Bentō, la boîte à manger

jeudi 30 septembre 2010 / Vincent Ricci

Que les lecteurs de mangas et passionnés du Japon qui n'ont jamais entendu parler des bentō lèvent la main. Les bentō sont au Japon ce que les surgelés sont aux garçons célibataires, incontournables. De la première année d'école jusqu'à la retraite, nombreux sont les japonais qui choisissent de se préparer leur repas du midi. Enfant, c'est la surprise quand on ouvre sa boîte et qu'on découvre ce qu'a préparé sa maman pour le déjeuner. Dans les écoles maternelles, il n'y a pas de cantine, le bentō est donc indispensable.. Adulte, c'est un moment où l'on peut s'isoler pour aller manger au parc par exemple ou au contraire ne pas quitter son lieu de travail. Traditionnellement, c'est l'épouse, femme au foyer, qui prépare le bentō de son mari.

Attention aux mots. "Bentō" signifie le contenu de la bôite. La boîte elle-même s'appelle "bentōbako". En français, on a tendance à l'appeler boîte à bentō. Le torchon qui l'enveloppe s'appelle généralement "furoshiki" mais il prend d'autres dénominations selon la forme de la boîte. Le mot bentō s'utilise aussi de nos jours pour signifier "à emporter", comme vous pourriez dire au McDo par exemple. A noter qu'il prend souvent un "O" en préfixe (obentō) pour signifier entre autre son importance dans le vie japonaise.

Le bentôbako peut être de différente qualité. Ainsi, il en existe en de très belles variétés de bois laqués, en imitation de bois laqué (!), ou en plastique, souvent pour les enfants.

La nourriture est souvent froide et se compose d'une grande portion de riz, avec du poisson ou de la viande, une portion de légumes, et un mini-fruit (ex: un quartier d'orange).

Les mamans préparent souvent des bentō rigolos pour leurs enfants...

Dans le monde des adultes (...), l'heure du déjeuner voit les rues se remplir de camionettes, si bien que l'on pourrait se croire dans l'avenue centrale du Bois de Boulogne. Le contenu de ces camionnettes est lui tout à fait avouable. Des livreurs de bentō s'aglutinent le long des trottoirs et vendent leur bentō fait maison.

Tous les jours à la même heure, cet homme vient chercher son bentō chez cette commerçante. Je me demande s'il vient autant pour la qualité des repas que pour les sourires de mademoiselle.

Une autre technique que la vente statique in vehiculum, le chariot bentō.

Dernière chance d'acheter son bentō, la boutique spécialisée. En plus des combini, il existe de nombreux commerçant qui se sont fait experts en repas emboîté.

Les grandes gares disposent elles aussi de leur magasin pro-bentō, rebaptisés pour l'occasion "ekiben" ("eki" signigie "gare")