une semaine, un CD fait ¥200, un DVD ¥400. Si le DVD est populaire, comme c’est le cas pour 「三丁目の夕日」San Chôme no Yûhi, vous ne le gardez que deux ou trois jours. Si vraiment vous êtes perdus, pas de panique ! Un ticket vous est remis lors de l’emprunt avec la date de retour. Mieux, on vous séparera les documents dans des pochettes différentes selon les dates de retour, tels vos croissants et chocolatines quotidiennes.
En cas de retard, vous avez une amende à payer, et je vous garantis que ça monte assez vite, alors faites assez attention. Je me souviens bien des ¥400 que j’ai dû payer pour un jour de retard pour deux CD. Si, comme moi, vous souffrez d’une mémoire approximative, sachez que ces boutiques sont souvent ouvertes tard dans la nuit (1h du matin chez moi) et que dans le pire des cas, vous pourrez glisser vos emprunts dans une borne destinée à cet effet lors des heures de fermeture.

N’oubliez pas que vous êtes au Japon, quand même.

« Mais c'est mieux d'aller en bibliothèque, non ? » me direz-vous.
Oui et non. N’étant pas inscrite à celle de mon quartier, je ne pourrais pas comparer les deux systèmes d’emprunt. Ce que je sais en revanche, c'est que les documents sont chers, bien plus qu’en France et que, de ce fait, les bibliothèques proposent parfois encore des VHS, quand certains lecteurs passent au DVD et au Blu-ray.
Tsutaya a aussi l’avantage de proposer les toutes dernières nouveautés, ce que peuvent difficilement faire des petites bibliothèques au vu des tarifs des documents destinés à la location ici. « Pas de budget » se traduit dans les faits par la même chose dans le monde entier : aucun achat, surtout si on parle de culture. Ceci me rappelle qu’il y a deux choses dans ce monde qui ne nécessitent jamais de traduction : la bêtise et l’argent, mais je digresse.

Je me suis rendue donc plusieurs fois dans l’échoppe de ma ville pour emprunter quelques DVD et CD, j’ai pu regarder「三丁目の夕日」, 「Thermae Romae」, et découvrir quelques groupes, mais tout cela sera développé sous formes de chroniques, chères lectrices, chers lecteurs. Petite note : les films japonais ne sont pas dotés de sous-titres étrangers.

Site officiel : http://www.tsutaya.co.jp/
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