Les PS3 sont apparues en Europe en Mars 2007. Je n’ai pas été un acheteur précoce ( ?!?! = early adopter) de la console de Sony. Trop grosse, trop moche, trop chère, pas assez de jeux faits pour moi, les mêmes que sur xbox360 et que j’avais déjà… J’ai attendue la rentrée 2009 lorsque qu’elle est apparue dans sa version dite « slim » pour enfin me la procurer.
Le jour même où j’ai installé la console noire dans mon salon, j’ai immédiatement téléchargé Flower. Ce jeu crée par Jenova Chen et « thatgamecompany » est sorti en 2009 uniquement sur le Playstation Network, le service de jeu en ligne de Sony. C’est pratiquement et presque uniquement pour ce jeu que je l’ai acheté.
Nous sommes en 2012 et je viens de me rendre compte que j’ai des amis, possesseurs de ps3 qui ne savent pas ce qu’est Flower.


Chaque niveau du jeu, représenté par une fleur en pot posé sur une table, vous emmène dans le rêve de cette fleur.
Tout commence par un pétale de cette fleur. Vous vous élèverez dans les airs et ferez votre chemin vers ses désirs secrets et ses cauchemars. Mais peu importe le dénouement, le voyage est le même; vous volerez de fleur en fleur et collecterez des pétales sur votre passage. Plus nombreuses seront les pétales qui vous suivent et plus vite vous pourrez voler.


Tout est orchestré comme pour l’arc émotionnel d’un film bien construit. Les pétales de fleurs donnent le ton, plongent dans les ténèbres, s’élèvent sur des points culminants, et leurs courses se terminent sur une résolution satisfaisante. Je ne vous révélerais pas le dénouement du film. Les symboliques sont nombreuses et si vous décidez de sauter le pas, vous les découvrirez par vous mêmes.




Certes, ce n’est pas le jeu le plus technologiquement impressionnant jamais crée. Il date de 2009. On est loin des dernières productions. Mais son atmosphère unique, son style visuel attire immédiatement les regards et couplé à une merveilleuse bande son, des effets sonores dynamiques parfaitement scriptés qui tintent lorsque vous collectez les pétales, Flower capte et retient votre attention….
Les paysages ne sont pas tout à fait réaliste, mais ils offrent exactement ce à que vous pourriez vous attendre du rêve d’une Fleur: végétation luxuriante, collines et prairies de fleurs, orbes lumineux éthérées, ciel bleu à couper le souffle…

On joue avec le détecteur de mouvement de la manette (Sixaxis). Les plus allergiques aux boutons pourront s’essayer au jeu. On penche la manette pour diriger nos pétales. Le contrôle des mouvements est parfaitement maitrisé. A tel point qu’on en oublierait que l’on a entre les mains un contrôleur car notre attention est uniquement concentrée sur les pétales qui virevoltent à l’écran, fouettés par les courant aériens rencontrés. Et cela doit être encore plus agréable avec le Playstation Move que je ne possède pas.
Le voyage est presque plaisant de bout en bout. On se surprend à refaire certains niveaux pour se laisser porter par les vents et voler à sa guise dans ces champs de fleurs sans se préoccuper du challenge, à laisser sa manette sur la table basse et simplement regarder ses pétales flotter dans les airs. Branchez un petit ventilateur dirigé vers votre visage et on y est.




Tous les mondes visités ne sont pas qu’une invitation à un voyage contemplatif et nous rappelle que Flower est avant tout un jeu dans lequel il y a des buts à atteindre, des quêtes à accomplir avec son petit lot de frustrations.
Les sensations se bousculent, les sentiments éprouvés évoluent au travers des différents rêves. La sérénité ressentie dans les premiers niveaux devient excitation puis angoisse et triomphe. La manière d’appréhender et de maitriser son environnement de jeu évolue en quelque chose de plus que la simple collecte des fleurs au fil des rêves.
Malheureusement, l’expérience est courte. Le défi est présent pour ceux qui le cherchent mais il ne faut guère plus de trois heures de jeu pour terminer les sept « mondes » si vous ne vous arrêtez pas en chemin.
Au prix proposé (environ 7 euros), on ne fait pas la fine bouche.






Le jeu vidéo est à une période charnière de son histoire, il est devenu le premier produit culturel devant le cinéma et la musique. Beaucoup de choses ont changés dans cette ascension fulgurante. Tout le monde joue, tout le temps et partout.
Il en résulte une assez grande variété de thèmes exploités pour contenter le plus grand nombre. Le grand public pourrait profiter de la multitude de sujets proposés, remarquable en termes d’expérience et d’innovation mais ce public reste inconscient de l’existence de tels phénomènes. Il hésite à se pencher sur ces jeux curieux mais fascinant pour ne remarquer que les blockbusters saisonniers: Petits oiseaux belliqueux, Marines sur-armés et joueurs de football en chaussons sont les figures de proue de toute cette industrie vidéo-ludique.
De par son importance en termes de marché et d’industrie, le jeu s’éloigne petit à petit de ceux qui le font aimer et de ceux qui sont émus par lui. A trop grossir, il va devenir une machine commerciale comme l’est celui de la musique et perdre une partie de son âme. C’est un avis plus que personnel. Cela peut sembler pessimiste, car on est encore loin d’être arrivé à cet état de fait. La question est de savoir dans quelles directions, nous souhaitons voir évoluer le média.
Si vous regardez l’histoire du cinéma, il y avait très peu de respect à ses débuts. Il était considéré comme un simple divertissement pour les masses populaires, et il a changé de façon radicale pour être perçu aujourd’hui comme un art.
Il n’y a pas beaucoup de respect du public en général pour le jeu vidéo pour le moment. Jouer à un jeu, n’est pas estimé de la même manière que lire un livre ou regarder un film. Les jeux vidéo touchent plus de gens que jamais maintenant, mais ils sont rarement jugés comme une occupation pour adultes.
La plupart des jeux sont créés comme des produits de divertissement et n’essaient pas d’exprimer de messages plus profonds. Mais cette impression du public n’est pas un mal en soi. C’est même ce qui a permis au jeu vidéo d’être ce qu’il est aujourd’hui. La plupart des gens jouent pour le moment de détente que cela leur procure sans avoir à attendre quoi que ce soit derrière l’expérience. Cette perception des jeux procurés par la mise en avant des blockbusters annuels se combine avec la pensée commune que les jeux sont un passe-temps pour gamins attardés.
La perception actuelle du jeu fait partie d’un processus de maturation que le temps et le travail acharné de certains permettra de résoudre en grande partie.
Flower est le type de jeu qui suscite de nombreuses critiques autour même de son apparence expérimentale et des choix conceptuels de Jenova Chen, son maitre d’œuvre qui n’en est pas à son coup d’essai (Flow) et est cette année encore sur le point de récidiver avec « Journey ».
Pour les joueurs qui ne comprennent pas la portée d’une telle oeuvre et l’humanité qui en découle, Flower n’est qu’une tentative vaine de proposer des aspirations artistiques et philosophiques pour un secteur et pour un public qui n’en a que faire; et aussi poétique veut-il paraitre, ses élans romantiques ne suffiront pas à masquer le manque de substance qu’ils éprouvent manette en main.
Mais si vous succombez à ses charmes et lui laissez pénétrer les méandre de votre conscience, vous trouverez que Flower est digne de figurer dans le panthéon du monde vidéo-ludique. Il ne changera pas forcément votre vie mais vous reconsidérez le jeu vidéo dans son ensemble : il peut prétendre, un jour, être élevé au rang d’Art à part entière.
Ainsi, je justifie la publication de ce billet sur ce jeu sorti il y a 3 ans déjà.

Posez vos armes et vos crampons virtuels, devenez le temps d’un rêve, cette fleur aspirant à de jours meilleurs…
Très joli billet, vraiment,et très vrai
Ma mère, mes collègues et d’autres personnes de mon entourage ne comprennent pas non plus mon engouement pour les jeux, de tout genre, et d’ailleurs merci pour cette découverte qui m’a l’air plus que tentante !!
J’ai cependant réussi à convaincre mon père (trop vieux pour essayer, mais convaincu de la révolution que c’est), parce qu’il m’a écouté et m’a posé des questions sur ce que c’était réellement… Bref, je ne referai pas l’article à mon tour, déjà dit et mieux !
N’étant pas un fan inconditionnel des jeux vidéos (n’attendant, pour ainsi dire, que les derniers mario, zelda et Diablo (III)
), et n’ayant pas la PS3, je ne pense pas essayer ce jeu, à moins d’avoir un jour une occasion inattendue et inespérée…
et que partager ses expérience sur ce genre de jeux est la meilleure manière pour que, un jour, le jeu vidéo devienne un art à part entière (ce qu’il méritera sans aucun doute un jour, si c’est déjà le cas)
Mais il est vrai que ce jeu à l’air de mériter le détour, que réduire le monde du jeu vidéo à COD, FIFA et WOW signifie ne rien savoir des trésors à coté desquelles on passe tous les jours…
Article très sympa (au passage…)
Ce jeu est une TUERIE. Peace la tuerie.
Plus sérieusement, c’est apaisant. Beau, calme, apaisant, coupé du monde… C’est un indispensable…
C’est sûr que c’est beau et original, mais je ‘ai quand même pas compris le but du jeu
@floflokids
Pas de princesses à délivrer, pas de monde à sauver…juste revivre le rêve ou le cauchemar d’une fleur. C’est une expérience que seul le jeu vidéo peut procurer.