Revue de Web

Ikumi Yoshimatsu ne cède pas face aux yakuzas

Son nom ne vous évoque peut-être encore rien, mais cette demoiselle risque de faire de plus en plus entendre parler d'elle puisqu'elle est en train de devenir la figure de proue de la lutte anti-mafia japonaise : les bien connus yakuzas. Elle assigne en effet en justice Genichi Taniguchi, président de l'agence de talento Pearl Dash et membre du directoire de l'agence K-Dash réputées pour baigner dans le milieu de la mafia japonaise, pour obstruction dans la vie professionnelle et harcèlement moral. Ikumi Yoshimatsu lors de sa conférence de presse Ikumi Yoshimatsu lors de sa conférence de presse

 

L'histoire rocambolesque d'Ikumi Yoshimatsu commence durant le printemps 2012 lorsqu'elle attire l’œil de Kazuyoshi Ishii qui travaillait à l'époque pour l'agence Burning Productions. Se présentant au bureau de Ikumi et son ancien manager, il les emmène dans les bureaux de son agence pour avoir l'approbation de monsieur Ikuo Shuo, PDG de Burning Productions. Selon ses dires, cette approbation est une "règle" à respecter dans le monde du divertissement japonais. Par une simple recherche internet, Ikumi découvre rapidement les liens de Burning Productions et en particulier de monsieur Shuo avec la mafia japonaise.

La suite de la vie de madame Yoshimatsu augurait bien mieux, mais malheureusement c'est tout à fait le contraire qui se produisit. Le 21 octobre 2012, Ikumi est élue Miss International 2012, première miss de cru japonais depuis 52 ans. Elle rompt son contrat avec son ancien manager afin de créer sa propre entreprise et diriger sa marque. Mais Kazuyoshi Ishii ne l'entendit pas de cette oreille, et convoqua la nouvelle Miss à un rendez-vous par l'intermédiaire de son ancienne manager. Malgré avoir exprimé clairement son souhait de ne pas rencontrer cet homme et de ne rien avoir à faire avec lui, Ikumi se fait piéger et se retrouve face à un Kazuyoshi lui précisant qu'il "accepte" sa décision de quitter sa désormais ancienne manager mais seulement si elle rejoint ensuite Burning Production par un intermédiaire parfaitement choisi et contrôlé : Genichi Taniguchi de l'agence K-Dash.

Ikumi refuse toujours, par conviction et éthique, elle ne veut pas travailler avec des gens en relation avec les yakuzas. C'est à ce moment-là que l'enfer d'Ikumi commence.

Une semaine après, le 28 décembre 2012, Genichi Taniguchi s'introduit par mensonges et duperie sur un plateau de TV où Ikumi intervient et la malmène, afin de lui faire comprendre que désormais il sera la personne en charge de sa carrière. Il se fait immédiatement raccompagné en dehors du building. C'est un vrai harcèlement dans les règles qui commence alors : menaces envers les sponsors, entreprises et personnes travaillant avec madame Yoshimatsu causant de nombreuses pertes de contrats pour elle, appels à son père sous-entendant la mort prochaine de sa fille s'il ne la convainc pas de se joindre à lui, lettres de menaces, demande de sommes d'argent importantes sous couvert de dettes inexistantes ou encore envoi d'enquêteurs afin d'intimider Ikumi ou sa famille.

Ikumi alerte la police, par peur de se faire tuer ou qu'un malheureux "accident" lui arrive. La police ne fait rien hormis quelques patrouilles de sécurité. Ikumi décide alors de menacer Genichi Taniguchi et le président de K-Dash de représailles judiciaires. La réponse ne se fait pas attendre, Taniguchi s'arrange pour que des rumeurs dégradantes soient propagées dans les tabloïds japonais, et surtout il fait en sorte qu'Ikumi ne puisse pas transmettre en public son titre à la Miss International qui lui succèdera.

En tant que Miss à l'aura internationale, Ikumi Yoshimatsu se sent dans l'obligation de s'élever contre ce système implanté au Japon depuis des années et qui cause tant d'ennuis aux femmes malheureusement "choisies" tout comme elle. Ainsi, elle n'alerte pas l'opinion publique pour son propre bénéfice, qui est déjà comme qui dirait réglé, mais bien pour sauver les futures victimes des yakuzas. Monsieur Taniguchi, en particulier, jouit d'ores et déjà d'une réputation dans le milieu pour être un harceleur de première catégorie. Selon les mots d'Ikumi :

[...] ce genre d'intimidation, de harcèlement de pouvoir, de harcèlement sexuel, de harcèlement moral, de supplice mental, d'extorsion et de menace de scandales calomnieux si quelqu'un se refuse à [Genichi Taniguchi] endommage le monde de l'industrie du divertissement japonais et détruit l'âme de notre pays.
Ikumi Yoshimatsu

Ikumi réclame une réelle protection de la part du gouvernement japonais et non pas une passivité dangereuse et irresponsable face à cette mafia implantée dans tous les milieux politiques ou professionnels japonais. Elle conclue sa déclaration par un fait : elle ne se cachera pas, ne se fera pas discrète. Ikumi Yoshimatsu ne cédera pas.

Actuellement, Genichi Taniguchi dément tout les faits dont il est accusé.

De même, Ikumi a été étonnée et choquée de constater le peu de couverture médiatique accordé pour cette histoire au Japon. En conséquence, vous pouvez regarder ci-dessous la conférence de presse qu'elle a donné en collaboration avec le Japan Times afin d'alerter l'opinion publique, et ce, mondialement.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=gism4R57Tkg[/youtube]

Revue de Web
Sélection de la rédaction